9 octobre 2010

¤ La destruction des supermarchés – Attention cet article propose une solution !

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 4 : 43

août 18, 2010…11:07

Extrait du blog « Jardinons la planète » : http://jardinons.wordpress.com/2010/08/18/la-destruction-des-supermarches-attention-cet-article-propose-une-solution/#comment-350

Le supermarché comme monopole radical sur l’alimentation, son gout, son mode de production et sa distribution, est un modèle à détruire pour son bilan globalement destructif pour l’humanité et notre planète. Sa taille et son modèle entrepreneurial sont en cause et peuvent être dépassés par la logique même qui les ont vu naitre, celle de l’efficacité économique. Amies caissières, petits producteurs et consommateurs pauvres, l’heure de la revanche a sonné.

¤ La destruction des supermarchés – Attention cet article propose une solution ! dans Politique/Societe

Le monopole de la distribution

Il y a une liste à la Prevert des effets négatifs du modèle de distribution des GMS (=Grande et Moyenne Surface, autrement dit les supermarchés et hypermarchés). La pression sur les prix, leur principal avantage, finit par exiger des modes de productions polluants, l’exploitation des travailleurs, puis provoque dumping législatif par les lobbys pro-GMS, des marges abusives du fait de consommateurs captifs, des délocalisations, l’homogénéisation des produits, la destruction des petits commerces, etc. Le documentaire suivant détaille ce mode d’action:

Tout comptes faits – Agnès Denis – 2008 (Partie 2 et 3)

En France, par exemple, sept entreprises se partagent 75% de la distribution. Maîtrisant ainsi un véritable goulot d’étranglement au niveau des chaînes d’approvisionnement, ce sont les grands seigneurs qui font face aux gueux: un grand nombre de vendeurs et un grand nombre d’acheteurs dans le besoin. Ce quasi monopole leur garantit des consommateurs et des producteurs captifs, desquels ils tirent de substantiels profits, nécessaires à la rémunération de leurs insatiables actionnaires. Diminution des couts et maximisation des marges est la stratégie généralisée pour maximiser le profit, et leur position privilégiée le leur permettent à très grande échelle.

 dans Politique/Societe

Supermarket Seizure – unaesthetic

Le supermarché bouleverse les équilibres des pouvoirs et est responsable en grande partie de « faux » prix bas. Les GMS osent même l’affront d’arborer l’étendard de la lutte sociale contre le « vie chère » alors qu’ils en sont les collaborateurs actifs (on pourra se reporter à ce sujet à un précédent article pour en voir tout le cynisme). Ainsi, toute action sociale de la part des GMS ne peut être comprise que dans le cadre étriqué de la maximisation des profits. C’est sans complexe qu’une chaine de supermarchés Suédoise a par exemple tiré parti des trisomiques pour booster son image et donc ses ventes.

 

Culture Pub – 2009 – Syndrome de Down et Supermarché ICA

En fait, n’importe quelle initiative qui tente d’améliorer nos conditions de vie planétaires, aussi éthique ou écologique soit-elle, est une source potentielle de revenus à exploiter. A titre d’exemple, les GMS ne se privent pas de faire de substantielles et d’exceptionnelles marges sur des produits bio ou équitables par exemple.

La grande distribution se sucre – La rage au ventre

Les pratiques des GMS n’ont, il faut dire cette évidence, rien à voir avec une quelconque éthique ni responsabilité. Rien dans son mode de fonctionnement ne l’oblige, contrairement à ce que Sarkozy pourrait croire en appelant à l’imaginaire d’un capitalisme moral.

« La crise du capitalisme financier n’appelle pas à la destruction du capitalisme qui serait une catastrophe mais à sa moralisation.[...] Soit on refonde le capitalisme, soit on le détruit. »

Nicolas Sarkozy

Miettes de Dauphin à la Mayonnaise – Supermarché Ferraille

Les structures de ce modèle économique ont à coeur uniquement la maximisation du profit par la production et la vente de marchandises. La nature de ces marchandises où les conditions de production n’intéressent que de manière contrainte les entreprises de distribution.

Liquider les GMS?


 

Comment détruire les supermarchés? – South Park (Extraits) 2004

Le constat est donc presque banal. Les supermarchés sont des machines de guerre économique dans lesquelles nous allons, plus ou moins contraints, verser notre obole. Une grande surface n’est que difficilement un endroit aimable et si l’on s’y penche, on a même presque toutes les raisons de la haïr. Particulièrement depuis les années 70, une critique radicale du mode de distribution s’est développée sans trouver encore, semble-t-il, la balle en argent qui y mettrait fin. Panorama des idées, du pire au meilleur.

L’autoréduction – une pédagogie sans avenir

L’autoréduction désigne l’action d’un groupe politisé de consommateurs ou d’usagers s’appropriant, souvent par la force et toujours de manière illégale, un bien ou un service. Cette technique qui naquit dans les années 70 refleurit face à la précarisation galopante des plus pauvres. Le principe est de faire sortir des marchandises sans les payer. Que celles-ci sortent par le vol pur et simple, la pression par un groupe ou un parti politique, ou encore en utilisant abusivement la loi (article 1587 du code civil) ne change rien au fond de la pratique, une extorsion concertée c’est 20 ans et 1.500.000 euros d’amende, avec régime spécial : 96 heures de garde à vue, pas d’avocat avant la 48e heure et la 72e heure…Toutefois, la justice c’est plus que la légalité. Dans ce cas précis, c’est au nom de la désobéissance civile que ces pratiques sont légitimes, comme symboles publics non violents contre l’injustice.

« La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leurs auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d’avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. »

J.Habermas

Toutefois, avoir la justice de son côté n’est pas forcément synonyme de son obtention. Encore plus, cette action symbolique transpire l’individualisme et suinte de frustration face à la société de consommation qu’elle est censée rejeter. Voler pour réclamer son droit au Nutella est une impasse pure et simple, ce que ne manque pas de rappeler les témoignages suivant:

 

Le vol comme moyen d’autonomie? – Volem Rien foutre al païs de Pierre Carles

Les AMAPs

Depuis quelques années, on a vu se démocratiser en France les AMAP (Associations pour le Maintien d’un Agriculture Paysanne), le concept est assez simple: un producteur qui s’associe avec un groupe de consommateurs dans une relation commerciale directe. Les consommateurs s’engagent à acheter de manière plus ou moins régulière la production de l’agriculteur, qui jouit souvent d’un pré-financement. Parfois même, les consommateurs mettent la main à la terre et viennent aider l’agriculteur à bêcher ou récolter. L’initiative est surtout militante et cherche à réduire les intermédiaires parasitaires (supermarchés), retrouver le lien avec l’agriculture et ceux qui la font, ainsi qu’avoir une relation plus saine avec l’alimentation car légumes et fruits sont le plus souvent biologiques et les variétés régulièrement traditionnelles.

 

AMAP  - la culture du jardin des peuples

Les AMAPs participent initialement d’une opposition frontale avec le modèle du supermarché: une relation directe avec le ou les producteurs ainsi qu’une production locale. Au delà du lien solidaire qui est créé par les militants qui font vivre ces réseaux aujourd’hui, le fond de la démarche est que les consommateurs deviennent solidaires des producteurs en fournissant directement du capital aux producteurs.

Que ces deux caractéristiques soient le fond de l’affaire n’a pas échapper à la tendance récupératrice des supermarchés. Depuis quelques années, on voit fleurir de nombreuses références au local sur les étiquettes des produits dans les linéaires des grandes surfaces. Visite de producteur local dans votre Leclerc, labels divers aux noms bien trouvés - »c’est d’ici » ou « 100% du coin« -, permettent de refourger une came pas fraiche mais qui berne le consommateur en quête de terroir et de simplification de son rapport à l’alimentation. Effet encore plus absurde, les rares enseignes qui achetaient d’elles-même des produits locaux du fait même d’une politique interne, doivent aujourd’hui investir pour en faire la promotion…

Les AMAPs représentent une niche intéressante qui permet de penser des rapports de production différents. Il est toutefois évident de nos jours que cette excellente initiative est condamnée à une niche commerciale du fait de prix plus élevés et de contraintes de distributions fortes que seuls des consommateurs militants et/ou aisés peuvent accepter sur le long terme. Enfin, la récupération par la GMS de certaines de ses caractéristiques, excluent que cette initiative puisse véritablement inquiéter les supermarchés.

La coopératives producteurs/consommateurs

Au delà des AMAPs, il existe des marchés paysans ou point de vente collectifs qui présentent un progrès par rapport aux AMAPs. Les producteurs disposent toujours d’une chaine débarrassée des intermédiaires, et de leurs cotés les consommateurs disposent d’un choix plus libre sur quoi consommer et quand consommer. Toutefois, ces initiatives manquent cruellement de visibilité et de flexibilité sur les horaires. Il est encore rare aujourd’hui que ces marchés soient complémentaires des heures salariales, particulièrement après 18 heures.

http://www.paullarosa.com

La balle en argent des supermarchés vient de la ville de New York, dans le quartier de Brooklyn de Park Slope. A la fin des années 70, un groupe crée une coopérative de consommateurs dont le principe est assez simple:

  1. Les produits proposés proviennent au maximum d’une économie écologique et solidaire avec « une emphase sur la nourriture biologique, la moins transformée et saine ».
  2. Chaque consommateur est membre. Il doit s’acquitter de 100$ d’inscription et d’un peu plus de deux heures de travail par mois.

C’est le travail donné par les membres qui rend la structure compétitive. En effet, un des couts les plus élevés de la grande distribution, c’est la masse salariale (caissière, responsable, sécurité, etc). L’investissement citoyen permet des achats de produits responsables de 20 à 40% moins chers.

Park Slope Food Coop – http://gowanuslounge.blogspot.com

Nous avons donc là une véritable structure soutenable. Economiquement, le systeme est viable, et cela d’autant plus que la structure associative rend indépendant de la nécessité de rémunération d’actionnaires. Socialement, les produits proposés défendent une vision responsable de la consommation avec un lien direct maximum avec les producteurs locaux. Enfin écologiquement, la démarche est responsable et au delà des produits qui sont pour la plupart issus d’une production soutenable, la coopérative promeut tout un tas de changements de pratiques (limitation des déchets, récupération, etc).

Le seul défaut du modèle de Park Slope est sa taille, son succès. Aujourd’hui elle comporte plus de 15000 membres et des problemes liés à l’échelle émergent. Certaines familles perdent la motivation et n’acceptent plus la contrainte du travail, ce qui se comprend aisément lorsque une heure de travail salarié à moyenne ou haute qualification permet de compenser les économies faites par ses achats. De plus, le nombre de membres dilue peu à peu le lien social qui faisait la richesse de l’initiative. Des contrôles d’achats sporadiques sont effectués pour éviter les vols comme conséquence du fait qu’on ne peut octroyer sa confiance à 15000 personnes.

Jon Keegan – Expulsion de la Park Slope Food Coop

Cette limitation n’est pas un problème en soi, c’est l’erreur de Park Slope Food Coop que de ne pas avoir vu les problèmes d’échelle. E.F Schumacher, dans son ouvrage célèbre Small is beautiful, nous rappelle que seules des institutions à taille humaine peuvent être réellement satisfaisantes et au service des hommes.

Il y a donc ici un modèle à répéter (à franchiser?) tout en élaborant une réflexion de fond sur la taille maximale d’une telle structure, pour trouver l’équilibre entre:

  • Un groupe suffisamment grand pour légitimer l’achat de quantité notable de produits
  • Un groupe suffisamment petit pour permettre un vrai lien de confiance entre les membres.

Il me semble a priori qu’un groupe de 1000 personnes serait la limite maximum, et que celle-ci permettraient une véritable confiance tout en n’obligeant pas au contact avec tous les membres (on est pas obligé d’aimer tout le monde). Il limiterait également la distance à parcourir, car la majorité des membres seront alors des riverains, ce qui n’est pas forcement le cas pour la coopérative New-Yorkaise.

Oyez, oyez, chers citoyens intéressés par cette approche outre-atlantique, il est temps de partir à l’assaut des citadelles Leclerc et Carrefour. Si vous êtes intéressés par cette initiative, faites le moi savoir en m’écrivant à jardinonslaplanete@gmail.com. Pour en débattre, les commentaires me semblent une arène adéquat.

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