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15 juillet 2011

Dérives. Le WWF mis en cause par un documentaire accablant.

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 3 : 05

http://www.bastamag.net/article1628.html 

Par Sophie Chapelle (30 juin 2011)

Dans un reportage diffusé le 22 juin sur la télévision publique allemande (ARD), le réalisateur Wilfried Huismann enquête sur les pratiques et les dessous du WWF. Sur la trace des 500 millions d’euros de dons annuels versés à la plus grande organisation mondiale de protection de l’environnement, le journaliste d’investigation se rend à Bornéo, en Indonésie, où le WWF prétend défendre l’orang-outan, une espèce menacée. Sur place, l’équipe découvre une réserve de 80 hectares où vivent deux orangs-outans, au cœur de 14.000 hectares de plantations de palmiers à huile auxquels l’ONG a décerné le label « production durable » (lire notre article sur l’agriculture en Indonésie).

Le documentaire revient également sur « le projet Tigre » mené par le WWF depuis 1974, en partenariat avec le gouvernement indien, pour la préservation du tigre du Bengale. Pour répondre aux exigences du WWF qui demandait une augmentation de 8% des zones protégées, le gouvernement indien a procédé, dès 2002, à l’expulsion de 100.000 autochtones. Un nombre qui pourrait atteindre un million de personnes dans les prochaines années, dénonce le documentaire.

Wilfried Huismann s’attache aussi à comprendre la participation du WWF à des « tables rondes » avec des entreprises de génie génétique comme le géant Monsanto, et avec la multinationale Wilmar, et la caution « éthique » décernée par le WWF à ces entreprises en assurant qu’elles produisent du soja et de l’huile de palme « durables ». Disponible uniquement en allemand pour le moment, le documentaire a d’ores et déjà généré de nombreuses polémiques outre-Rhin. En France, l’ONG présidée par la navigatrice Isabelle Autissier connaît une crise interne sans précédent.

Sophie Chapelle

Voir le film Der Pakt mit dem Panda :
- Partie 1
- Partie 2

LE TEMPS DE L’ACTION : Les moyens d’action individuels

Classé dans : Outils/Bon à savoir — uriniglirimirnaglu @ 3 : 01

Pratiquer une consommation intelligente

Achetez des produits qui respectent l’homme et l’environnement.

Pratiquez le boycott systématique des entreprises qui détruisent l’environnement, qui utilisent le travail de quasi-esclaves dans les pays du Tiers Monde, ou qui appliquent des méthodes de production contraires au développement durable.

Boycottez les marques de produits alimentaires qui utilisent à outrance les additifs chimiques, les pesticides, les OGM, et qui font passer leur profit avant la santé du consommateur.

 

Pratiquer une utilisation intelligente des médias

Boycottez les émissions abrutissantes et débilitantes, qui sont une insulte à votre intelligence.

Ne regardez que les émissions qui vous rendent réellement plus heureux, plus éveillé, plus riche intérieurement…

Boycottez les journaux télévisés et les magazines qui ne contiennent que des informations insignifiantes.

Allez chercher les informations importantes là où elles se trouvent: chaînes TV culturelles, magazines scientifiques et économiques spécialisés, livres, Internet…

 

Pratiquer un vote intelligent

N’hésitez pas à voter pour des « petits » candidats. Même les grands partis d’aujourd’hui ont été petits à leurs début… En n’osant voter que pour les grands partis, nous rendons impossible l’émergence d’une alternative politique véritable, en phase avec les aspirations et les préoccupations des gens.

Si vous êtes français, ne votez pas pour des Enarques. Leur méthode de gouvernement est basée sur le mépris de la population, considérée comme un cheptel à gérer.

 

Pratiquer une citoyenneté active

Contactez vos élus, et demandez-leur des comptes sur les grandes questions: environnement, social, justice, transparence et intégrité de l’état, contrôle éthique de la science…

Demandez des comptes à vos élus pour:

 

le décalage entre le niveau élevé des impôts et la qualité médiocre des prestations de l’état en matière d’éducation, de défense de l’environnement, de santé, de justice, de sécurité, de recherche, de qualité des équipements collectifs, de qualité des services administratifs…

l’utilisation de l’argent public pour les dépenses fastueuses de l’administration (déplacements en avion, séjours à l’hôtel avec une cohorte de « collaborateurs », voitures et appartements de fonction, locaux officiels aménagés comme des palais…)

le détournement de l’argent public, au moyen de subventions abusives versées à des multinationales, ou de travaux publics inutiles (ronds-points, chicanes, regoudronnage inutile d’une route, etc) dont le but est souvent de permettre aux hauts fonctionnaires et aux élus locaux de percevoir des « commissions »

la justice à 2 poids et 2 mesures, et l’impunité totale accordée aux plus puissants ou aux membres de certains réseaux d’influence

la non-application des réglementations sociales et environnementales  

le laxisme envers des activités polluantes, les atteintes à la santé publique, le non-respect des normes pour la qualité de l’eau ou de l’air

l’absence de recherche sur les nouvelles énergies

LE TEMPS DE L'ACTION : Les moyens d'action individuels dans Outils/Bon à savoir BlueBall l’absence de politique efficace pour l’environnement…
 

Contactez également les entreprises, afin de savoir si leurs produits respectent l’environnement, les droits sociaux, la santé du consommateur… Vous démontrerez ainsi aux multinationales qu’une prise de conscience a lieu, et que leur intérêt est de changer si elles veulent préserver leur image et conserver leurs clients.

 

Respecter la nature et l’environnement

Respectez la faune et la flore lors des promenades ou randonnées, n’abandonnez pas de déchets dans la nature, n’utilisez pas votre voiture inutilement, ne roulez pas en diesel à cause des odeurs, du bruit, et des émissions de particules cancérigènes.

Souveraineté populaire. Vandana Shiva : « Le libre-échange, c’est la dictature des entreprises »

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 54

http://www.bastamag.net/article1622.html

Par Agnès Rousseaux, Nadia Djabali (4 juillet 2011)

Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif, la militante écologiste indienne Vandana Shiva est une résistante infatigable contre les entreprises qui pillent son pays, comme Monsanto. Elle pose un regard lucide sur les enjeux de la période : crise écologique, financière, protectionnisme, risque nucléaire, OGM… Quelle civilisation sommes-nous en train de construire ? Comment redonner du pouvoir aux citoyens face aux multinationales ? Comment construire de réelles alternatives globales ? Entretien.

Basta ! : Les combats que vous menez sont liés à la souveraineté – alimentaire, sur les terres, l’eau, les semences. Qu’est-ce que la souveraineté ? En quoi est-ce un enjeu majeur du 21e siècle ?

Vandana Shiva : La redéfinition de la notion de « souveraineté » sera le grand défi de l’ère post-globalisation. La mondialisation était fondée sur l’ancienne notion de souveraineté, celle des États-nations héritée de la souveraineté des monarques et des rois. La nouvelle notion de souveraineté est le fondement de la résistance à la mondialisation. Cette résistance se traduit par le slogan : « Le monde n’est pas une marchandise.  » Actuellement, les Grecs disent : « Notre terre n’est pas à vendre, nos biens ne sont pas à vendre, nos vies ne sont pas à vendre. » Qui parle ? Les peuples. Revendiquer la souveraineté des peuples est la première étape de la souveraineté alimentaire, de l’eau ou des semences. Mais il y a une seconde partie : les peuples revendiquent le droit de protéger la Terre, et non celui d’abuser d’elle comme d’autres la maltraitent. Ainsi la souveraineté des terres, des semences, des rivières rejoint la souveraineté des peuples. Avec la responsabilité de protéger ce cadeau de la Terre et de le partager équitablement.

Pour garantir cette souveraineté, faut-il fermer davantage les frontières ?

Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre. » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.

Nous ne disons pas « non au commerce », mais « non au commerce dérégulé ». Non à un marché dérégulé où les conditions des échanges sont déterminées par l’avidité des entreprises, qui s’approprient nos impôts, créent des prix artificiels, entraînant dumping social et destruction de la souveraineté alimentaire. Ce système nuit aux paysans d’Inde. Et il nuit aux paysans d’Europe qui ne peuvent pas gagner leur vie, car les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente du lait. L’agrobusiness et ses profits sont au centre de cette équation. Elle a pour conséquence le dumping, l’accaparement, le meurtre de nos paysans, le massacre de nos terres, et tous ces gens qu’on tue avec une alimentation empoisonnée.

Le protectionnisme peut-il être une solution face à cette exploitation du vivant, en empêchant les multinationales d’avoir accès à ces ressources qu’elles exploitent ?

Tout comme nous devons redéfinir la notion de souveraineté, nous devons repenser la notion de protectionnisme. Un protectionnisme lié à la protection des écosystèmes, à l’écologie, est un impératif. Nous devons dire stop à la dévastation de nos rivières, stop aux déchets toxiques, stop au dumping des OGM par la manipulation des politiques mondiales par une multinationale. Cette protection est un devoir. Le cycle de Doha [1] n’a entraîné aucun progrès depuis une décennie à cause d’un seul facteur : le problème de la subsistance des paysans. En 1993, nous avons organisé un rassemblement d’un demi-million de personnes pour faire pression sur le gouvernement indien : « Si vous signez les accords du GATT, nos paysans vont mourir. » Résultat : les accords du GATT ont été signés, et 250.000 paysans indiens se sont suicidés, notamment à cause de leurs dettes !

Cet endettement des paysans est lié à une décision politique particulière : la dérégulation du marché des semences, qui a permis à Monsanto de devenir par exemple l’unique vendeur de semences sur le marché du coton. La multinationale contrôle 95% de ce marché et dicte les prix. Une équipe de scientifiques indiens vient de montrer que les OGM ne ne fonctionnent pas. Dans les champs, c’est manifeste : les paysans doivent utiliser 13 fois plus de pesticides avec les OGM. Ce qui est formidable pour Monsanto qui les commercialise. Mais une cause d’endettement pour les paysans, et donc une cause de suicides.

La protection de nos paysans est un « protectionnisme vital ». Le protectionnisme est vu comme un « péché », car la dérégulation a été érigée en norme. Interférer dans la corruption, les manipulations et l’avidité des multinationales, c’est du protectionnisme. Et donc, pour certains, c’est mauvais. Non ! C’est un devoir social, c’est un devoir écologique. Et la cupidité des multinationales n’est pas un droit ! Elles écrivent à l’OMC, rédigent des accords et disent : « Maintenant nous avons des droits et personne ne peut les changer. » Nous les changerons.

Vous écrivez que « le libre-échange est un protectionnisme pour les puissants ». Doit-on construire un protectionnisme pour les plus « faibles » ?

Le libre-échange, dans la manière dont il a été façonné, n’est pas du tout libre. Il n’est pas démocratique. Cinq entreprises se rencontrent, écrivent un accord sur les droits de la propriété intellectuelle et cela donne à Monsanto le droit de considérer des semences comme sa « propriété intellectuelle » ! Cela permet à des entreprises comme Novartis de voler les médicaments aux plus pauvres et de les faire payer 10 fois plus cher. Un mois de traitement contre le cancer, avec les médicaments génériques disponibles en Inde, coûte 10.000 roupies. Et Novartis veut faire payer 175.000 roupies par mois. Quand le tribunal juge qu’il n’est pas possible de déposer un brevet, car ces médicaments existent déjà et que ce n’est pas une « invention », Novartis défie les lois indiennes. La plupart des Indiens ne pourront pas payer le prix demandé par la multinationale. Novartis répond : « Seuls 15% de Indiens nous importent. » Cinq entreprises ont écrit une loi sur la propriété intellectuelle, et affirment ensuite que 85% des gens peuvent mourir du manque de médicaments ! C’est un système criminel.

Quand cinq géants commerciaux, comme Cargill (multinationale états-unienne de l’agroalimentaire), rédigent l’accord sur l’agriculture, ils définissent l’alimentation non comme le droit de chaque humain à se nourrir, mais comme une marchandise qu’ils veulent contrôler. Ce n’est pas la liberté, ce n’est pas le libre-échange. C’est du commerce monopolistique, c’est du commerce coercitif. Cela revient à tuer des gens, car un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde, à cause de ce système. Le libre-échange actuel, c’est la dictature des entreprises. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une réelle liberté, pour chaque personne, chaque enfant, chaque femme, chaque espèce sur Terre. Une réelle liberté, liée à la vie.

Vous étiez récemment aux États-Unis dans le Wisconsin pour soutenir les manifestants qui se battent pour défendre leurs droits et les services publics. Les services publics sont-ils aussi un bien commun à protéger ?

Il y a deux types de biens communs. Les ressources vitales – eau, terre, semences, air, océans – données par la nature et modifiées par les humains. Et les services liés aux besoins essentiels : l’éducation, la santé, la façon de gérer nos villes, comme les services de lutte contre les incendies… Ce sont des services publics vitaux. Ce qui compte, c’est « l’esprit de service » : quand un pompier lutte contre le feu, quand il aide les gens, il ne regarde pas le danger. Et quand ces services sont privatisés, les coûts augmentent. Un tiers des emprunts en Inde sont liés à l’achat de médicaments. La principale raison pour laquelle les gens vendent leurs maisons aujourd’hui, c’est pour se soigner. La privatisation des services publics prive la société de ses droits. Nous devons les défendre comme des biens communs.

Pensez-vous que le mouvement altermondialiste puisse apporter des solutions aux crises globales : environnementale, économique, financière ?

Le mouvement altermondialiste a extrêmement bien réussi : nous avons rendu l’Organisation mondiale du commerce caduque. L’OMC ne s’est jamais relevé après les mobilisations lors du Sommet de Seattle, en 1999. On avait imaginé que 5.000 personnes viendraient à Seattle, et nous étions 30.000 ! On ne s’attendait pas à voir les syndicats. Ni les étudiants, qui étaient pourtant majoritaires. Le sommet de Doha en 2001 a ensuite été marqué par les événements du 11 septembre, avec une grande pression militaire. J’y étais. Certains ont dit aux gouvernements que s’ils ne signaient pas les accords de Doha, ils seraient traités comme des membres d’Al-Qaïda : « Vous êtes avec nous ou contre nous. » Résultat : rien n’a bougé à Doha, à cause de cette pression sur les gouvernements !

Des mouvements plus ciblés ont aussi été très fructueux. Nous avons par exemple mis la question de la « souveraineté » sur l’agenda politique. Personne ne peut plus aujourd’hui ignorer cette question. Nous avons mis en avant la défense de l’eau comme un bien public. Et regardez le référendum en Italie ! 95% des Italiens ont dit non à la privatisation de l’eau. Idem dans le domaine des semences : je vais bientôt publier un rapport sur Monsanto, sur ses mensonges, sur la situation de monopole qu’ils ont créée et l’échec des technologies OGM à accroître les rendements. Le mouvement pour une alimentation sans OGM est très bien organisé.

Le mouvement altermondialiste a besoin de franchir une nouvelle étape. Quand on parle de la Banque mondiale, du FMI et des plans d’ajustement structurels, la plupart des gens se focalisent sur les pays du Sud, sur le « monde en développement ». Mais aujourd’hui le FMI est en Europe ! En Grèce, en Irlande… Des pays en crise, non du fait d’une mauvaise gestion, mais à cause des banques de Wall Street, à cause d’un système financier corrompu qui a provoqué cette crise totale. Nous devons maintenant faire trois connections vitales. La première est la question Nord-Sud. Aujourd’hui tout le monde est « au Sud ». Le Nord ? Ce sont les multinationales et les gouvernements. Nous devons tous nous considérer comme le « monde du Sud » et nous organiser en fonction de cela. La seconde connexion nécessaire, c’est de dépasser le fossé entre économie et écologie. Dans nos esprits, mais aussi dans nos organisations. 45% des jeunes sont au chômage en Espagne, nous devons nous tourner vers l’écologie pour créer de nouvelles opportunités d’emploi, car ce ne sont pas les banques ou Wall Street qui les fourniront. La troisième connexion, c’est entre démocratie économique et démocratie politique. La démocratie a été réduite au droit de vote. Les responsables de la crise ont mis l’Espagne dans un tel état que José Zapatero est obligé d’agir contre ceux qui ont voté pour lui, et il perdra peut-être les prochaines élections. Si les politiques sont bons, ils ont les mains liées, et s’ils sont mauvais, ils sont une part du problème. Nous devons aller vers une démocratie profonde où les gens ont vraiment la possibilité de prendre des décisions.

Vous voulez un mouvement qui permette de sortir de la culture dominante de violence et de destruction. Mais face à la violence du système économique, des acteurs économiques, comment rester non-violents ?

Personne n’a mieux parlé du pouvoir de la non-violence que Gandhi. « Nous ne pouvons pas démanteler la maison du maître avec les outils du maître », a dit la poétesse américaine Audre Lorde [2]. Nous avons besoin d’outils différents. Ils doivent être non-violents, parce que la non-violence est plus soutenable, et qu’elle efface vos peurs. Ceux qui luttent de manière violente doivent se cacher tout le temps. Je préfère me tenir droite face aux multinationales pour leur dire ce que je pense d’elles. Agir « sans peur » est notre plus puissante arme. Et la non-violence crée également un soutien plus large. Et nous vivons à une époque où une poignée de personnes ne peut pas mener les batailles pour toute la société. C’est toute la société qui doit être engagée. Les actions non-violentes sont une invitation à toute la société à participer au combat.

Vous dites que dans la civilisation industrielle prédomine en permanence le vocabulaire de la guerre. Notre civilisation est-elle en état de guerre ?

Le paradigme dominant de la civilisation industrielle est définitivement un paradigme de guerre. Des scientifiques comme Newton ou Descartes ont créé ce cadre : tous enseignent la guerre de l’humanité contre la nature. Tout est défini à partir de cela. Les outils eux-mêmes sont liés à la conquête sur la nature. Regardez les noms des pesticides : Round Up, Scepto, Machete. Il est toujours question de « tuer ». Mais on ne peut pas gérer la vie à travers le meurtre. Un élément crucial du mouvement émergent est de faire la paix avec la Terre et la paix dans nos esprits. Et ce qui est beau, c’est qu’alors tout devient possible. Quand vous réalisez que tout est en relation, de nouvelles communautés peuvent être créées. Quand vous réalisez que nous sommes partie prenante de la Terre, de nouvelles opportunités de travail peuvent être créées. Si vous pensez que vous êtes en guerre, vous passez tout votre temps à la conquête violente. Cela demande beaucoup d’énergie, et détruit beaucoup. Et ça ne laisse pas de place pour l’humanité, et pour les autres espèces.

L’énergie nucléaire est-elle une dimension de cette guerre de l’homme contre la Terre et contre lui-même ?

Aux débuts de l’utilisation de l’atome, il y a la Seconde Guerre mondiale. Même quand il n’est pas question d’armes nucléaires, la technologie nucléaire est toujours guerrière. La fission de l’atome, c’est déjà une guerre. Utiliser la fission de l’atome pour faire bouillir de l’eau est d’ailleurs une stupidité. Et que dire de cette énorme quantité de déchets qui vont perdurer pendant 250.000 années ! Nous avons besoin de plus en plus d’énergie, pour maintenir la sécurité énergétique. C’est une guerre permanente. Le nucléaire est une guerre injustifiée et infondée contre la Terre et l’humanité. Fukushima a été un réveil. Cette catastrophe nous montre que nous ne sommes pas plus puissants que la nature.

La plus grande centrale nucléaire du monde est construite en ce moment en Inde, à Jaitapur, par Areva. Tout ce projet repose sur des subventions, y compris l’accaparement de terres fertiles. Et quand les habitants osent dire non, par des manifestations contre cette centrale, ils se font tuer. Personne ne peut protester. Les gens ne sont pas autorisés à se réunir. Tous les élus locaux ont démissionné, affirmant qu’ils n’ont plus aucune raison d’être s’ils ne peuvent pas se réunir pour prendre des décisions. Si vous allez à Jaitapur, vous verrez une zone de guerre. J’espère que les Français rejoindront les habitants de Jaitapur pour demander à Areva de se retirer de ce projet. Et nous pourrons alors vivre en paix.

Peut-on « réformer » notre civilisation ?

Tout d’abord, y aura-t-il une civilisation ? Nous avons deux options : soit continuer dans la voie actuelle et nous enfoncer dans une impasse. Une impasse économique, comme avec la Grèce ; politique, comme ce qui a mené au printemps arabe ; écologique, comme nous le voyons partout, quand les ressources naturelles sont volées aux peuples pour alimenter l’économie mondiale. La seconde voie que l’on peut suivre, c’est celle de la paix. Une paix qui n’est pas un signe de faiblesse, mais un signe de force. Ceux qui sont exclus aujourd’hui, ceux qui ne sont pas partie prenante de la guerre de conquête, joueront alors un rôle de leadership : les communautés indigènes, les jeunes, les femmes…

La construction de cette paix façonnera la nouvelle prospérité. Nous avons été fous de penser que plus il y aurait d’argent dans le monde, et dans les poches des banques, des grosses entreprises et des nouveaux oligarques, meilleure serait la société. La crise grecque est causée par des banques. Et les gens disent : « Basta ! Plus jamais ça ! Nous ne donnerons pas plus. » La réelle prospérité, c’est la santé de la nature et des humains. C’est une communauté forte où chacun peut prendre soin des uns des autres. La civilisation que nous devons construire est une civilisation de larges réseaux de communautés souveraines, organisées de manière autonome, et non dominées par un pouvoir centralisé, politique ou économique.

Voyez-vous des signes d’espoir aujourd’hui ?

Je vois des signes d’espoir partout où il y a une résistance. Chaque communauté en Inde qui se bat contre l’accaparement des terres, qui participe à notre mouvement Navdanya pour que les semences restent un bien public, tous ceux qui tournent le dos à l’économie suicidaire de Monsanto ou pratiquent l’agriculture biologique. Toute communauté qui se bat contre la privatisation de l’eau. Tout ce qui se passe dans les rues de Madrid, en Irlande, en Islande, en Grèce. Les résultats du référendum en Italie sur le nucléaire ou la privatisation de l’eau. Ce sont d’incroyables signes d’espoir. Ce qu’il faut maintenant, c’est une nouvelle convergence mondiale, de tous les combats. Et un déchaînement de notre imagination : il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons construire.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

Vidéo : Nadia Djabali

Notes

[1] placé en 2001 sous l’égide de l’OMC était constitué d’une série de négociations portant principalement sur l’agriculture et l’accès des pays en développement au marché des prix agricoles. Aucun accord n’est survenu.

[2] « The master’s tools will never dismantle the master’s house »

Etat prédateur. Adieu la République… Vive l’Oligarchie !

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 42

http://www.bastamag.net/article719.html

Par Nadia Djabali (26 octobre 2009)

La polémique autour de Jean Sarkozy ou la proximité entre l’Elysée et de puissants hommes d’affaires ne sont que la partie émergée et médiatisée de l’iceberg. Depuis l’élection de Sarkozy père, la France ressemble de plus en plus à une oligarchie au service de quelques puissants intérêts privés qu’à une République en quête d’égalité et de solidarité. « L’Etat prédateur », le livre de l’économiste états-unien James Kenneth Galbraith, décrypte cette évolution de la droite conservatrice sous couvert de libre marché. Premier volet de ce dossier : les « partenariats public privé », véritables privatisations souterraines de massifs investissements publics. Des prisons à la grippe H1N1, petit tour d’un vaste scandale.

Quel est le point commun entre le bouclier fiscal, le soutien financier aux banques, la nomination d’Henri Proglio à la tête d’EDF, la construction par Bouygues de prisons ultramodernes, la gestion de la grippe AH1N1 par le ministère de la santé, ou l’adoption de la loi légalisant le poker en ligne et les paris sportifs et hippiques sur Internet ? Ces événements illustrent la logique politico-économique qui guide l’action du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Une logique qui se caractérise par l’exploitation systématique et décomplexée des institutions publiques au profit d’intérêts privés. En clair : la France est en train de devenir une oligarchie.

Cette évolution n’est pas spécifique à notre pays. Elle a été menée par George W. Bush et son administration aux États-Unis ou par le New Labour d’Anthony Blair en Grande-Bretagne. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy ne fait qu’appliquer à l’Hexagone des recettes déjà éprouvées outre-Atlantique et outre-Manche. Cette stratégie, qui transforme l’État en véritable partenaire des intérêts privés, est décrite de manière précise par l’économiste James Kenneth Galbraith dans son nouvel ouvrage « L’État prédateur — Comment la droite a renoncé au marché libre et pourquoi la gauche devrait en faire autant » (Seuil). L’économiste américain y étudie le revirement, plus pragmatique qu’idéologique, qui s’est opéré sous l’égide de l’administration Bush. « Sous George W. Bush, les bases du conservatisme de libre marché ont été abandonnées et ont été remplacées par les structures d’un État prédateur, la capture des administrations publiques par la clientèle privée d’une élite au pouvoir », écrit-il. Pour l’économiste, l’exaltation du marché libre et de son efficacité par les néolibéraux n’est qu’un discours à usage externe qui permet de faire main basse sur les ressources du Trésor public.

« L’État prédateur est un système économique au sein duquel des secteurs entiers ont été construits pour festoyer aux dépens d’institutions publiques initialement mises en place à des fins d’intérêt publics (…). La république-entreprise administre simplement le « spoils system », le partage du butin. » En France, cette mainmise du privé sur l’argent public est aisément illustrée par la politique de partenariat public-privé mise en avant dans tous les secteurs où la puissance publique intervient : voirie, éclairage public, gestion du trafic urbain ou de l’eau, construction de bâtiments administratifs, culturels, éducatifs, sanitaires ou pénitentiaires… On peut aussi y ajouter les infrastructures sportives, le réseau Internet, le traitement des déchets, l’aménagement et les transports urbains, la formation, la vidéo surveillance ou l’accompagnement des demandeurs d’emplois.

Un butin de six à neuf milliards d’euros à se partager chaque année

Le principe est que l’État contracte l’achat de services de longue durée auprès du secteur privé. C’est le privé qui fournit le financement des infrastructures et qui a la charge de leur construction et de leur maintenance. En retour, il exploite pendant 15 à 30 ans le service fourni et reçoit un loyer de la collectivité locale ou de l’État, donc des contribuables. En janvier 2008, l’ensemble des partenariats public-privé (PPP) signés représentait 10 milliards d’euros. A terme, ces contrats représenteront 10 à 15 % des 60 milliards d’euros consacrés à l’investissement public, soit entre six et neuf milliards.

Compte tenu de la taille de ces marchés, seules les grosses entreprises sont capables de répondre à la commande, les PME se cantonnant au rôle de sous-traitants. Dans le secteur pénitentiaire, par exemple, les entreprises en lice pour la construction des nouvelles prisons sont les géants Bouygues, Eiffage, Spie Batignolles (Société parisienne pour l’industrie électrique) et Vinci. Vinci, par exemple, profite pleinement de ces « PPP » : « Le résultat est impressionnant. Vinci a la concession de ponts, de tunnels, d’aéroports et de plus de 4.400 kilomètres d’autoroutes en Europe. (…) Les concessions sont accordées pour des durées de trente à soixante-dix ans. Elles compensent le caractère cyclique de l’activité de construction et sont très rentables. Au premier semestre, elles ont généré 62 % du résultat opérationnel, pour moins de 15 % du chiffre d’affaires… », commente Le Journal des Finances. Merci l’Etat !

Encore candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy affirmait le 7 mars 2007 que les « PPP » étaient des « modes de financement innovants. Nous restons timides dans ce domaine, en comparaison de nos amis britanniques, alors que nombre d’études démontrent que la qualité du service rendu par les PPP est supérieure à celle de la gestion directe. » La Grande-Bretagne pratique le « PPP » depuis le début des années 90. Imaginé par les conservateurs, le dispositif connaît un essor spectaculaire sous le gouvernement néo-travailliste de Tony Blair. Les britanniques ont eu tout le loisir d’en expérimenter les effets pervers. « Alors que la réalisation des premiers projets indiquait un coût supérieur au public, Andrew Smith, secrétaire au Trésor du gouvernement Blair, a assuré en 2000, devant le Parlement qu’une étude intitulée Value for money, montrait que le partenariat public-privé coûtait en moyenne 20 % moins cher à la collectivité, explique l’universitaire Philippe Marlière, maître de conférence en sciences politiques à Londres. Le problème, c’est que le rapport n’existait pas et que M. Smith a du présenter ses excuses aux députés. »

Fin 2005, les contrats signés pour 50 milliards de livres sterling (54 milliards d’euros), engagent les contribuables britanniques à verser 7,5 milliards de livres par an pendant vingt ans, soit un total de 150 milliards de livres sterling (163 milliards d’euros) ! Pourtant les exemples de dysfonctionnement abondent : écoles qui refusent d’inscrire certains élèves pour maintenir leur taux de « réussite » et donc leur attractivité, fermeture de 15.000 lits d’hôpital en 9 ans… Un million et demi de Britanniques attendent parfois un an pour se faire soigner à l’hôpital. « En février 1999, le gouvernement a annulé un contrat après que des émeutes aient éclaté dans des prisons privées américaines dans les premiers mois de leur exploitation par une même entreprise, poursuit Philippe Marlière. Il a été établi que ces émeutes avaient été provoquées par les conditions inhumaines dans lesquelles la direction maintenait les prisonniers afin que l’entreprise puisse dégager des bénéfices plus importants. » Autre argument en faveur des « PPP » : permettre à l’Etat de ne pas accroître sa dette… On sait aujourd’hui que c’est une grande réussite.

Des prisons plus rentables et moins « humaines »

En France, point encore d’émeutes dans les prisons, mais de nombreux suicides. L’État prévoit un gros programme de modernisation du parc pénitentiaire (13.200 places) pour 1,4 milliards d’euros. En janvier 2008, le ministère de la Justice annonçait la signature d’un partenariat avec Bouygues, lui confiant ainsi la conception, la construction, le financement et la maintenance des établissements de Nantes (44), Annoeullin (59) et Réau (77). Un premier lot de quatre établissements pénitentiaires a également été gagné par Eiffage. Bouygues avait déjà remporté un autre lot de trois établissements. Le « PPP » confie au partenaire privé la quasi totalité des services à la personne : restauration, hôtellerie, cantine, travail pénitentiaire, formation professionnelle, transport et accueil des familles. «  Le dispositif ppp a désormais fait ses preuves… Il assure de meilleurs délais de construction annoncés et tenus », se félicitait Rachida Dati, alors Garde des Sceaux.

Pourtant… Malgré le passage au journal de 20 heures de détenus triés sur le volet expliquant qu’ils sont satisfaits de leurs nouveaux locaux, une série de pannes à répétition défraient la chronique. Le 2 septembre 2009, la prison de Roanne (Loire), inaugurée en janvier, est victime d’un bug informatique empêchant l’ouverture de toutes les serrures électroniques, paralysant le système vidéo et les alarmes. Quelques jours plus tôt, le 31 août 2009, l’établissement ultramoderne de Corbas (Rhône), érigé par Bouygues, qui en assurera l’exploitation pendant 20 ans, est sujet à des ouvertures intempestives de grilles, à des égouts qui débordent et des sèche-mains qui s’enflamment. Les serrures électriques commandées à distance par écran tactile ont cessé de fonctionner. Fin décembre 2008, à Mont-de-Marsan, la nouvelle prison tombe en panne d’électricité. Sans lumière ni chauffage, il faut évacuer les 87 détenus de l’établissement « totalement novateur » qui a coûté 64 millions d’euros à la collectivité. La prison est plongée dans le noir, la vidéo surveillance est hors service, ainsi que le téléphone et le système d’ouverture des grilles. La température descend à 9 degrés dans les cellules.

Jackpot pour les grands groupes pharmaceutiques

« L’État concurrentiel, ce n’est pas l’État arbitre entre intérêts, c’est l’État partenaire des intérêts oligopolistiques dans la guerre économique mondiale », écrivent Philippe Dardot et Christian Laval dans La Nouvelle raison du monde (La Découverte). Sous couvert d’« urgence nationale », de véritables cadeaux sont offerts aux multinationales. Citons la débauche de moyens mis en place en direction des laboratoires pharmaceutiques en charge de créer un vaccin contre la grippe AH1N1. C’est presque triomphalement que Roselyne Bachelot annonce en juillet que la France négocie la commande ferme de 98 millions de doses de vaccin auprès du Français Sanofi-Aventis, du Suisse Novartis, de l’Anglais GlaxoSmithKline et de l’Etats-unien Baxter. Outre les vaccins, un milliard de masques sont également commandés. Budget : 1,5 milliard d’euros. « C’est cinq fois plus que le budget affecté par la France à la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose », s’énerve Marc Gentilini, ancien président de la Croix-Rouge française. D’autant qu’une enquête compilant des résultats en Australie et en Nouvelle-Zélande confirme la relative bénignité de la souche circulante. Plus de 99 % des malades guérissent en quelques jours sans aucune séquelle. Pas grave, Roselyne Bachelot explique que les vaccins sont valables cinq ans et que la France pourra toujours les donner aux pays pauvres s’il y en a trop.

Le ministère de la Santé risque de se retrouver avec des millions de vaccins et de masques sur les bras si la population est aussi récalcitrante que les médecins et infirmières face à la campagne de vaccination. Pour l’heure, le ministère s’apprête à envoyer à chaque assuré social un courrier l’invitant à aller se faire vacciner. Coût de l’opération : 53 millions d’euros. Du côté des grands groupes pharmaceutiques, on annonce d’importants bénéfices, à l’instar de Sanofi-Aventis qui cumule plus de 2,3 milliards d’euros de bénéfices depuis le début de l’année. De son côté, GlaxoSmithKline, malgré 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2008, s’apprête à licencier 434 personnes en France. Suppressions d’emploi qui viennent s’ajouter aux 750 de début 2009. Sans oublier la culpabilisation des citoyens face au trou de la Sécurité sociale et les pubs gouvernementales contre la fraude. Ces grands discours ne concernent évidemment pas l’argent que retirent les actionnaires des grands groupes pharmaceutiques des juteux investissements que leur offre l’Etat.

Selon l’économiste américain James Kenneth Galbraith, aucune des entreprises investies dans le processus n’a intérêt à couper la main qui lui donne à manger : l’État. Sans ses interventions économiques, ces entreprises ne pourraient prospérer. « Leur raison d’être est plutôt de tirer de l’argent de l’État. Cela exige le mariage d’une organisation économique et d’une organisation politique, explique-t-il. Ce qui s’y joue n’est pas l’affrontement bipolaire sur lequel se concentre une si large part des efforts de pensée et d’argumentation — « l’État » contre « le marché ». Contrairement à ce que leur formation en économie conduit de nombreux esprits à supposer, on n’y livre pas non plus, pour l’essentiel, un combat perpétuel autour de l’enjeu : « Faut-il élargir ou rétrécir le champ d’action de l’État ? » On y postule plutôt que peu à peu, au fil du temps, le rôle de l’État va grandir. Tous ceux qui jouent un rôle sérieux dans les débats sur l’action publique, au fond, sont d’accord là-dessus. »

La nouvelle loterie développée par l’Elyséenne des jeux remporte un vif succès : 14.000 joueurs, 14.000 gagnants ! Ce jeu pour les personnes déjà millionnaires se nomme « bouclier fiscal » et ne doit rien au hasard. A tous les coups on gagne. Si l’épargne amassée par les grandes fortunes se retrouve menacée par la crise financière : pas de panique ! L’Etat vole au secours des banques, de leurs actionnaires et gros clients distribuant des enveloppes de plusieurs milliards d’euros. Mais quand il s’agit de la Sécurité sociale…

Non content de devenir un pourvoyeur d’investissements publics au profit des grandes entreprises privées, la nouvelle oligarchie élyséenne offre aux dirigeants et gros actionnaires d’impressionnantes ristournes fiscales. La fiscalité n’est jamais neutre. Souvent décrite comme résultant de choix techniques, elle est en réalité adossée à des choix politiques qui définissent la redistribution des richesses au sein d’une société. Aux Etats-Unis, chaque dispositif de réduction d’impôts « prévoyait de petites sommes pour les catégories les plus basses, ce qui permettait à ses auteurs d’affirmer sans mensonge que la plupart des contribuables verraient leur prélèvement fiscal diminuer. Mais les réductions les plus importantes étaient toujours pour les plus gros. La répartition des revenus étant ce qu’elle est, les bénéficiaires des grosses réductions ont toujours été beaucoup moins nombreux que ceux des miettes offertes à la population », explique l’économiste James Kenneth Galbraith, dans son livre L’État prédateur (Seuil).

Cette remarque s’applique à merveille au bouclier fiscal mis en place par Dominique de Villepin en 2006 puis renforcé par Nicolas Sarkozy en 2007. Il pose comme principe qu’un contribuable ne peut payer en impôt direct plus de 60 % de ses revenus, sous Dominique de Villepin. Le taux est passé à 50 % (en incluant la CSG et la CRDS) en août 2007 grâce à Nicolas Sarkozy. Pour justifier cette mesure, les médias ont réalisé de nombreux reportages sur l’infortuné retraité, possesseur d’un champ de pomme de terre sur l’île de Ré, contraint de payer l’impôt sur la fortune. Un rapport parlementaire publié en juillet 2009 remet les pendules à l’heure. Le député UMP Gilles Carrez indique que les cent foyers ayant reçu le plus d’argent de la part du fisc en 2008 ont capté plus du tiers des remboursements avec un chèque de 1,15 million d’euros en moyenne. Les 1.000 bénéficiaires les plus importants ont reçu à eux seuls 337,2 millions d’euros. Soit 337.200 euros de cadeaux fiscaux par famille et par an !

Mieux que l’euromillion, le bouclier fiscal : 14.000 joueurs, 14.000 gagnants

5 % de l’ensemble des foyers fiscaux qui font jouer le bouclier reçoivent à eux seuls les trois quarts des sommes reversées par le Trésor public. En 2008, le bouclier fiscal a permis à 14.000 familles de soustraire de l’impôt 458 millions d’euros. 14.000 joueurs, 14.000 gagnants ! Le hasard des loteries, c’est bon pour les ouvriers, les chômeurs et les familles monoparentales banlieusardes. « La moyenne de remboursement croît au fur et à mesure que la valeur du patrimoine augmente, ce qui montre le lien structurel existant entre le bouclier et l’impôt sur la fortune », remarque-t-on au Syndicat national unifié des impôts (Snui/Sud-Trésor). Depuis 2009, les contribuables peuvent déduire directement de leurs impôts les sommes dépassant la barre des 50 % sans attendre le remboursement de l’administration.

Si le gouvernement reste droit dans ses bottes, en ces temps de crise, de plus en plus de députés UMP ne sont plus aussi convaincus de la « justesse » du dispositif. Pour preuve les séances houleuses de l’Assemblée nationale qui examine depuis le 20 octobre le projet de budget 2010. La commission des Finances de l’Assemblée a rejeté un amendement UMP proposant de retirer la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) du calcul du bouclier fiscal. Le maintien de ce dispositif, considéré par Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, comme « marqueur idéologique », fait de plus en plus grincer des dents. Si des hausses d’impôts devaient avoir lieu, les contribuables les plus aisés ne seraient pas touchés. C’est dans ce contexte que Didier Migaud, président socialiste de la commission des Finances, a proposé un amendement qui augmenterait de 10 % l’Impôt sur les sociétés (IS) payé par les banques en 2010. Christine Lagarde, ministre de l’Economie, n’en veut pas. La Belgique a pourtant adopté une mesure similaire. Les Anglais s’apprêteraient à le faire.

Sauver les banques, même si elles réalisent de confortables bénéfices…

Lorsqu’on examine l’action de Nicolas Sarkozy pour sauver les banques de la tourmente financière, l’expression spoils system (partage du butin) utilisée par James Kenneth Galbraith prend tout son sens. Objectif officiel du gouvernement : sauver les économies des Français et aider les entreprises, notamment les PME, à passer ce mauvais moment. 320 milliards d’euros ont été budgétés pour garantir les emprunts des banques et 40 milliards d’euros ont été réunis pour les injecter, si besoin, dans leur capital. Le plan français se différencie de ceux de ses voisins européens – et du plan de Barack Obama aux Etats-Unis – qui n’ont pas hésité à nationaliser un certain nombre d’établissements au bord de la faillite. En France, on est davantage « civilisé » : l’État peut devenir actionnaire des banques mais seulement à la demande de celles-ci.

Une exception culturelle qui en a choqué plus d’un, y compris les gardiens de l’orthodoxie libérale de la Commission européenne. Celle-ci n’a pas digéré que le gouvernement n’ait pas exigé plus de pouvoir dans les établissements aidés. L’Etat n’est pas entré dans les conseils d’administration (hormis chez Dexia), et n’a pas suspendu le versement des dividendes aux actionnaires. Concurrence déloyale, juge Bruxelles, considérant que ces aides permettent aux banquiers français de pratiquer des taux d’intérêts plus intéressants.

Au total, 3 milliards d’euros ont été injectés dans les fonds propres du Crédit Agricole ; 5,1 milliards pour BNP-Paribas (qui a pu ainsi mettre la main sur les activités du leader belge et luxembourgeois Fortis) ; 3,4 milliards pour la Société Générale ; 1,2 milliards pour le Crédit mutuel et 7 milliards pour les Caisses d’Épargne et Banques populaires. En dehors des Caisses d’Épargne (2 milliards de pertes) et des Banques Populaires (468 millions de pertes), en 2008, chaque établissement affiche un bénéfice en baisse, mais le secteur demeure encore très rentable. BNP-Paribas gagne 3 milliards, la Société Générale 2 milliards et le Crédit Agricole 1 milliard.

La perplexité nous gagne. Le sauvetage des banques par les fonds publics se justifiait-il vraiment ? Ce plan était soumis à conditions : que les banques augmentent de 3 à 4 % le volume de leurs prêts afin de soutenir la relance. Il semble que les établissements financiers aient empoché les aides sans tenir leurs engagements. Malgré sept convocations des grands banquiers à l’Élysée, sous les caméras de télévision, le gouvernement n’a jamais eu l’intention de les contraindre à honorer leurs engagements. Ce cadeau est loin d’être le seul, ni le plus luxueux.

…Et leurs fortunés actionnaires, même s’ils sont déjà méga riches

Pour relancer la machine à prêts entre banques et la circulation de l’argent, l’Etat a créé à l’automne 2008 la Société de financement de l’économie française (SFEF). Celle-ci gère les 320 milliards d’emprunt que le gouvernement s’est engagé à garantir au secteur financier, jusqu’au 7 octobre 2009. Ces mêmes sept grandes banques françaises, à qui l’on assure l’emprunt, se sont vues octroyer 66% du capital de la SFEF. En clair : l’Etat, donc les contribuables, garantit vos prêts, en assume les risques et vous permet d’en empocher les bénéfices sans crainte de perdre de l’argent. La SFEF a rapporté 1,2 milliard d’euros à l’Etat qui possède 34% du capital de la SFEF. Cela induit que les banques (66% du capital) se seraient donc partagées 2,4 milliards d’euros.

Encore mieux : en contrepartie des 19,8 milliards injectés dans les banques, l’Etat recevra 713 millions d’euros d’intérêts. Or, les titres achetés, sans droit de vote dans les conseil d’administration, seront remboursés au prix d’émission : au prix affiché en Bourse au moment où leur cours était au plus bas. L’Etat va ainsi revendre à BNP-Paribas des titres acquis le 31 mars 2009 à 27,24 € alors qu’ils sont cotés aujourd’hui à 58,20 €. Un cadeau de 5,8 milliards d’euros. La Société Générale, elle, économise 6 milliards d’euros. L’addition augmentera lorsque le Crédit Agricole et les Banques Populaires – Caisses d’Epargne passeront au guichet. Cet argent aurait pu servir à combler au moins de moitié le déficit de la Sécurité sociale. La santé de tous ou les gigantesques intérêts financiers de quelques-uns ? L’oligarchie a ses priorités : les banques, leurs actionnaires et leurs gros clients via les fonds d’investissements spéculatifs, où l’on retrouve forcément les fortunes placées par les 14.000 familles.

Autre question : comment les banques arrivent-elles à faire des bénéfices aussi importants alors que l’ensemble de l’économie est en récession ? « Selon certains signes, des éléments du secteur financier ont repris des pratiques de prises de risque qui rappellent celles ayant mené à la crise », s’inquiète Christian Noyer, gouverneur de la banque de France. Une crise financière latente ? Pas grave, les contribuables seront là pour prêter de l’argent aux banquiers. Mais certainement pas au taux du crédit revolving. Cela aussi, comme les jeux de hasard, c’est réservé au bas peuple.

Pendant que le « débat » sur l’identité nationale accapare la sphère médiatique, la prédation d’entreprises publiques, de multinationales dont l’Etat est actionnaire et de groupes bancaires par un petit clan s’intensifie. Depuis début 2008, l’Elysée a procédé à la nomination d’une douzaine de grands patrons, de François Pérol à Henri Proglio. La nouvelle loi sur les jeux d’argent en ligne sert aussi le même petit clan, présent au célèbre dîner du Fouquet’s, avec à la clé un marché juteux de 3 milliards d’euros. Voici le troisième volet de notre série « Adieu la République… Vive l’Oligarchie ! ».

En un an et demi, Nicolas Sarkozy et son exécutif ont nommé une douzaine de patrons. Parmi eux, Alain de Pouzilhac : cet ancien PDG de l’agence de communication Euro RSCG est choisi en février 2008 pour diriger la holding Audiovisuel extérieur de la France qui regroupe la chaîne d’information France 24, la radio RFI et la chaîne de télévision généraliste TV5 Monde. En octobre 2008, Pierre Mariani, ex directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy entre 1993 et 1995, quitte BNP-Paribas pour prendre à 52 ans la direction exécutive de la banque franco-belge Dexia. En février 2009, François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée est placé à la tête du nouveau géant bancaire Banques Populaires – Caisses d’épargne de BPCE malgré la loi du 29 janvier 1993, qui interdit à tout fonctionnaire de rejoindre une entreprise privée sur laquelle il a exercé un contrôle.

En mai 2009, Luc Vigneron, PDG depuis 2001 du groupe d’armement terrestre public Giat Industries, devenu en 2006 Nexter, prend la direction de Thales (technologies électroniques et spatiales) détenu à 27% par l’Etat français. Il a été directeur de la stratégie puis directeur général d’Alcatel Alstom. En juin, Bernard Delpit, ancien directeur adjoint de l’entreprise franco-chinoise Dongfeng Peugeot-Citroën Automobile, puis conseiller économique à l’Élysée depuis 2007, est nommé directeur général délégué en charge des finances de La Poste.

L’argent des contribuables

Le 1er septembre, Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, est nommé directeur général délégué de France-Telecom – Orange, dont l’Etat détient 26% des actions. Si tout se passe comme prévu il devrait prendre la succession de Didier Lombard dont le mandat de PDG arrivera à échéance en 2011. Ancien patron de la filiale immobilière de la Générale des Eaux qu’il a racheté, il est devenu multimillionnaire lors de sa revente. Ce proche de Nicolas Sarkozy a ensuite occupé des fonctions de dirigeant chez Veolia Environnement et Veolia Transport, filiale du groupe Veolia dirigé par Henri Proglio. La nomination de ce dernier à la tête d’EDF a aussi de quoi inquiéter. Il devrait s’installer à la tête d’EDF le 22 novembre prochain tout en gardant la présidence du conseil de surveillance de Veolia. Après la fusion GDF-Suez, voilà qui augure le rapprochement EDF-Veolia. « Proglio doit présider un géant mondial de l’électricité et engager une nouvelle configuration qui fera à terme d’EDF le premier actionnaire de Veolia, explique le sociologue Marc Laimé. Cette opération verra EDF abandonner les parts qu’elle détient dans Dalkia, la filiale spécialisée dans le chauffage, sans que Veolia ne débourse un centime ». Le sociologue rappelle qu’avec ses 58 centrales et plus de 400 barrages, EDF est le premier gestionnaire des masses d’eau de surface en France. Un précieux patrimoine aquifère pour Veolia qui a bâti son empire grâce au marché de la gestion de l’eau et à la rente qu’il procure.

Outre les directions des entreprises, on peut aussi citer le cas du fonds stratégique d’investissement. Ce fonds souverain « à la française » doté de 20 milliards d’euros est créé en 2008 pour favoriser le développement des PME. Il est présidé par Jean-François Dehecq, qui dirige aussi le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis. À la tête de son comité d’investissement, qui choisit où placer l’argent des contribuables, on trouve Patricia Barbizet. Elle est actuellement présidente du conseil de surveillance du Groupe PPR (Pinault – Printemps – Redoute), où elle occupe aussi le poste de directrice générale d’Artemis, la holding qui gère les participations de François Pinault (propriétaire de PPR et 6ème fortune de France). Artemis est également impliquée dans l’affaire Executive Life, ce rachat hasardeux d’une société états-unienne en faillite par le Crédit Lyonnais, qui coûta 15 milliards d’euros aux contribuables français. La filiale du groupe PPR a été initialement condamnée par la justice américaine à payer une amende de 241 millions de dollars, pour dissimulation volontaire d’informations, déclarations frauduleuses et participation à une conspiration. L’amende a pour l’instant été annulée. De quoi s’interroger cependant sur les compétences de celles et ceux qui gèrent ce tout nouveau fonds souverain et sur la justesse de leurs investissements…

De la pub et des jeux

Les exemples illustrant comment l’État rend service aux grandes entreprises sont légions, en plus des « partenariats public – privé ». L’annonce de la fin de la pub sur la télé publique et la redistribution éventuelle d’un gâteau publicitaire de 850 millions d’euros a été suivie par une hausse de 10% de l’action TF1 à la Bourse de Paris et de 4,5% de celle de M6. La régie publicitaire de France Télévisions cédera 70% de son capital début 2010. Six repreneurs sont encore en lice : Stéphane Courbit, propriétaire de la boîte de production Endemol, actionnaire de Direct Energie, proche de Nicolas Sarkozy et de Vincent Bolloré ; le couple Charles Beigbeder (dirigeant de Poweo, proche de l’UMP) et Gaspard de Chavagnac (Televista) ; Fabrice Larue, ancien dirigeant du groupe LVMH, propriétaire de la société d’investissement dans la production médias et cinéma FL Capital Partners, allié à la Caisse d’épargne ; NextradioTV, détenu par Alain Weill (BFM, RMC, La Tribune) ; Walter Butler (Butler Capital Partners), proche de Dominique de Villepin. Une rumeur fait aussi état de l’intérêt de… France Télécom – Orange. Au final, deux repreneurs seront désignés. Ils auront comme première mission de mettre en œuvre un plan social qui menace les 288 salariés de la régie.

L’Assemblée nationale adopte le 13 octobre dernier la loi légalisant le poker et les paris sportifs et hippiques sur Internet. Le texte entrera en vigueur en 2010 à la plus grande satisfaction de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH et 1ère fortune française, Stéphane Courbit, Martin Bouygues (groupe Bouygues), François Pinault (PPR), Patrick Le Lay, ancien dirigeant de TF1, à la tête d’un fonds d’investissement dont Bouygues et Artemis (filiale de PPR) sont actionnaires, et enfin Dominique Desseigne, dirigeant du Groupe Lucien Barrière, spécialisé dans les casinos. Quel est leur point commun ? Ces personnalités sont toutes investies dans des projets de sociétés de paris sportifs ou hippiques sur Internet. Elles ont aussi la particularité d’avoir dîné ensemble le soir du 6 mai 2007 au Fouquet’s en présence de Nicolas Sarkozy, tout fraîchement élu. Le marché des jeux en ligne concerne 5% de la population et est actuellement évalué à 3 milliards d’euros.

Oligarque : « Ce mot, qui n’est pas flatteur, exprime une idée sur laquelle il y a un large consensus : on ne peut pas attendre de particuliers dotés d’une telle richesse qu’ils servent un autre intérêt que le leur », prévient l’économiste états-unien James Kenneth Galbraith (L’Etat Prédateur, éditions du Seuil). « Non seulement l’État n’a pas disparu, non seulement il s’est mis plus que jamais au service des entreprises, mais il s’est même mué en un gouvernement de type entrepreneurial, dénoncent le sociologue Christian Laval et philosophe Pierre Dardot dans La Nouvelle Raison du Monde (Editions La Découverte). Cette mutation ne vise pas seulement à accroître l’efficacité et à réduire les coûts de l’action publique, elle subvertit radicalement les fondements modernes de la démocratie. ». Ce n’est pas l’Etat qui a disparu, mais l’intérêt général.

Xe Services (ex-Blackwater) a été vendu

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 1 : 43

publié le 20.12.2010 dans http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2010/12/19/xe-services-ex-blackwater-a-ete-vendu.html

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Paul Bremer (2e à droite) et deux des PSD de Blackwater en 2006.

La société militaire privée américaine Xe Services a été achetée par USCT Holdings, un fonds contrôlé par deux « private equity firms » : Manhattan Partners et Forte Capital Advisors. Le montant de la transaction n’a pas été rendu public. Le Washington Post avance le chiffre de 200 millions de dollars.

La vente de Xe Services a été annoncée le 17 décembre, mettant fin aux spéculations de ces derniers mois. Finalement ce n’est pas Cerberus (déjà propriétaire de DynCorp) qui s’est porté acquéreur mais USCT Holdings dont les dirigeants sont restés discrets sur leurs projets.

Cette transaction clôt le chapitre du démantèlement de l’ancienne firme Blackwater Worldwide, créée en 1997 sous le nom de Blackwater USA par Erik Prince. Ancien Seal de la Navy, ce rejeton d’une famille d’industriels du Michigan avait réussi à imposer sa société auprès du Pentagone et du State Deparment (DoS) et à devenir l’un de leurs principaux prestataires en matière de formation et de sécurité.

En dépit de l’affaire de la fusillade du square Nisour, à Bagdad en 2007 (17 civils irakiens tués par des employés de Blackwater), et malgré une amende de 42 millions de dollars (suite à l’importation illégale d’AK47), Xe reste une affaire profitable. Son chiffre d’affaires était de 660 millions de dollars en 2009 et de près d’un milliard pour 2010.

Le démantèlement de Xe a commencé en août dernier, avec la vente d’Aviation Worldwide Services et de ses filiales : Presidential Airways et STI Aviation (une soixantaine d’aéronefs au total). L’ensemble a été acheté par AAR Aviation pour 200 millions de dollars.

USCT Holdings a pour sa part acheté toutes les sociétés dépendant de Xe dont US Training Center Inc., qui gère le centre de formation de Moyock (Caroline du Nord). On ne sait pas en revanche, si USCT Holdings a repris les participations de Xe dans plusieurs Joint ventures dont International Development Solutions, qui est sur les rangs pour le méga-contrat de mentoring de la police afghane. Un contrat d’une valeur de 1,6 milliard de dollars auquel un prochain post va être consacré.

Monsanto, Xe Services (ex Blackwater »s Black Ops) & Bill Gates

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 1 : 40

http://fr.narkive.com/2011/1/30/4162119-mosanto-xe-services-ex-blackwaterequot-s-black-ops-bill-gates.html

Bien que datant d’Octobre, cet article n’avait pas fait l’objet de
traduction dans les medias « grand public » européens

______________________
La Pravda en anglais, Silvia Ribeiro, 14 octobre 2010

Un article de Jeremy Scahill, Blackwater’s Black Ops (Les opérations
secrètes des Blackwater), paru dans The Nation le 15 septembre 2010, a
révélé que la plus grande armée de mercenaires du monde, la compagnie de
services clandestins d’intelligence Blackwater (aujourd’hui appelée Xe
Services) a été vendue à la multinationale Monsanto [note d'üriniglirimirnäglü : il semblerait que ce ne soit pas le cas... Xe aurait été vendue à un fonds détenu par deux "private equity firms" (cf. article ci-dessus)].

Blackwater a été rebaptisée en 2009, après que de nombreux rapports de
débordements, dont des massacres de civils, en Irak l’aient rendue
célèbre dans le monde. Elle reste le plus grand prestataire privé de «
services de sécurité » du ministère des Affaires étrangères zunien à
pratiquer le terrorisme d’État, offrant ainsi au gouvernement la
possibilité de nier sa pratique.

De nombreux militaires et anciens officiers de la CIA travaillent pour
Blackwater ou des entreprises assimilées ou créées pour détourner
l’attention de leur mauvaise réputation et rendre plus lucrative la
vente à d’autres gouvernements, banques et compagnies multinationales de
leurs infàmes services, allant de l’information et du renseignement à
l’infiltration, en passant par le lobbying politique et la formation
paramilitaire. Selon Scahill, les affaires avec les multinationales
comme Monsanto et Chevron, et des géants de la Finance tels que Barclays
et Deutsche Bank, sont conduites par deux sociétés appartenant à Erik
Prince, le propriétaire de Blackwater : Total Intelligence Solutions et
Terrorism Research Center. Leurs fonctionnaires et administrateurs ont
en commun Blackwater.

L’un d’eux, Cofer Black, l’un des directeurs de la CIA connu pour sa
brutalité, est celui qui, en tant que directeur de Total Intelligence, a
pris contact avec Monsanto en 2008 pour conclure un contrat avec la
compagnie pour espionner et infiltrer les organisations de militants des
droits des animaux et des anti-OGM, et accomplir les autres sales
boulots du géant de la biotechnologie.

Contacté par Scahill, Kevin Wilson, un cadre de Monsanto, a refusé de
commenter, mais a confirmé plus tard à The Nation qu’ils avaient engagé
Total Intelligence en 2008 et 2009, seulement, selon lui, pour garder
une trace des « révélations » de leurs opposants. Il a aussi indiqué que
Total Intelligence est une « entité totalement distincte de Blackwater. »

Pourtant, Scahill possède des copies de courriels de Cofer Black après
sa rencontre avec Wilson pour Monsanto, où il explique à d’autres
anciens agents de la CIA, en utilisant leurs adresses de courriels chez
Blackwater, que la discussion avec Wilson était que Total Intelligence
est devenu « l’organe de renseignement de Monsanto, » pour l’espionnage
des militants et d’autres actions, incluant « l’intégration légale de
nos gens dans ces groupes. » Monsanto a payé Total Intelligence 127.000
dollars en 2008 et 105.000 dollars en 2009.

Il n’étonnera guère qu’une compagnie engagée dans la « science de la
mort » comme Monsanto, dédiée dès l’origine à créer des poisons toxiques
à répandre, de l’Agent Orange aux BPC (biphényles polychlorés), des
pesticides, des hormones et des semences génétiquement modifiées, est
associée à une autre compagnie de voyous.

Quasi simultanément à la publication de cet article dans The Nation, Via
Campesina a signalé l’achat de 500.000 actions de Monsanto, pour plus de
23 millions de dollars, par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui,
avec cette action, a complètement jeté le masque de la « philanthropie.
» Encore une association qui ne surprendra guère.

Il s’agit d’un mariage entre deux monopoles des plus cyniques de
l’histoire de l’industrialisme : Bill Gates contrôle plus de 90 pour
cent de part du marché de l’informatique propriétaire et Monsanto
environ 90 pour cent du marché mondial des semences transgéniques et la
majorité des semences commerciales du monde. Il n’existe aucun autre
monopole aussi vaste de secteurs industriels. Leur l’existence même est
une négation du fameux principe du capitalisme de « concurrence de
marché. » Gates et Monsanto sont tous deux très agressifs dans la
défense de leurs monopoles mal acquis.

Bien que Bill Gates puisse être tenté de dire que sa Fondation n’a aucun
rapport avec son entreprise, tout prouve le contraire : la plupart de
ses dons finissent par favoriser les investissements commerciaux du
magnat. Quoi que ce soit, ce ne sont pas vraiment des « dons, » puisque
au lieu de payer des impôts à l’État, la Fondation investit ses
bénéfices là où c’est favorable économiquement, y compris dans la
propagande sur ses bonnes intentions présumées. Ses « dons » financent
au contraire des projets aussi destructeurs que la géo-ingénierie ou le
remplacement des médicaments de la communauté naturelle par des
médicaments brevetés de haute technologie dans les régions les plus
pauvres du monde. Quelle coïncidence ! L’ancien ministre [mexicain] à la
Santé Julio Frenk et [l'ancien président du Mexique] Ernesto Zedillo
sont des conseillers de la Fondation.

Comme Monsanto, Gates est aussi engagé dans une tentative de destruction
de l’agriculture rurale dans le monde, principalement à travers l’«
Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA). Il fait office
de cheval de Troie dans le but de déposséder les agriculteurs pauvres
africains de leurs semences traditionnelles, afin de les remplacer
d’abord par des semences de leurs compagnies, et ensuite par des
semences génétiquement modifiées. À cette fin, en 2006 la Fondation a
embauché Robert Horsch, le directeur de Monsanto. Gates expose
maintenant des bénéfices importants, directement revenus à leur source.

Blackwater, Monsanto et Gates sont les trois faces d’un même calcul, la
machine de guerre contre la planète et la plupart des gens qui
l’habitent : les paysans, les communautés autochtones, les gens qui
veulent partager les informations et les connaissances ou tous ceux qui
ne veulent pas être sous l’égide du profit et du pouvoir destructeur du
capitalisme.

L’auteur, Silvia Ribeiro, est chercheuse à l’ETC Group. Cet article,
paru à l’origine dans le journal mexicain La Jornado, a été traduit de
l’espagnol pour La Pravda en anglais par Lisa Karpova.
Source :
english.pravda.ru/business/companies/14-10-2010/115363-machines_of_war_blackwater_monsanto_billgates-0/

Comment Sarkozy a orchestré la révolte libyenne

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 1 : 35

posté le : 2011-04-08 14:29:13 | sur Le Blog de Gilles Munier : http://www.afrique-asie.fr

« revue de presse »…

par Franco Bechis,

Directeur adjoint du quotidien italien de droite Libero (groupe Berlusconi)*

 

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Mouammar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

   Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

   Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

   C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

   Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

Réunion à l’Hôtel Concorde Lafayette

   On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

   Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

   À Benghazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

   Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs.

   Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

   Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

   Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

   Mesmari est nommé « Libyan WikiLeak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

   Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

Traduction : Marie-Ange Patrizio

* Le quotidien italien de droite Libero appartient au groupe de presse Berlusconi.

¤ Naissance aux Emirats de l’armée secrète pour le Moyen-Orient et l’Afrique

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 1 : 33

posté le : 2011-05-30 00:19:25 | sur Le blog de Gilles Munier : http://www.afrique-asie.fr

¤ Naissance aux Emirats de l'armée secrète pour le Moyen-Orient et l'Afrique dans Politique/Societe Mohammed-Bin-Zayed-Al-Nahyan-150x144A Zayed Military City, un camp d’entraînement dans une zone désertique des Emirats arabes unis, est en train de naître une armée secrète qui sera utilisée non seulement à l’intérieur du territoire mais aussi dans d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. C’est Erick Prince qui est en train de la mettre sur pied : un ex commando des Navy Seals qui avait fondé en 1997 la société Blackwater, la plus grande compagnie  militaire privée utilisée par le Pentagone en Irak, Afghanistan et autres zones de guerre. La compagnie, qui en 2009 a été renommée Xe Services, (afin, entre autres motifs, d’échapper aux actions juridiques pour les massacres de civils en Irak) dispose aux Etats-Unis d’un grand camp d’entraînement où elle a formé plus de 50 mille spécialistes de la guerre et de la répression. Et elle est en train d’en ouvrir d’autres.

Objectif : une brigade de plusieurs milliers de mercenaires

   A Abu Dhabi, Erick Prince a stipulé, sans apparaître personnellement mais à travers la joint-venture Reflex Responses, un premier contrat de

blackwater-300x231-150x115 dans Politique/Societe529 millions de dollars (l’original, daté du 13 juillet 2010, a été rendu public maintenant par le New York Times). Sur cette base a commencé dans divers pays (Afrique du Sud, Colombie et autres) le recrutement de mercenaires pour constituer un premier bataillon de 800 hommes. Ils sont entraînés aux Emirats par des spécialistes étasuniens, britanniques, français et allemands, provenant de forces spéciales et de services secrets. Ceux-ci sont payés 200-300 mille dollars par an, et les recrues 150 dollars par jour. Une fois prouvée l’efficience du bataillon dans une «action réelle», Abu Dhabi financera  avec des milliards de dollars la mise sur pied d’une brigade entière de plusieurs milliers de mercenaires. On prévoit de construire aux Emirats un camp d’entraînement analogue à celui en fonction aux Etats-Unis.

   Le principal appui de ce projet est le prince héritier d’Abu Dhabi, Cheikh Mohamed bin Zayed al-Nahyan, formé à l’académie militaire britannique Sandhurst et homme de confiance du Pentagone, fauteur d’une action militaire contre l’Iran. Le prince et son ami Erick Prince ne sont cependant que les exécutants du projet, qui a sûrement été décidé dans les hautes sphères de Washington. Son but réel est révélé par les documents cités dans le New York Times: l’armée qui est en train d’être formée aux Emirats conduira «des missions opérationnelles spéciales pour réprimer des révoltes intérieures, du type de celles qui sont en train de secouer le monde arabe cette année».

Les « solutions innovantes » de Xe Service

(ex Blackwater)

    L’armée de mercenaires sera donc utilisée pour réprimer les révoltes populaires dans les monarchies du Golfe, avec des interventions comme celle qui a été menée en mars par les troupes des Emirats, du Qatar et de l’Arabie saoudite au Bahreïn où on a écrasé dans le sang la demande populaire de démocratie. « Des missions opérationnelles spéciales » seront effectuées par l’armée secrète dans des pays comme l’Egypte et la Tunisie, pour briser les mouvements populaires et faire en sorte que le pouvoir reste entre les mains des gouvernements garants des intérêts des Etats-Unis et des plus grandes puissances européennes. Et en Libye aussi, où le plan USA/OTAN prévoit sûrement l’envoi de troupes européennes et arabes pour fournir « l’aide humanitaire aux civils libyens ». Quel que soit le scénario – soit une Libye « balkanisée » divisée en deux territoires opposés dirigés par Tripoli et Benghazi, soit une situation de type irako-afghan à la suite du renversement du gouvernement de Tripoli – l’utilisation de l’armée secrète de mercenaire s’annonce : pour protéger les implantations pétrolifères qui sont de fait aux mains des compagnies étasuniennes et européennes, pour éliminer des adversaires, pour garder le pays dans un état de faiblesse et de division. Ce sont les « solutions innovantes » que Xe Services (ex Blackwater), dans son auto présentation, se vante de fournir au gouvernement étasunien.

Traduit de l‘italien par Marie-Ange Patrizio

14 juillet 2011

Choc de l’automne 2011: Quand 15.000 milliards USD d’actifs financiers partiront en fumée…

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 17 : 21

 

 

Français 

 

Écrit par LEAP/E2020    

21-06-2011 

 

 

Crise systémique globale – Dernière alerte avant le choc de l’Automne 2011 : Quand 15.000 milliards USD d’actifs financiers partiront en fumée mondiale.   

Le 15 Décembre 2010, dans le GEAB N°50, l’équipe de LEAP/E2020 anticipait l’explosion des dettes publiques occidentales pour le second semestre 2011. Nous décrivions alors un processus qui partirait de la crise des dettes publiques européennes (1) pour mettre ensuite le feu au cœur du système financier mondial, à savoir la dette fédérale US (2). Et nous voici, avec ce GEAB N°56, à l’orée du second semestre 2011, avec une économie mondiale en plein désarroi (3), un système monétaire global de plus en plus instable (4) et des places financières qui sont aux abois (5), tout cela malgré les milliers de milliards d’argent public investis pour éviter précisément ce type de situation. L’insolvabilité du système financier mondial, et au premier chef du système financier occidental, revient à nouveau sur le devant de la scène après un peu plus d’une année de politiques cosmétiques visant à noyer ce problème fondamental sous des tombereaux de liquidités. 

 

Nous avions estimés en 2009 que la planète comptait environ 30.000 milliards USD d’actifs-fantômes. La moitié à peu près s’est envolée en fumée en six mois entre Septembre 2008 et Mars 2009. Pour notre équipe, c’est maintenant au tour de l’autre moitié, les 15.000 milliards d’actifs-fantômes restants, de s’évanouir purement et simplement entre Juillet 2011 et Janvier 2012. Et cette fois-ci, les dettes publiques seront de la partie également, contrairement à 2008/2009 où ce sont essentiellement les acteurs privés qui avaient été touchés. Pour prendre la mesure du choc qui se prépare, il est utile de savoir que même les banques américaines commencent à réduire leur utilisation des Bons du Trésor US pour garantir leurs transactions, par crainte des risques croissants pesant sur la dette publique US (6). 

 

Pour les acteurs de la planète financière, le choc de l’Automne 2011 va ainsi correspondre au sens littéral au fait de sentir le sol se dérober sous leurs pieds, puisque c’est bien le socle du système financier mondial, le Bon du Trésor US, qui va s’enfoncer brutalement (7). 

Dans ce GEAB N°56, nous abordons les deux aspects les plus dangereux de ce choc de l’Automne 2011, à savoir : 

. le mécanisme de détonateur des dettes publiques européennes 

. le processus d’explosion de la bombe US en matière de dettes publiques. 

 

Parallèlement, dans ce contexte d’accélération du rééquilibrage des rapports de force planétaire, nous présentons l’anticipation d’un processus géopolitique fondamental concernant la tenue d’un sommet Euro-BRICS d’ici 2014. 

 

Enfin, nous concentrons nos recommandations sur les moyens d’éviter de faire partie de ces 15.000 milliards d’actifs-fantômes qui vont s’envoler en fumée dans les prochains mois, avec une mention toute particulière pour l’immobilier résidentiel occidental dont l’effondrement des prix que nous anticipons pour 2015 commence en fait dès 2012. 

 

Dans le communiqué public du GEAB N°56, nous présentons une partie de l’anticipation sur le mécanisme de détonateur des dettes publiques européennes. 

 

Le mécanisme de détonateur des dettes publiques européennes 

  

Les opérateurs financiers anglo-saxons jouent aux apprentis-sorciers depuis maintenant une année et demie et les premiers titres du Financial Times en Décembre 2009 sur la crise grecque devenue rapidement une soi-disant « crise de l’Euro ». Nous ne reviendrons pas sur les péripéties de cette formidable manipulation de l’information (8) orchestrée depuis
la City de Londres et Wall Street puisque nous y avons déjà consacré de nombreuses pages dans plusieurs GEAB tout au long de cette période. Contentons-nous de constater que dix-huit mois plus tard, l’Euro se porte bien alors que le Dollar continue sa descente aux enfers par rapport aux grandes devises mondiales ; et que tous ceux qui ont parié sur la dislocation de la zone Euro ont perdu beaucoup d’argent. Comme nous l’avions anticipé la crise favorise l’émergence d’un nouveau souverain, l’Euroland, qui permet aujourd’hui à la zone Euro d’être bien mieux préparée que le Japon, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni (9) au choc de l’Automne 2011 … même si elle est en train de jouer un rôle de détonateur en la matière, bien malgré elle. Le « bombardement » (car il faut bien appeler les choses par leur nom) (10), entrecoupé de pauses de quelques semaines (11), auquel est soumis l’Euroland depuis tout ce temps, a en fait eu trois effets majeurs consécutifs, très éloignés pour deux d’entre eux des résultats escomptés par Wall Street et
la City : 

 

1. Dans un premier temps (Décembre 2009 – Mai 2010), elle a fait disparaître le sentiment d’invulnérabilité de la devise européenne tel qu’il s’était constitué en 2007/2008, en introduisant le doute sur sa pérennité et surtout en relativisant l’idée que l’Euro était l’alternative naturelle au Dollar US (voire son successeur). 

 

2. Puis, dans un deuxième temps (Juin 2010 – Mars 2011), elle a amené les dirigeants de l’Euroland à mettre en chantier à « très grande vitesse » toutes les mesures de sauvegarde, de protection et de renforcement de la monnaie unique (mesures qui auraient dû être prises il y a déjà de nombreuses années). Ce faisant elle a redynamisé l’intégration européenne, replacé à la tête du projet européen le noyau fondateur, et marginalisé le Royaume-Uni en particulier (12). Parallèlement elle a stimulé un soutien de plus en plus appuyé à la monnaie européenne de la part des BRICS, Chine en-tête, qui après un moment de flottement se sont rendus compte de deux choses fondamentales : d’une part les Européens agissaient sérieusement pour faire face au problème ; et d’autre part, au vu de l’acharnement anglo-saxon, l’Euro était sans aucun doute un instrument essentiel pour toute tentative de sortie du « monde Dollar » (13). 

 

3. Enfin, actuellement (Avril 2011 – Septembre 2011), elle conduit la zone Euro à entreprendre de toucher aux sacro-saints investisseurs privés afin de les mettre à contribution pour résoudre le problème grec via notamment des extensions « volontaires » des délais de remboursement (ou toute autre forme de coupe dans les profits escomptés) (14). 

 

Comme on peut l’imaginer, si le premier impact était bien l’un des objectifs poursuivis par Wall Street et
la City (outre le fait de détourner l’attention des problèmes massifs du Royaume-Uni et des Etats-Unis), les deux autres en revanche sont des effets totalement contraires au but recherché : affaiblir l’Euro et réduire son attractivité mondiale. 

 

Surtout qu’une quatrième séquence se prépare qui va voir, d’ici le début 2012 (15), le lancement d’un mécanisme d’Eurobonds, permettant de mutualiser une partie des émissions de dettes des pays de l’Euroland (16), ainsi que l’inévitable pression politique croissante (17) à augmenter la part de la contribution privée dans ce vaste processus de restructuration (18) de la dette des pays périphériques de la zone Euro (19).

Et avec cette quatrième séquence on entre dans le cœur du processus de contagion qui va faire exploser la bombe de l’endettement fédéral US. Car, d’une part, en créant un contexte médiatique et financier mondial ultra-sensibilisé aux questions d’endettement public, Wall Street et
la City ont rendu visible l’ampleur insoutenable des déficits publics US, britannique et japonais (20). Cela a même obligé les agences de notation, fidèles chiens de garde des deux places financières, à se lancer dans une folle course à la dégradation des notes des Etats. C’est pour cette raison que les Etats-Unis se retrouvent maintenant sous la menace d’une dégradation, comme nous l’avions anticipé, alors même que cela paraissait impensable à la plupart des experts il y a seulement quelques mois. Et parallèlement, le Royaume-Uni,
la France, le Japon, … se retrouvent également dans le collimateur des agences (21). 

 

Rappelons-nous que ces agences n’ont jamais rien anticipé d’important (ni les subprimes, ni la crise mondiale, ni la crise grecque, ni le Printemps arabe, …). Si elles dégradent à tout va aujourd’hui, c’est qu’elles sont prises à leur propre jeu (22). Il n’est plus possible de dégrader A sans toucher à la note de B si B n’est pas en meilleure situation. Les « présupposés » sur le fait qu’il est impossible à tel ou tel Etat de faire défaut sur sa dette n’ont pas résisté à trois ans de crise : c’est en cela que Wall Street et
la City sont tombés dans le piège qui guette tous les apprentis-sorciers. Ils n’ont pas vu qu’il leur serait impossible de maîtriser cette hystérie entretenue autour de la dette grecque. Ainsi aujourd’hui, c’est au Congrès US, dans le cadre du violent débat sur le plafond d’endettement et les coupes budgétaires massives, que se développent les conséquences des articles manipulateurs de ces derniers mois sur
la Grèce et la zone Euro. Encore une fois, notre équipe ne peut que souligner que si l’Histoire a un sens, c’est indéniablement celui de l’ironie. 

 

 

 LEAP/E2020 

GEAB N°55 (16/05/2011) 

sur abonnement:    



Notes:  

(1) Y compris le fait que les investisseurs privés (notamment les banques) seraient mis à contribution pour résoudre le problème de la dette grecque. 

(2) Sans oublier bien sûr les dettes des collectivités locales américaines. 

(3) Les Etats-Unis repartent en récession. L’Europe ralentit tout comme
la Chine et l’Inde. L’illusion d’une reprise mondiale est désormais bien terminée. C’est d’ailleurs cette situation très inquiétante qui explique pourquoi les grandes entreprises accumulent de la trésorerie : elles ne veulent pas se retrouver comme en 2008/2009 dépendantes de banques elles-mêmes en panne de liquidités. Selon LEAP/E2020, les PME et les particuliers devraient utilement méditer cette situation. Source : CNBC, 06/06/2011 

(4) James Saft, éditorialiste de renom pour Reuters et le New York Times, en est même au point de souhaiter « bon vent à l’hégémonie du Dollar ». Source : Reuters, 19/05/2011 

(5) Les bourses savent que la « fête » est finie avec la fin du Quantitative Easing US et le retour de la récession. Et les opérateurs financiers ne savent plus comment trouver des placements profitables et pas trop risqués. 

(6) Source : CNBC/FT, 12/06/2011 

(7) Même l’Arabie saoudite s’inquiète désormais publiquement par la bouche du Prince AlWaleed qui évoque la « bombe de la dette US ». Source : CNBC, 20/05/2011 

(8) Dernier exemple en date : la manifestation anti-austérité du 04/06 à Athènes qui a péniblement rassemblé moins de 1.000 manifestants alors que les médias anglo-saxons ont à nouveau titré sur cette preuve de rejet de la population grecque … évoquant des milliers de manifestants. Sources : Figaro, 05/06/2011 ; Financial Times, 05/06/2011 ; Washington Post, 06/06/2011 

(9) Le Telegraph du 07/06/2011 nous apprend par exemple que depuis les années 1980, le Royaume-Uni a dépensé 700 Milliards £ de plus qu’il n’a gagné. Une bonne partie de cette somme entre dans les 15.000 Milliards d’actifs-fantômes qui vont disparaître prochainement. 

(10) On peut constater l’épuisement du discours sur la « fin de l’Euro » par le fait que Wall Street en est réduit à faire intervenir régulièrement désormais Nouriel Roubini pour tenter de crédibiliser cette fable. Le pauvre Roubini, dont les travaux d’anticipation n’ont ni prévu la crise mondiale ni jamais dépassé six mois, se voit réduit à devoir prévoir la « fin de l’Euro » d’ici cinq ans, ou au moins une réforme fondamentale de la zone Euro pouvant d’ailleurs aboutir à une intégration européenne renforcée. Nous citons l’auteur d’après sa récente intervention dans un congrès à Singapour reprise dans le Figaro du 14/06/2011. Donc, si on résume la prédiction de Nouriel Roubini, il y aurait une fin de l’Euro d’ici 5 ans sauf si en fait l’Euro se retrouve renforcé via la mise en place définitive d’un « nouveau souverain », l’Euroland. Quelle anticipation ! Au-delà de l’effet d’annonce racoleur, cela consiste à dire que d’ici cinq ans (durée infiniment longue en temps de crise, et Roubini parlait d’échéances beaucoup plus rapprochées il y a encore quelques mois), il peut se passer une chose ou son contraire. Merci Docteur Roubini ! C’est difficile d’essayer de faire de la prospective et de travailler pour Wall Street en même temps. Enfin, il faut ce qu’il faut pour essayer de convaincre (en vain) les Asiatiques de ne pas vendre les actifs en Dollars au profit de ceux en Euro. 

(11) Quand les experts et médias anglo-saxons ne peuvent vraiment plus rien inventer pour légitimer de garder « la crise de l’Euro » en une. 

(12) Mais aussi
la Suède dont les élites continuent à vivre dans le monde d’après 1945, celui où elles ont pu s’enrichir en profitant des problèmes du reste du continent. A propos du Royaume-Uni,
la City continue à tenter en vain d’éviter de passer sous le contrôle des autorités européennes comme nous l’apprend cet article du Telegraph du 30/05/2011. Le plus amusant dans cet article est l’image retenue par le journal : un drapeau européen en lambeaux. Pourtant c’est bien
la City qui est en train de perdre son indépendance historique au profit de l’UE et pas le contraire. C’est une illustration flagrante de l’impossibilité de comprendre les évènements qui se déroulent en Europe en passant par les médias britanniques, même quand il s’agit du Telegraph, excellent par ailleurs en ce qui concerne sa couverture de la crise. 

(13) D’où leur motivation à acheter la dette de l’Euroland. Source : Reuters, 26/05/2011 

(14) Sources : YahooActu, 13/06/2011 ; DeutscheWelle, 10/06/2011 ; Spiegel, 10/06/2011 

(15) La crise ne permettra pas à l’Euroland d’attendre 2013, date prévue pour réviser le système adopté en Mai 2010, pour trancher ce débat. 

(16) Diverses formules sont à l’étude mais les plus probables s’organisent toutes autour d’un système d’émission de dette publique à deux niveaux : une émission bénéficiant de la signature commune de l’Euroland (et donc de taux très bas) pour un montant allant jusqu’à un pourcentage maximum du PIB de chaque Etat (40%, 50%, 60% … aux dirigeants de l’Euroland de choisir) ; au-delà de ce seuil, les émissions ne sont plus garanties que par la seule signature de l’Etat concerné, impliquant des taux rapidement très élevés pour les élèves les moins sérieux de la classe. 

(17) A ce sujet, il est regrettable que les médias internationaux s’intéressent plus aux quelques milliers de manifestants grecs (voir plus loin dans ce numéro du GEAB un exemple flagrant des différences immenses entre chiffres réels et chiffres des médias anglo-saxons) censés incarner le refus de l’austérité européenne et la faiblesse de la zone Euro, plutôt qu’à l’attente réelle des Grecs dont cette lettre ouverte des intellectuels grecs qui accusent non pas l’Euroland mais leurs propres élites politiques et financières d’être incapables de respecter leurs engagements et appellent à la mise à niveau du système politico-social grec avec celui du reste de l’Euroland. Source : L’Express, 09/06/2011 

(18) A propos du mot « restructuration » sur lequel délirent à longueur d’articles ou d’émissions les économistes et financiers en tous genres, notre équipe souhaite apporter une précision limpide de simplicité : il est évident qu’une partie de la dette grecque appartient à ces 15.000 milliards d’actifs-fantômes qui vont s’évaporer dans les mois à venir. Peu importe le mot utilisé, « restructuration », « défaut », …, comme nous l’avions indiqué dans des GEAB précédents, l’Euroland organisera un processus qui fera perdre aux moins puissants ou aux plus exposés des créanciers une partie significative de leurs engagements sur
la Grèce. C’est cela qu’on appelle une crise. Et la « raison d’Etat » fonctionne toujours de la même manière. Mais, de toute façon, d’ici là, le problème se sera déplacé vers les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, et plus personne ne prêtera attention au cas grec dont les montants sont ridicules en comparaison : Grèce, 300 milliards EUR ; USA, 15.000 milliards USD. 

(19) Et l’examen prochainement par
la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe de recours contre le Fonds de stabilisation européen, s’il ne remettra pas en cause les décisions prises, va accroître la pression en Allemagne pour que le secteur privé soit partie prenante des solutions, c’est-à-dire des pertes. Source : Spiegel, 13/06/2011 

(20) Un calcul très simple permet de prendre la mesure de la différence entre le problème grec actuel et la crise US en préparation : les banques en particulier vont être obligées de prendre en charge entre 10% et 20% du coût de renflouement de la dette grecque, soit entre 30 et 60 Milliards EUR. C’est ce qui « excite » les agences de notation ces jours-ci à propos des banques européennes. L’explosion de la bombe de la dette fédérale US imposera au minimum un coût aux proportions identiques pour les banques et autres détenteurs institutionnels de cette dette. On parle donc dans ce cas (une estimation conservatrice car la nature même de l’utilisation des Bons US impliquera une contribution privée plus importante) de montants compris entre 1.500 et 3.000 milliards USD. C’est cohérent avec notre estimation des 15.000 milliards d’actifs-fantômes qui disparaîtront dans les trimestres à venir. 

(21) Sources : Reuters, 08/06/2011 ; Le Monde, 11/06/2011 ; FoxNews, 30/05/2011 

(22) Et l’une des conséquences de ce jeu, c’est que les Européens se préparent non seulement à encadrer sévèrement les méthodes des agences de notation, mais ils vont tout simplement créer des concurrents aux agences anglo-saxonnes, comme l’ont déjà fait les Chinois dont l’agence Dagong estime que les Etats-Unis sont entrés dans un processus de défaut sur leur dette. En perdant le monopole de la mesure du risque, Wall Street et
la City vont ainsi perdre leur aptitude à faire ou défaire les fortunes. Sources : CNBC, 02/06/2011 ; YahooNews, 10/06/2011 

 

L’Islande forge sa constitution 2.0

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 17 : 06

Déjà pionnière de l’e-démocratie, l’Islande fait appel à l’intelligence collective de ses citoyens et du monde entier pour rédiger sa nouvelle constitution. 


 

Fort d’un site Internet, de pages Facebook, Twitter, Youtube, Flickr et des profils publics de ses 25 membres, le Conseil Constitutionnel islandais interagit en toute aisance avec ses concitoyens, diffuse ses séances de travail en streaming vidéo et, chaque semaine, soumet le texte en développement aux suggestions du public local et international. Selon un membre du conseil interrogé par le Guardian, les Islandais s’impliquent avec détermination et enthousiasme. N’est-ce pas fascinant pour un citoyen de voir sa constitution émerger littéralement sous ses yeux et sous ses doigts ? 

L’insulaire nation scandinave (qui se sépara du Danemark en 1944) est dotée d’une constitution strictement calquée sur celle danoise; le terme « roi » remplaçant celui de « président ».  

L’initiative d’une constitution crowdsourcée a commencé par un brainstorming auprès de 950 personnes. Après élaboration participative et rédaction progressive, le texte final sera soumis à un référendum à l’été 2011. La version en développement comporte déjà de longs volets interdisant toute discrimination basée sur les origines ethniques ou sociales, garantissant le droit à une couverture médicale universelle (pour les troubles physiques et mentaux), la liberté académique (academic freedom), la protection des libertés électroniques et des ressources naturelles. La séparation des pouvoirs et des dispositions réglementaires dans le domaine financier sont également au menu. L’Islande autrefois prospère mais toujours aussi « confortable », subit durement les conséquences d’une crise financière qui la frappa de plein fouet en 2008-2009. 

Cette « constitution 2.0 » islandaise fait certes rêver mais son élaboration participative me semble d’autant plus efficace dans une petite nation démocratique, développée et faiblement peuplée (l’Islande ne compte que 320 000 habitants). Après quelques semaines à Reykjavik, on constate vite que tout le monde se connaît, s’est déjà vu un jour ou l’autre ou sait parfaitement « qui est qui et qui fait quoi »... 

Par ailleurs, une immense majorité d’Islandais disposent d’une ligne Internet personnelle ou professionnelle (avec plus de 90 000 lignes installées, l’Islande est le pays le plus connecté au monde) et doivent nécessairement « tuer le temps » devant l’ordinateur et/ou la télévision câblée pendant les maigres heures diurnes d’un long hiver quasi polaire. Outre des facteurs technologiques, la géographie particulière de l’Islande pèse donc lourdement sur ses réalités sociales, politiques et économiques. 

Quelques rares pays comme le Danemark,
la Suisse, le Luxembourg et peut-être le Canada seraient plus ou moins propices à des constitutions 2.0. Aux Etats-Unis, en France, en Russie, au Brésil ou en Inde, je crains un scénario plus compliqué ou plus enflammé…
 

  

En savoir plus : 

  

1.       The Guardian : Mob rule: Iceland crowdsources its next constitution 

2.       Readwriteweb : Iceland Pursues a User-Generated Constitution 

  

Charles Bwele 

Paris, France 

Electrosphere

Éclatement de la Yougoslavie : les anciennes élites à la recherche de la vérité

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 17 : 05

Écrit par Snežana ongradin 

28-06-2011


Yougoslavie, 20 ans après. Une cinquantaine de responsables et intellectuels de l’ancienne République fédérale se sont retrouvés début mai à Belgrade pour discuter des conditions de l’éclatement du pays. Nationalismes, crise économique et sociale, les participants ont tenté d’en identifier les causes. Une réunion qui a oscillé entre nostalgie et règlements de compte. Le reportage de Danas. 


Place Savska, près de la gare ferroviaire de Belgrade, coincé entre le cinéma pornographique Partizan et son sex shop, se loge le foyer des vétérans. Début mai, s’y sont rassemblés une cinquantaine de politiciens, généraux, historiens, intellectuels engagés de l’ancienne République Fédérale Socialiste de Yougoslavie (RFSY). Lors de cet événement, une table ronde intitulée « La vérité sur l’éclatement de
la Yougoslavie pendant les guerres des années 1990 » était organisée par le Comité de l’Association pour la vérité sur la lutte de libération (NOB). 

Dans le hall du foyer, décoré à la manière de l’ancienne Yougoslavie, des femmes rroms vaquent à l’entretien du bâtiment délabré. Elles discutent de
la Seconde Guerre mondiale et de la lutte contre le fascisme sous les photos qui représentent des scènes de combats. 

[1]Dans la salle de réunion, toutes les fenêtres sont fermées malgré la température extérieure qui atteint les 30°C [1]. Que les fenêtres soient fermées pour empêcher les courants d’air est la seule chose sur laquelle les participants se sont mis d’accord à l’unanimité, bien que les sujets traités soient des plus graves : crime, génocide, culpabilité et responsabilité. 

Les discussions furent passionnées et source de débats. « Il est arrivé ce qui nous est arrivés », ce fatalisme mis en avant par les intervenants les plus radicaux, a mis d’accord l’ensemble des participants. 

Les larmes de Sonja Lokar 

Ainsi, pour la majorité des participants, il semble que « cela » soit arrivé par hasard. Parmi ce panel d’élites issues de l’ancienne Yougoslavie, rares ont été ceux qui ont souligné leurs responsabilités dans cette sombre période. 

Sonja Lokar [2] a été l’une des rares à se remettre en question. « Nous n’avions aucune véritable vision, nous n’avions rien prévu ni rien fait pour l’empêcher. Cela a été notre erreur », a reconnu celle qui avait quitté en larmes le XIVe Congrès extraordinaire du Parti communiste de Yougoslavie le 22 janvier 1990, suivant ses collègues slovènes. 

Sonja Lokar n’a rien dit sur les responsables de l’éclatement sanglant et sur les crimes perpétués sur le territoire de l’ancienne Yougoslavie. Elle affirme néanmoins qu’« avec l’éclatement de
la Yougoslavie, nous avons perdu autant que nous sommes conscients de nous être trompés ». Pour elle, la situation économique des années 1980 constitue l’une des principales causes de l’éclatement de
la Yougoslavie. 

La sociologue slovène rappelle qu’avant l’entrée de
la Slovénie en UE, sur les 15 États membres, neuf étaient dirigés par les sociaux-démocrates. Depuis, le rapport de force a largement basculé en faveur des partis conservateurs. « Aujourd’hui, la droite conservatrice gouverne dans pratiquement tous les pays européens, mais la situation économique rappelle précisément celle de l’ancienne Yougoslavie à la fin des années 1980 », assure-t-elle. 


La Yougonostalgie de Raif Dizdarević 

Raif Dizdarević, ancien ministre yougoslave des Affaires étrangères et Président fédéral (1988-89), a fait le constat de la responsabilité des dirigeants de l’époque et de leurs remords. Contrairement à la plupart des participants, il affirme que les causes « de ce mal » sont liées uniquement aux problèmes intérieurs de
la Yougoslavie et non aux puissances étrangères. « Nous n’avons rien fait de ce qu’il aurait fallu faire », constate Dizdarević. 

« Mon dernier entretien avec Tito a eu lieu en novembre 1979 à Bugojna. Tito était tourmenté à cause de la situation économique qui régnait en Yougoslavie et de notre incapacité à prendre les mesures qui s’imposaient. Nous nous trouvions dans une profonde crise économique et il aurait fallu procéder aux réformes au plus tôt. Cela ne s’est fait qu’avec Ante Marković [3]. Mais ces réformes étaient condamnées à l’échec à cause des forces nationalistes destructrices », affirmé encore Raif Dizdarević. 

Le « complexe » de ceux qui ont perdu la guerre 

Il rappelle qu’à l’époque où il se trouvait à
la Présidence fédérale, le pays a sombré dans une grave crise économique. « En 1988, il y a eu tellement de circonstances malencontreuses que la question était déjà soulevée : ‘
la Yougoslavie avait-elle un avenir ?’ Nous avons commencé à organiser des rassemblements. D’abord à Novi Sad où nous avons finalement atteint notre objectif, celui de renverser les dirigeants de Voïvodine. C’était un précédent dangereux qui a enflammé le nationalisme. Face aux réactions, nous avons dû répondre avec fermeté et nous avons interdit les manifestations, en souhaitant sauvegarder l’ordre constitutionnel », précise enfin Raif Dizdarević. 

« Nous sommes confrontés au fait que ce sont les perdants qui aujourd’hui écrivent l’Histoire. Et ils le font avec un complexe de perdants. C’est ainsi que nous ne formerons que des générations qui perpétueront la tradition d’intolérance et de haine », estime Svetislav Stojakov, ancien professeur d’histoire de
la Faculté de Novi Sad. « Les citoyens ont demandé Milošević ! Souvenez-vous, les citoyens l’ont voulu », assène-t-il pour conclure. 

Des interventions controversées 

Certains participants ont tenu des propos plus controversés. Ainsi, l’ancien ambassadeur de Yougoslavie en Hongrie, Rudi Sova affirme que « l’histoire nationaliste ne doit pas être objective ». Selon lui, l’Histoire enseignée à l’école doit « apprendre aux enfants qu’il est bien d’être Serbe, Hongrois, etc. ». Sova a aussi évoqué en plus des ennemis intérieurs la présence d’un ennemi extérieur lors de la dévastation de
la Yougoslavie. 

De son côté, Ramiz Crnišanin, intellectuel de Novi Pazar a accusé l’Union européenne d’avoir eu l’intention de « chasser l’Islam et
la Turquie du territoire européen ». L’occasion pour le professeur Miroljub Asić, docteur en sciences, de rétorquer « si seulement elle avait réussi… ». 

Les participants n’ont pas réagi à de telles remarques, même lorsque certains ont mentionné l’inutilité du Mémorandum. Voilà pourquoi cette réunion laisse un goût quelque peu amer. Heureusement, de telles remarques sont de moins en moins fréquentes et ne sont plus source de conflits armés. 

Snežana Čongradin (Danas) Traduction Persa Aligrudić © Courrier des Balkans  

[1] à Belgrade, ce que l’on craint plus que tout, c’est la promaja, un légendaire courant d’air qui causerait toutes sortes de maux, NdT 

[2] sociologue slovène, élue députée lors des élections du printemps 1990, NdT 

[3] dernier Premier ministre de
la Fédération. Il a voulu mettre en place une ambitieuse politique de réformes économiques et tenté de maintenir unie
la Yougoslavie, NdT 



 

13 juillet 2011

Bush et les attentats du 11 septembre

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 3 : 53

Article de Michael C. Ruppert.

Il faut savoir à qui a profité le crime !

Traduit de l’américain et publié sur le site de « Le Grand Soir » le 26 février 2006.
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3342

Article traduit par Henri Viaud-Murat, publié autrefois sur le site Internet paroledevie.org (site fermé depuis Août 2007).

Note de Parole de Vie : La preuve formelle est à présent faite : l’administration Bush était parfaitement au courant des attentats du 11 Septembre, et elle a laissé faire. Pour notre part, connaissant l’implication de George W. Bush dans le Nouvel Ordre Mondial, nous sommes convaincus que ces attentats, comme tant d’autres, ont été délibérément planifiés par les dirigeants de ce Nouvel Ordre Mondial pour préparer la manifestation de l’Antichrist. Il est facile de savoir à qui a profité le crime !

Chronologie des événements liés au 11 Septembre : Si la C.I.A. et le gouvernement américain n’étaient pas impliqués dans les attentats, alors que faisaient-ils ?[Données étoffées et révisées le 20 août 2002 : les preuves d’une connaissance par avance, voire d’une complicité, de la part de l’Administration Bush dans les préparatifs des attentats du 11 septembre sont maintenant irréfutables.]

Le 31 octobre 2001, Le Figaro lance une bombe. En juillet dernier, Oussama ben Laden rencontre un haut fonctionnaire de la C.I.A., vraisemblablement le Chef de Station local. Il se trouvait alors à l’hôpital américain de Dubaï où il était traité pour une infection chronique des reins. La réunion a eu lieu à l’hôpital, dans la suite privée de Ben Laden, alors même qu’il était censé être un fugitif recherché pour les attentats contre deux ambassades américaines et pour l’attaque menée l’année dernière contre le navire de guerre USS Cole. Ben Laden était également menacé d’exécution selon un rapport de renseignement datant de l’année 2000, diffusé par le Président Bill Clinton avant qu’il ne quitte la présidence en janvier. Cependant, le 14 juillet 2001, on lui aurait permis de quitter Dubaï dans un avion privé et aucun avion de l’US Navy n’était là pour l’intercepter.

Les choses empirent et de beaucoup. Une chronologie plus complète des événements cruciaux avant et après les attaques suicides du 11 septembre, dont Ben Laden a été accusé, prouve que la C.I.A. en avait connaissance par avance. Elle suggère même la possibilité d’une complicité criminelle de la part du gouvernement américain dans l’exécution de ces attaques. Cette chronologie démontre aussi que certains événements postérieurs au 11 Septembre répondent à une volonté qui n’a rien à voir avec les attentats.

A mesure que les révélations sur les informations dont disposait par avance l’Administration Bush au sujet des attaques passe du silence au compte-goutte puis au déluge, il ne s’agit plus seulement de divulguer des informations, il s’agit maintenant d’empêcher les médias et le public de nier la réalité sous prétexte de répondre à la peur de l’anormal. Nombreux sont ceux qui savaient déjà que l’anormal est devenu norme, ce n’est que plus clair encore depuis que le premier avion a heurté le World Trade Center. Et au vu de ce que l’on sait maintenant, les choses ne seront pas résolues par une simple commission d’enquête, au prix de budgets exorbitants, par quelques renvois ou même par une procédure de mise en accusation du Président. Ce dont l’Amérique a besoin, et également le système économique mondial, ce n’est pas d’une simple réparation mais d’une transformation radicale.

1. 1991-1997 – Les principales compagnies pétrolières américaines, parmi lesquelles ExxonMobil, Texaco, Unocal, BP Amoco, Shell et Enron, investissent directement des milliards de dollars cash pour corrompre les hauts fonctionnaires de l’Etat du Kazakhstan et s’assurer une part des énormes réserves pétrolières de cette région. Elles s’engagent à investir directement au Kazakhstan près de 35 milliards de $. Refusant de payer des droits exorbitants pour l’utilisation des pipelines russes, ces compagnies n’ont aucun moyen de rentrer dans leur fonds.
[Source : "The Price of Oil" de Seymour Hersh, the New-Yorker, le 9 juillet 2001 - Asia Times, "The Roving Eye Part I", le 26 janvier 2002].

2. Janvier 1995 – La police des Philippines, en enquêtant sur un possible attentat contre le Pape, découvre l’existence d’une Opération « Bojinka » qui serait liée au terroriste Ramsi Youssef et au World Trade Center (WTC). Cette opération semble consister à jeter des avions de ligne détournés sur des cibles civiles. Des détails du plan seront révélés au procès de Youssef Ramzi, en 1997, après l’attentat à la bombe perpétré contre le WTC en 1993. [Source : Agence France-Presse, le 7 décembre 2001].

3. Le 4 décembre 1997 – Des représentants Talibans sont invités au quartier général texan d’Unocal pour négocier un accord concernant le projet d’oléoduc trans-Afghan. Des rapports indiqueront par la suite que les négociations ont échoué, soi-disant parce que les Talibans demandaient trop d’argent. [Source : B.B.C., le 4 décembre 1997].

4. Le 12 février 1998 – Le Vice-président d’Unocal, John J. Maresca – qui deviendra ambassadeur spécial en Afghanistan – témoigne devant le Congrès que tant qu’il n’y aura pas un gouvernement unifié en Afghanistan, il ne sera pas possible de construire un pipeline permettant de tirer profit du pétrole. [Source : Témoignage devant le Comité des Relations Internationales du Congrès].

5. Août 1998 – Après les attaques aux missiles de croisière menées par les Américains contre des cibles d’Al Qaeda en Afghanistan, pour répondre aux attentats contre deux ambassades américaines en Afrique, Unocal se retire officiellement du projet de gazoduc trans-Afghan CentGas. [Sources diverses, Unocal].

6. 1998 – La C.I.A. ignore les avertissements de son agent en poste à Riyad Robert Baer, qui signale que l’Arabie Saoudite hébergerait une cellule d’Al Qaeda dirigée par deux terroristes connus. En août 2001, Robert Baer propose aux Saoudiens une liste plus détaillée de terroristes également connus, mais ceux-ci la refusent. [Source : "Financial Times" le 21 janvier 2001 : "See No Evil" par Robert Baer (date de publication : février 2002)].

7. Avril 1999 – Enron investit 3 milliards de $ pour construire une centrale électrique à Dabhol, en Inde, mais perd l’accès aux abondantes réserves de gaz naturel du Qatar prévues pour servir de carburant à la centrale. Sa seule option pour que l’investissement reste profitable est un gazoduc trans-Afghan qui doit être construit par Unocal depuis le Turkménistan et qui aboutirait près de la frontière indienne, dans la ville de Multan. [Source : The Albion Monitor, le 28 février 2002].

8. 1998 et 2000 – L’ancien Président George H.W. Bush se rend en Arabie Saoudite en tant qu’émissaire de la société Carlyle, le 11e plus grand fabricant d’armes américain. Il rencontre en privé la famille royale Saoudienne et la famille Ben Laden. [Source : « Wall Street Journal », le 27 septembre 2001. Voir aussi FTW, Vol. IV, No 7 – « Les meilleurs ennemis que l’on puisse se payer »
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/carlyle.html ].

9. Mars 2000 – Un agent du FBI, prétendument énervé par un mauvais fonctionnement du logiciel Carnivore, qui aurait mélangé du courrier électronique anodin avec un autre en provenance d’Al Qaeda, détruit, à la base du FBI de Denver, toutes les communications des complices de Ben Laden interceptées dans le cadre d’une enquête antiterroriste. [Source : "Washington Post", Le 29 mai 2002].

10. 2000 (estim.) – Le FBI refuse de révéler la date d’une note interne révélant qu’un pays du Moyen-Orient a tenté d’acheter un simulateur de vol. [Source : Los Angeles Times, Le 30 mai 2002].

11. Août 2000 – Suivant des transcriptions obtenues par le Los Angeles Times, des agents soupçonnés d’appartenir à Al Qaeda, mis sur écoute par la police italienne, ont fait référence à de vastes projets d’attaques contre des aéroports, des avions et contre les Etats-Unis. Le Times suggère que l’information n’aurait pas été transmise aux autorités américaines (difficile à croire), mais le journal rapporte que les autorités italiennes se sont refusées à tout commentaire. Le Times note aussi que « les experts anti-terroristes italiens et américains coopèrent étroitement » [Source : Los Angeles Times, Le 29 mai 2002].

12. 24-26 octobre 2000 – Des officiers supérieurs du Pentagone se livrent à un exercice « détaillé » de secours sur le thème de la chute d’un avion de ligne détourné sur le Pentagone. [Source : The Mirror, Le 24 mai 2002].

13. Janvier 2001 – l’Administration Bush suspend les enquêtes du FBI et d’autres agences de renseignement sur la famille Ben Laden, y compris sur deux proches parents d’Oussama Ben Laden (Abdullah et Omar) qui vivent alors à Falls Church, Va., tout prés du quartier général de la C.I.A. Ces directives suivent des ordres datant de 1996 qui avaient déjà contrecarré les débuts d’enquête sur la famille de Ben Laden. [Source : B.B.C. Newsnight, Correspondant Greg Palast, le 7 novembre 2001].

14. Le 13 février 2001 – Richard Sale, le correspondant pour les affaires de terrorisme d’UPI – alors qu’il couvre le procès des membres du réseau Al Qaeda de Ben Laden – rapporte que la National Security Agency a réussi à décoder les communications de Ben Laden. Même si cela implique que Ben Laden a changé de codage en février, c’est en contradiction avec l’affirmation par le gouvernement américain que ces attaques avaient été planifiées – en secret – depuis des années.

15. Mai 2001 – Le Ministre des Affaires Etrangères Colin Powell donne une aide de 43 millions de $ au régime Taliban, prétendument pour les fermiers affamés après la destruction des cultures d’opium en janvier, sur les ordres des Talibans. [Source : Los Angeles Times, Le 22 mai 2001].

16. Mai 2001 – Le secrétaire d’Etat adjoint Richard Armitage, vétéran des services secrets et ancien commando de marine, entame une tournée officielle en Inde, tandis que le Directeur de la C.I.A. George Tenet rend visite officieusement au général Pervez Musharraf, Président du Pakistan. Armitage a des rapports étroits et de longue date avec les services de renseignements pakistanais. Il est raisonnable de supposer qu’à Islamabad, Tenet, à l’occasion de ce qui a été décrit comme « une réunion exceptionnellement longue », a aussi rencontré son homologue pakistanais, le lieutenant général Mahmud Ahmad, chef de l’ISI, les services de renseignement pakistanais. [Source : agence de presse SAPRA indienne, Le 22 mai 2001].

17. Juin 2001 – Les services de renseignements allemands, le BND, avertissent la C.I.A. et Israël que des terroristes du Moyen-Orient « projettent de détourner des avions commerciaux et de les employer comme armes pour attaquer des symboles importants de la culture américaine et israélienne. » [Source : Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 14 septembre 2001 ; voir aussi
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/f_a_
zeitung_story.html ].

18. Juillet 2001 – Des agents du FBI en Arizona rédigent un rapport dans lequel ils mentionnent leurs soupçons concernant un groupe de personnes du Moyen-Orient qui tentent de prendre des leçons de vol à Phœnix. Leur rapport mentionne spécifiquement Oussama Ben Laden et met en garde contre la possibilité d’actes terroristes. [Source : "New York Times", Le 14 mai 2002].

19. Eté 2001 – Le Conseil de Sécurité Nationale (NSC) convoque un groupe de travail au sujet de Dabhol [NdT : projet de centrale électrique implantée en Inde par Enron], un fait révélé par une série de courriers électroniques émanant du gouvernement et obtenus par le « Washington Post » et le New York « Daily News ». [Source : The Albion Monitor, le 28 février 2002].

20. Eté 2001 – Dans un article paru le 26 septembre dans le journal britannique The Guardian, David Leigh, un correspondant, annonce qu’un fonctionnaire du Pentagone, le docteur Jeffrey Starr, a visité le Tadjikistan en janvier. Felicity Lawrence, du Guardian, a établi que des Rangers américains entraînaient aussi des forces spéciales au Kirghizstan. Des informations non confirmées mentionnent que des forces spéciales Uzbek et Tadjik seraient également entraînées en Alaska et au Montana.

21. Eté 2001 (est.) – Le général pakistanais Ahmad, chef de l’ISI (voir ci-dessus), demande à un assistant d’effectuer un virement bancaire de 100,000 $ en faveur de Mohammed Atta qui était, selon le FBI, le chef de l’équipe responsable des détournements d’avions suicide. Ahmad a démissionné depuis cette révélation en Inde, confirmé par le FBI. L’individu qui a effectué le virement bancaire à la demande d’Ahmad est Ahmad Omar Sheik, le principal suspect dans l’enlèvement et le meurtre de Daniel Pearl, reporter du « Wall Street Journal ». [Source : The Times of India, octobre 11 2001].

22. Eté 2001 – Newswire online.ie rapporte le 14 septembre qu’un Iranien a téléphoné a la police américaine pour prévenir d’une attaque imminente contre le WTC la semaine du 9 septembre. La police allemande confirme les appels, mais déclare que les Services secrets américains ne fourniraient pas d’informations supplémentaires.
[Sources :http://www.online.ie/news/viewer.adp?Article=1512332.html http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/online_ie_story.html ].

23. Eté 2001 – Les services de renseignements jordaniens, le GID, interceptent des communications jugées si importantes que les agents du Roi Abdallah les transmettent à Washington, probablement par la voie de la station de la C.I.A. à Amman. Pour être sûr que le message soit bien transmis, il est également relayé à un agent des services de renseignements allemands par le biais d’un intermédiaire arabe. Le message révèle qu’une attaque majeure est projetée à l’intérieur des Etats-Unis et qu’un ou plusieurs avions seront utilisés. Le nom de code de l’opération est « le Grand Mariage. » Quand cette information devient embarrassante pour l’administration Bush et ses supporters au Congrès (ceux-ci ont d’abord nié avoir reçu un tel avertissement avant le 11 septembre), de hauts fonctionnaires jordaniens se sont rétractés. Cette affaire a été confirmée par le journaliste d’ABC John K. Cooley. [Source : International Herald Tribune (IHT), Le 21 mai 2002].

24. Eté 2001 (est). – L’Agence de Sécurité Nationale [NSA] intercepte des conversations téléphoniques entre l’adjoint de Ben Laden, Khalid Shaikh Mohammed, et Mohammed Atta, mais ne retransmet pas ces informations aux autres agences fédérales. [Source : Jonathan Landay, Knight Ridder, journaux, le 6 juin 2002].

25. Le 26 juin 2001 – Le magazine indiareacts.com déclare que « l’Inde et l’Iran collaboreront aux plans américains et russes pour « une opération militaire limitée » contre les Talibans. » L’article indique que les combats seront menés par des troupes américaines et russes avec l’aide du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. [Source : indiareacts.com, le 26 juin 2001].

26. Eté 2001 – Les services de renseignements russes signalent à la C.I.A. que 25 terroristes ont reçu une formation de pilotage spécifiquement pour des missions de détournement d’avions de ligne. L’annonce parue dans la presse russe est traduite pour FTW par un officier de la C.I.A. retraité. (Note : l’article, actuellement sur le site Web de Izvestia, a été tronqué depuis et il en manque un paragraphe clef.) [Source : Izvestia, le 12 septembre 2001,
http://www.fromthewilderness.com/free/
ww3/izvestia_story_pic.html ].

27.  4-14 juillet 2001 – Oussama Ben Laden est soigné pour sa maladie de reins à l’hôpital américain de Dubaï et il rencontre un fonctionnaire de la C.I.A., qui retourne au quartier général de la C.I.A. le 15 juillet. [Source : Figaro, le 31 octobre 2001].

28. Le 15 juillet 2001 – Les membres du G8, réunis à Gênes en l’Italie, discutent des Talibans, des pipelines et de la capture d’Oussama Ben Laden. Selon l’Ambassadeur pakistanais Naiz Naik, la délégation américaine, conduite par l’ancien Ambassadeur de Clinton au Pakistan Tom Simmons a prévenu « d’une option militaire » si les Talibans ne changeaient pas de position. [Source : Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquie, "Ben Laden : La Vérité Interdite," pp 76-77 avec l’aide du prof. Peter Dale Scott].

29. Juillet 2001 – Immédiatement après le sommet du G8, trois officiels américains, Tom Simmons (ancien ambassadeur américain au Pakistan), Karl Inderfurth (ancien Secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires du Sud asiatique) et Lee Coldren (ancien conseiller au Département d’Etat pour le Sud asiatique), rencontrent des officiers de renseignements pakistanais et russes à Berlin et les préviennent que les Etats-Unis projettent une action militaire contre l’Afghanistan en octobre. Un livre français sorti en novembre, « Ben Landen – La Vérité Interdite, » révèle que des représentants Talibans étaient souvent présents lors de ces réunions. Des journaux britanniques confirment que l’ISI pakistanaise a relayé les menaces aux Talibans. [Source : The Guardian,, le 22 septembre 2001 ; la B.B.C., le 18 septembre 2001 ; The Inter Press Service, le 16 novembre 2001 ; Alexander’s Gas and Oil Connections, le 21 février 2002].

30. Juillet 2001 – Durant le sommet du G8 en Italie, la défense anti-aérienne est en alerte autour de Gênes et l’espace aérien local est fermé aux vols commerciaux. Des fonctionnaires de la Sécurité italienne et égyptienne (le Président Hosni Moubarak compris), avaient averti les renseignements américains que des avions de ligne bourrés d’explosifs pourraient être employés pour attaquer le Président Bush. Des officiels américains déclarent que ces avertissements « ne sont pas fondés » (mais ne vont pas jusqu’à retirer les défenses antiaériennes.) [Source : Los Angeles Times, le 27 septembre 2001].

31. Le 26 juillet 2001 – CBS NEWS annonce que John Ashcroft a arrêté de voler sur des lignes aériennes commerciales du fait d’une réévaluation des menaces contre les vols commerciaux. Ashcroft déclare à la presse qu’il n’a aucune idée de ce qui a causé cette réévaluation.

32. Le 2 août 2001 – L’ambassadeur américain au Pakistan, Christine Rocca (un ancien officier de C.I.A.), rencontre à Islamabad un ambassadeur Taliban et exige l’extradition de Ben Laden. C’est la dernière réunion avérée sur ce sujet. [Source : Brisard et Dasquie, p 79 avec l’aide du prof. Peter Dale Scott].

33. Août 2001 – Le FBI arrête à Boston un militant islamique lié à Ben Laden. Des sources provenant des services de renseignement français confirment que l’homme est un membre clef du réseau de Ben Laden, et le FBI apprend qu’il a pris des leçons de vol. Au moment de son arrestation, l’homme est en possession d’informations techniques sur les avions Boeing et de manuels de vol. [Source : Reuters, le 13 septembre 2001].

34. Le 11 ou 12 août 2001, « Le lieutenant de Marines américain Delmart « Mike » Vreeland, emprisonné à Toronto pour accusations américaines de fraude, fait état de sa qualité d’officier de renseignement de l’US Navy et décrit en détail l’attaque imminente contre le WTC dans une lettre qu’il scelle et remet aux autorités canadiennes. [Source : The Toronto Star, le 23 octobre 2001 ; Comptes rendus d’audience de la cour d’appel de Toronto].

35. Août 2001 – Comme cela a été rapporté dans l’International Herald Tribune, un magazine français (dont le nom n’est pas communiqué) et un journal marocain annoncent simultanément qu’un agent marocain nommé Hassan Dabou avait infiltré Al Qaeda, au point de devenir proche de Ben Laden. Ce dernier aurait exprimé sa déception après l’échec de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center. Dabou aurait été rappelé aux Etats-Unis suite à ce rapport, ce qui l’aurait empêché de rester en contact avec Al-Qaeda et de continuer à glaner des renseignements supplémentaires, qui auraient pu prévenir les attaques. Quoique non prouvées, ces informations n’ont suscité aucune réaction officielle. [International Herald Tribune, Le 21 mai 2002].

36. Août 2001 – Le Président russe Vladimir Poutine ordonne aux renseignements russes de mettre en garde le gouvernement américain sans ambiguïté quant à l’imminence d’attaques sur des aéroports et des bâtiments américains. [Source : MSNBC, interview avec Poutine, le 15 septembre 2001].

37. Août 2001 – Dans son ranch de Crawford, au Texas, le Président Bush reçoit des rapports de renseignement indiquant qu’Oussama Ben Laden pourrait projeter de détourner des avions de ligne commerciaux. [CBS NEWS ; CNN, Le 15 mai 2002].

38. Fin août 2001 – Le Prince Turki, chef pro-américain des services de renseignements saoudiens (connu également pour être proche de Ben Laden), est remplacé par son demi-frère, plus neutre, le Prince Nawwaf qui est un allié du Prince héritier Abdullah. [Source : Saudi Arabian Information Resource, le 31 août 2001 ; http://www.saudinf.com avec l’aide du Prof. Peter Dale Scott].

39. Août/septembre 2001 – L’indice du Dow Jones chute de presque 900 points dans les trois semaines qui précèdent l’attaque. Un crash boursier majeur est imminent.

40. Août/septembre 2001 – D’après une note détaillée de 13 pages écrite par l’agent du FBI Colleen Rowley de Minneapolis, le quartier général du FBI ignore des avertissements urgents et directs en provenance des services secrets français annonçant des attentats imminents. De plus, un Agent Spécial Superviseur (SSA) à Washington fait des efforts particuliers pour contrecarrer l’enquête du bureau de Minneapolis au sujet de Zacarias Moussaoui, allant jusqu’à réécrire une déclaration sous serment faite par Rowley pour obtenir un mandat afin de perquisitionner l’ordinateur portable de Moussaoui. La note de Rowley contient les termes « saboter délibérément », « bloquer », « intégrité », « omettre », « minimisé », « dissimulation », « représentation fallacieuse », « raisons politiques incorrectes », « contrecarrer délibérément », « saper délibérément », « supprimer » et « pas vraiment honnête. » Ces termes ne décrivent pas tant la négligence que des décisions délibérées. Les agents de terrain du FBI réclament désespérément un soutien pour leur enquête, mais en vain. Un agent spécule que Ben Laden pourrait projeter de jeter des avions de ligne contre le WTC, tandis que Rowley note ironiquement que l’agent superviseur qui avait délibérément suspendu l’enquête a été promu après le 11 septembre. [Source : AP, le 21 mai 2002].

41. 3-10 septembre 2001 – MSNBC rapporte le 16 septembre qu’une semaine avant le 11 septembre, pendant une émission radio sur les Îles Caïman, un auditeur a prévenu d’une attaque imminente sur les Etats-Unis, qui serait perpétrée par Ben Laden.

42. Début septembre 2001 – Un document interne du FBI, basé sur des notes de terrain des agents du Minnesota, révèle que ceux-ci avaient enquêté puis interrogé « le 20e pirate de l’air, » Zacarias Moussaoui. Les notes de terrain suggèrent que Moussaoui, qui avait pris des leçons de vol, pourrait vouloir jeter un avion de ligne contre le WTC. Il est intéressant de noter qu’un mandat demandé par ces agents, pour perquisitionner l’ordinateur portable de Moussaoui, leur a été refusé. Les renseignements français confirment au FBI que Moussaoui a bien des liens avec des groupes terroristes et qu’il se serait rendu en Afghanistan. Les agents n’avaient aucune connaissance du rapport Phœnix (voir paragraphe 18). Un article de presse rapporte que les agents étaient absolument convaincus que Moussaoui allait commettre quelque chose avec un avion. » [Source : Newsweek, Le 20 mai 2002, par Michel Isikoff].

43. 1-10 septembre 2001 – Dans le cadre d’une opération militaire baptisée « Swift Sword, » en préparation depuis quatre ans, 23.000 soldats britanniques sont dépêchés vers Oman. Les attentats causeront une hésitation dans leur déploiement, mais cette opération d’envergure se déroulera comme projetée. Dans le même temps, deux flottes de combat de la marine américaine prennent position dans le Golfe d’Arabie, tout près des côtes pakistanaises. Au même moment, environ 17.000 soldats américains rejoignent 23.000 soldats de L’OTAN déjà déployés en Egypte pour l’Opération « Bright Star. » Toutes ces forces sont en place avant que le premier avion ne frappe le WTC. [Sources : The Guardian ; CNN ; Fox ; The Observer ;Professeur de droit international Francis Boyle, Université de l’Illinois].

44. Le 7 septembre 2001 – Jeb Bush, Gouverneur de Floride, (et frère du Président Bush) signe un décret d’état d’urgence pour deux ans (01-261) qui comprend de nouvelles dispositions plaçant la Garde nationale de Floride à disposition de la police et des services de secours en cas de catastrophes naturelles ou engendrées par des actes de terrorisme. [Source : listing sur site web des décrets du Gouverneur].

45. Les 6-7 septembre 2001 – Un total de 4.744 options d’achat à la baisse d’actions d’United Airlines, [spéculation sur la baisse des actions] sont achetés, contre seulement 396 options d’achat à la hausse (spéculation sur la hausse des actions). Il s’agit là d’une augmentation spectaculaire et anormale des ventes d’options d’achat à la baisse sur United Airlines. Un grand nombre en a été acheté à travers la Deutschebank/ A.B. Brown, une société dirigée jusqu’en 1998 par le directeur actuel de la C.I.A., A.B. « Buzzy » Krongard. [Source : The Herzlia International Policy Institute for Counterterrorism (ICT), le 21 septembre 2001 (Note : l’article sur l’éventuel délit d’initié commis par les terroristes est paru huit jours après les attentats du 11 sept.) ; "New York Times" ; "Wall Street Journal" ; San Francisco Chronicle, le 29 septembre 2001].

46. Le 10 septembre 2001 – 4.516 options d’achat à la baisse d’actions d’American Airlines sont achetées, contre 748 achetées à la hausse. [Source : Herzlia Institut - ci-dessus].

47. 6-11 septembre 2001 – Aucune action d’aucune autre compagnie aérienne ne s’échange de la même façon que pour United et American. Les achats d’options à la baisse sur ces deux compagnies sont de 600 % au-dessus de la normale. A noter que ceci arrive le 10 septembre, au moment où Reuters publie l’annonce que « les actions des compagnies aériennes sont sur le point de repartir à la hausse. »

48. 6-10 septembre 2001 – Un nombre tout à fait anormal d’options à la baisse sont achetés à Merill Lynch, Morgan Stanley, AXA Re (assurance) qui possède 25 % d’American Airlines et Munich Re. Toutes ces sociétés subiront directement les conséquences des attentats du 11 septembre. [Source : ICT, ci-dessus ; FTW, le 18 octobre 2001,
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/oct152001.html ].

49. La C.I.A., le Mossad et beaucoup d’autres agences de renseignements surveillent les transactions financières en temps réel en utilisant des programmes dérivés du logiciel Promis. Leur but est justement d’alerter les services de renseignement nationaux, car une anomalie peut préfigurer de telles attaques. En juin 2001, on avait annoncé qu’Oussama Ben Laden était en possession du logiciel Promis. Par ailleurs, suite à de récentes informations diffusées par Fox, le FBI et le Ministère de la Justice ont confirmé avoir utilisé ce logiciel afin de collecter des renseignements, au moins jusqu’à l’été 2002. Cela tendrait à confirmer que la C.I.A. aurait eu d’autres avertissements sur l’imminence des attentats. [Sources : le « Washington Times », le 15 juin 2001 ; Fox, le 16 octobre 2001 ; FTW, le 26 octobre 2001,
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/magic_carpet.html FTW, Vol. IV, No 6, le 18 septembre 2001
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/sept1801.html FTW, Vol. III, No 7, septembre. 30, 2000
http://www.fromthewilderness.com/free/
pandora/052401_promis.html ].

50. Le 9 septembre 2001 – Le Président George W. Bush, se fait présenter des plans de guerre détaillés pour annihiler Al Qaeda, d’après des sources américaines et étrangères relayées par NBC news. [Source : MSNBC, Le 16 mai 2002, avec l’aide du prof Peter Dale Scott].

51. Le Grand Soir a été informé d’un changement concernant la chronologie de Michael Ruppert. Il porte sur le point numéro 51, la traduction des causes de changement est proposée à la suite : Le 10 septembre 2001 – Ce paragraphe a été modifié à la demande de la partie nommée dans cette entrée. Une procédure judiciaire récente – qui est arrivée après l’information que nous avons citée- a montré qu’il n’y avait pas de connexion entre l’information citée ici, la personne qui était citée et les attentats du 11 septembre. A la demande de la partie précédemment nommée, FTW a remplacé la récompense de 1000$ par une donation de 1000$ au Children’s Defense Fund, de la part de la partie citée et la question est maintenant résolue à l’amiable sans animosité entre la partie concernée et FTW. »

52. Le 10 septembre 2001, selon Newsweek, plusieurs hauts fonctionnaires du Pentagone ont soudain annulé leur voyage prévu pour le matin suivant, apparemment par souci de sécurité. [Source : Newsweek, le 24 septembre 2001, par Evan Thomas].

53. Le 11 septembre 2001 – Le vol 23 de United Airlines, prévu de New York à Los Angeles, est retardé après que quatre passagers musulmans aient exigé que l’avion décolle immédiatement. Cela s’est apparemment produit après que le premier avion ait frappé le WTC. Les passagers ont été évacués de l’appareil. [Source : The Globe and Mail, le 13 juin 2002].

54. Le 11 septembre 2001, le général Mahmud de l’ISI (voir §16), ami de Mohammed Atta, vient à Washington de la part des Talibans. Il rencontre les Présidents des Commissions de Renseignements des deux chambres du Congrès : le député Porter Goss (R-Fla) et le sénateur Bob Graham (D-Fla.) [Source : MSNBC, le 7 octobre 2001 ; "New York Times", le 17 février 2002].

55. Le 11 septembre 2001 – Des employés d’Odigo, en Israël, l’une des plus grandes sociétés mondiales de messagerie instantanée, et qui dispose de bureaux à New York, reçoivent des avertissements concernant un attentat imminent contre le WTC, moins de deux heures avant le premier impact. Les autorités n’ont fait mention d’aucune enquête relative à ces faits. Les bureaux de recherche et développement d’Odigo en Israël se trouvent dans la ville de Herzlia, une banlieue luxueuse de Tel-Aviv, où se trouve également l’Institut du Contre-Terrorisme, qui huit jours plus tard publiera un rapport détaillé sur les délits d’initiés d’avant le 11 septembre. [Source : Daniel Sieberg de CNN, le 28 septembre 2001 ; MSNBC Newsbytes, Brian McWilliams, le 27 septembre 2001 ; Ha’aretz, le 26 septembre 2001].

56. Le 11 septembre 2001 – Pendant 50 minutes, de 8h15 jusqu’à 9h05, alors que la FAA [Agence Fédérale de l’Aviation] et les militaires savent très bien que quatre avions ont été simultanément détournés, personne apparemment ne prévient le Président des Etats-Unis. Ce n’est que vers 9:30 que quelques avions de l’Armée de l’air sont dépêchés pour les intercepter, mais il est alors trop tard. Cela signifie que l’Autorité de Commandement National (NCA) a attendu 75 minutes avant de déployer des avions, tout en sachant que quatre détournements simultanés avaient eu lieu [Source : CNN ; ABC ; MSNBC ; Los Angeles Times ; « New York Times » ;
www.tenc.net ].

57. 11-12 septembre 2001 – Presque un mois avant la première attaque biochimique répertoriée, les employés de la Maison-Blanche reçoivent le puissant antibiotique Cipro contre le charbon (anthrax). Vers la fin de l’année, on apprendra que les bacilles d’anthrax envoyés contre les sénateurs Leahy et Daschle (deux démocrates libéraux) ont été produits dans le cadre de programmes de la C.I.A. coordonnés par Fort Detrick, le Batelle Memorial Institute et le Dugway Proving Ground [Source : NBC ; CNN ;
www.tetrahedron.org, www.judicialwatch.org].

58. Le 13 septembre 2001 – La Chine est admise rapidement dans l’Organisation Mondiale du Commerce, après des années de vaines tentatives. [Source : "New York Times", le 30 septembre 2001].

59. Le 14 septembre 2001 – Des employés de prison canadiens ouvrent l’enveloppe scellée par Mike Vreeland à Toronto et constatent qu’il a décrit les attaques contre le WTC et le Pentagone. La Navy déclare aussitôt que Vreeland a été réformé en 1986 pour mauvais service en tant que marin et qu’il n’a jamais travaillé dans les renseignements. [Source : The Toronto Star, le 23 octobre 2001 ; Comptes rendus d’audience de la cour d’appel de Toronto].

60. Le 15 septembre 2001 – Le « New York Times » annonce que Mayo Shattuck III a démissionné, avec effet immédiat, de son poste de chef de l’Unité Alex Brown (A.B.) de la Deutschebank.

61. Le 29 septembre 2001 – Le San Francisco Chronicle annonce que 2,5 millions de $ d’options à la baisse sur American Airlines et United Airlines n’ont pas été réclamées. C’est probablement le résultat de la suspension des transactions à la Bourse de New York après les attaques, qui ont donné à la Commission Securities and Exchange le temps de se préparer à identifier les acheteurs qui viendraient collecter leurs actions à la baisse.

62. Le 10 octobre 2001 – Le journal pakistanais The Frontier Post annonce que l’Ambassadrice américaine Wendy Chamberlain a appelé le ministre du pétrole pakistanais. Le gazoduc Unocal qui doit partir du Turkménistan et passer à travers l’Afghanistan jusqu’au Pakistan est de nouveau à l’ordre du jour « du fait des récents événements géopolitiques. »

63. Le 11 octobre 2001 – Le Ministre de la Justice Ashcroft dessaisit le procureur de New York de tous les dossiers de terrorisme, alors que ses actions judiciaires précédentes contre des terroristes connectés à Oussama Ben Laden avaient été couronnées de succès. [Source : "New York Times", le 11 octobre 2001].

64. Mi-octobre 2001 – L’indice Dow Jones, après avoir chuté brutalement à la suite des attentats, est remonté pratiquement au même niveau qu’auparavant. La Bourse reste faible et vulnérable cependant aux comptes-rendus à la baisse. Mais un crash a été évité grâce à une injection massive de fonds publics dans des programmes de défense, à des subventions aux industries « touchées » par les attentats, et grâce à l’annonce de réductions sur l’impôt corporatif.

65. Le 21 novembre 2001 – Le journal Britannique The Independent publie un article intitulé « Les planteurs d’opium se réjouissent de la défaite des Talibans. » L’article explique qu’une vague de plantation de pavot a commencé dans tout l’Afghanistan.

64. Le 25 novembre 2001 – The Observer publie une enquête intitulée « Les seigneurs de la guerre victorieux ouvrent le robinet de l’opium. » ["Victorious Warlords Set To Open the Opium Floodgates."] Le journal annonce que les fermiers sont encouragés par des chefs militaires alliés aux Américains à « planter autant d’opium que possible. »

67. Le 4 décembre 2001 – Ayub Afridi, un parrain connu du trafic d’opium, est recruté par le gouvernement américain pour établir un contrôle sur l’Afghanistan en unifiant les divers chefs militaires pachtounes. L’ancien trafiquant d’opium, qui était l’un des principaux atouts de la C.I.A. dans la guerre contre les Russes, est libéré de prison pour cette mission. [Source : The Asia Times Online, le 4 décembre 2001].

68. Le 25 décembre 2001 – Le Premier Ministre afghan nouvellement nommé, Hamid Karzai, se révèle être un ancien consultant d’Unocal. [Source :Le Monde].

69. Le 3 janvier 2002 – le Président Bush nomme Zalmy Khalilzad représentant spécial en Afghanistan. Khalilzad, ancien employé d’Unocal, avait aussi écrit des chroniques et commentaires dans le « Washington Post » en 1997, qui soutenaient le régime Taliban. [Source : Pravda, le 9 janvier 2002].

70. Le 4 janvier 2002 – Le trafic de drogue en Floride explose après le 11 septembre. Comme pendant les années 1980, le fait de canaliser ailleurs des ressources prévues pour la lutte contre la drogue ouvre la porte à un déferlement de cocaïne et d’héroïne en provenance d’Amérique du Sud. ["Christian Science Monitor", le 4 janvier 2002].

71. Le 10 janvier 2002 – Depuis la salle d’audience et en présence de la cour, les avocats de Mike Vreeland appellent le central téléphonique du Pentagone, qui confirme que Vreeland est en effet un lieutenant naval en activité. L’opératrice fournit le numéro de son bureau et celui de sa ligne directe. [Source : avocat Rocco Galati ; Toronto, Comptes rendus d’audience de la cour].

72. Le 10 janvier 2002 – Le Ministre de la Justice John Ashcroft se récuse de l’enquête sur Enron, parce que l’entreprise avait été l’un des donateurs principaux de sa campagne sénatoriale en 2000. En revanche il omet de se récuser de deux grands jurys fédéraux convoqués pour examiner des accusations de corruption contre Exxon Mobil et BP Amoco, qui ont chacun des intérêts pétroliers énormes en Asie Centrale. Ces deux sociétés avaient également contribué à la campagne sénatoriale d’Ashcroft en 2000. Les accusations en l’occurrence seront déboutées. [Source : CNN, le 10 janvier 2002 ; FTW, « The Elephant in the Living Room, Part I, » le 4 avril 2002
http://www.fromthewilderness.com/free/ww3/0326
02_elephant.html ].

73. Le 23 janvier 2002 – Le reporter du « Wall Street Journal » Daniel Pearl est enlevé au Pakistan. Sa mort est annoncée le 21 février. Ahmad Omar Sheik, ancien assistant du Général Ahmad, est arrêté le 12 février et désigné comme le suspect principal. Des sources judiciaires proches du gouvernement pakistanais révèlent à FTW que Pearl s’intéressait à l’ISI, les services secrets pakistanais. [Source : www.CNN.com ].

74. Le 9 février 2002 – Le général pakistanais Musharraf et le Président Afghan Hamid Karzai annoncent leur « coopération dans tous les domaines, » y compris en ce qui concerne le projet de pipeline centre asiatique. Le Pakistan donnera 10 millions de $ au gouvernement afghan pour aider à payer les ouvriers. [Source : The Irish Times, le 9 février 2002].

75. Le 18 février 2002 – Le « Financial Times » annonce que la moisson d’opium en Afghanistan au printemps 2002 devrait atteindre un record de 4,500 tonnes.

76. Mi-avril, 2002 – Le président de la Banque Mondiale James Wolfensohn annonce, lors de l’ouverture des bureaux de la Banque Mondiale à Kaboul, qu’il a entamé des pourparlers pour le financement du gazoduc trans-Afghan. Il confirme que 100 millions de $ de nouvelles subventions seront mis à la disposition du gouvernement intérimaire afghan. Wolfensohn annonce également qu’un certain nombre de sociétés ont déjà exprimé leur intérêt pour le projet. [Source : Alexander’s Gas and Oil Connectiols, citant l’agence France-Presse].

77. Le 13 mai 2002 – La B.B.C. annonce que l’Afghanistan est sur le point de signer un accord portant sur 2 milliards de $ pour la construction du gazoduc qui irait du Turkménistan au Pakistan et à l’Inde. L’article précise que le travail sur le projet commencera dès qu’un accord aura effectivement été conclu à l’occasion d’un sommet prévu pour la fin du mois. Unocal construira le pipeline. [Source : B.B.C., Le 13 mai 2002].

78. Mai 2002 – Différentes sources rapportent des progrès dans les projets de construction d’un gazoduc et d’un l’oléoduc. Ces sources laissent entendre qu’Unocal sera à nouveau prétendant à la construction du gazoduc Centgas, bien que la société se soit retirée du projet en 1998. Interrogée, Unocal déclare ne pas chercher à raviver le projet de gazoduc, mais ne fait aucune mention de l’oléoduc présenté par des sources locales comme un projet en voie de réalisation. [Source : The Dawn Group of Newspapers, Le 7 mai, Le 17 mai, Le 22 mai 2002].

79. Le 30 mai 2002 – Le président intérimaire afghan, Hamid Karzai, le Président Niyazov du Turkménistan et le président pakistanais Musharraf se rencontrent à Islamabad pour signer un mémorandum sur le projet de gazoduc trans-Afghan. Les trois présidents se rencontreront pour davantage de pourparlers sur le projet en octobre. L’accord Turkmeno-Afghano-Pakistanais sur le gazoduc a été publié et peut être consulté sur le site web suivant :
http://www.gasandoil.com/goc/news/nts22622.html [Source : NewsBase, le 5 juin 2002].

80. Le 16 mai 2002 – Le Porte-parole pour la presse de la Maison Blanche Ari Fleischer déclare que le Président Bush a bien été averti de la possibilité de détournements d’avions, mais que « celui-ci n’a pas été informé de la possibilité que des kamikazes puissent utiliser des avions comme missiles. » [Source : CBS NEWS, Le 15 mai 2002].

81. Le 19 mai 2002 – L’ancien agent du FBI Tyrone Powers, maintenant professeur au Anne Arundel Community College, déclare sur la station de radio KISS 98.7 disposer de preuves tangibles que l’Administration Bush a en fait « permis » les attentats du 11 septembre, afin de mettre en application une politique cachée.
[Source : http:// www.indymedia.org – Le 20 mai 2002].

82. Le 31 mai 2002 – Emu aux larmes, l’Agent du FBI Robert Wright donne une conférence de presse au Club de Presse National et décrit le procès qu’il a intenté contre le FBI. Il accuse l’agence fédérale d’avoir délibérément entravé des enquêtes qui auraient pu empêcher les attentats du 11 septembre. Il emploie des mots comme « empêché », « contrecarré », « entravé », « menacé », « intimidé » et « vengeance » pour décrire les actions entreprises par ses supérieurs, qu’il accuse d’avoir bloqué ses tentatives de couper les sources de financement d’Al Qaeda et d’autres groupes terroristes. Il ne parle pas de négligence mais d’actions délibérées et malveillantes. [Source : site Web de Cspan].

83. Le 4 juin 2002 – Le Lieutenant-Colonel Steve Butler de l’US Air Force, qui avait traité le Président Bush de « farce » et l’avait accusé d’avoir permis les attentats du 11 septembre, est suspendu de son poste à la Defense Language School de Monterey en Californie et pourrait passer en cour martiale. [Source : AP, le 4 juin 2002].

84. Le 17 juin 2002 – Reuters annonce que le Colonel Butler ne passera pas en cour martiale. (Je suppose qu’il y avait assez d’éléments en l’occurrence pour prouver qu’il avait raison. – MCR) [Reuters, le 17 juin 2002].

85. Le 2 juillet 2002 – Une demande écrite faite par Zacarias Moussaoui auprès la cour fédérale est décachetée ; Moussaoui indique qu’il veut témoigner devant un grand jury et le Congrès. Il affirme être en possession d’informations qui prouvent que le gouvernement américain voulait que ces attentats se produisent. [Source : le "Washington Post", le 3 juillet 2002].

86. Le 3 juillet 2002 – Le tout premier envoi de pétrole russe, 200,000 tonnes, arrive à Houston. [Source : The Moscow Times, le 6 juillet 2002].

87. Le 6 juillet 2002 – Le vice-président Afghan Hajji Abdul Qadir est assassiné par des chefs militaires Afghans. Le « New York Times » rapporte que Qadir pourrait avoir été assassiné par des trafiquants d’opium contrariés par ses efforts pour ralentir l’explosion des cultures d’opium, depuis l’arrivée des Américains. Qadir supervisait un programme d’éradication, en collaboration avec l’Ouest, selon le Times. Toutefois, les trafiquants d’opium de la région sont patronnés, protégés et, dans certains cas, ont même été sortis de prisons par la C.I.A., quand ils ne sont pas carrément sous la protection du représentant spécial du Président Bush, Zalmay Khalilzad. L’information circule que l’opium cru serait raffiné près des bases américaines de Kandahar. [Sources : "New York Times", le 8 juillet 2002 ; Far Eastern Economic Review, le 18 avril 2002].

L’article paru dans le Figaro le 31 octobre

Maintenant, revenons à l’article paru dans le Figaro le 31 octobre, au sujet de la réunion entre Oussama Ben Laden et un officier de la C.I.A. à Dubaï en juillet 2001.

L’article relate ceci : « Au cours de son séjour à l’hôpital, Oussama Ben Laden a reçu la visite de nombreux membres de sa famille [finie la théorie que Ben Laden serait la brebis galeuse de sa famille ! - MCR] et de dignitaires des Emirats et d’Arabie Saoudite. Au même moment, de nombreux témoins attestent de la venue du représentant local de la C.I.A., observé prenant l’ascenseur et se rendant à la chambre de Ben Laden.

« Plusieurs jours plus tard, l’agent de C.I.A. s’est vanté en privé d’avoir rendu visite au millionnaire saoudien. De sources autorisées, cet agent s’est ensuite rendu au quartier général de la C.I.A. le 15 juillet, le lendemain du départ de Ben Laden pour Quetta.

« Selon diverses sources diplomatiques arabes et d’après les services de renseignements français eux-mêmes, des informations précises ont été communiquées à la C.I.A. concernant des attaques terroristes qui viseraient des intérêts américains dans le monde, y compris aux Etats-Unis.

« Embarrassés, des officiers de renseignements américains ont demandé, lors d’une réunion avec leurs homologues français, des détails précis sur des activistes algériens connectés à Ben Laden par le biais d’institutions bancaires à Dubaï, sans donner d’explication sur la nature exacte de leur enquête. A la question : « Que craignez-vous dans les jours à venir ? », les Américains ont répondu par un incompréhensible silence. « Au cours de son enquête, le FBI a découvert l’existence de projets conjoints élaborés au fil des années entre la C.I.A. et ses alliés islamistes. La réunion à Dubaï, en ce sens, cadrerait avec « une certaine politique américaine. »

Bien que le Figaro ait publié la confirmation par le personnel de l’hôpital de Dubaï du passage de Ben Laden, un article publié le 1er novembre cite des membres du personnel de l’hôpital infirmant les premières déclarations. Le 1er novembre également, suivant l’agence de presse Ananova, la C.I.A. affirmait catégoriquement n’avoir jamais eu aucun contact avec Oussama Ben Laden.

Qui croyez-vous ?

Michael C. Ruppert

Ancien enquêteur de la police de Los Angeles, Michael C. Ruppert est devenu rédacteur en chef de From the Wilderness.
www.fromthewilderness.com.

© COPYRIGHT 2001, Michael C. Ruppert et Wilderness publishing. Peut être copié et distribué pour des buts non lucratifs uniquement.

Conclusion de Parole de Vie :

Nous pourrions reproduire ou citer de nombreux autres articles, faits par des enquêteurs sérieux, qui vont tous dans le même sens : le gouvernement américain savait ce qui allait se passer, et préparait déjà activement la suite des attentats du 11 septembre, notamment la « guerre contre l’extrémisme islamiste » et l’invasion de l’Irak.

Ce que l’article ci-dessus ne dit pas, car cela n’était pas encore révélé, c’est que le propre frère du Président Bush, Marvin Bush, contrôlait la sécurité du World Trade Center au moment des attentats. Au cours du week-end précédent ces attentats, une grande partie des tours du WTC a été fermée au public, sous prétexte de « refaire les câblages informatiques. » Il était alors facile à des équipes spécialisées d’installer des explosifs qui pourraient être déclenchés à distance au bon moment, pour provoquer l’effondrement contrôlé des tours. Tous les spécialistes de la construction s’accordent à dire que ces tours se sont effondrées exactement de la même manière que des immeubles subissant une démolition contrôlée. Des vidéos prises au moment de l’effondrement montrent nettement de petites explosions précédant l’effondrement de certains étages.

Par ailleurs, une troisième tour proche des tours jumelles du WTC s’est aussi effondrée sans raison, alors qu’elle n’avait pas été percutée. L’un des avions détournés devait s’abattre sur elle, mais s’est écrasé avant. Il a donc fallu faire effondrer cette tour, pour que l’on ne puisse pas découvrir les explosifs qui y étaient cachés ! Selon les autorités, cette tour se serait effondrée à la suite d’incendies provoqués par des débris enflammés provenant du WTC. Or, c’est la première fois dans le monde que de telles tours à structure d’acier s’effondrent à la suite d’un incendie ! Rappelons que ces tours avaient été conçues pour résister à l’impact d’un avion de ligne.

Les trois tours effondrées appartenaient au même propriétaire, Larry Silverstein, qui fit un profit énorme sur les primes d’assurance qu’il reçut.

Par ailleurs, il a été prouvé que le Pentagone, qui fut frappé lui aussi, ne fut pas atteint par un avion de ligne, comme les autorités l’ont prétendu, mais par un missile de croisière.

Devant tous ces éléments qui sont dévoilés de plus en plus, de nombreux démocrates américains sont convaincus que Bush et son équipe forment le plus grand groupe de gangsters sans scrupules qui aient jamais gouverné l’Amérique !

Prescott Bush, le grand-père de George W. Bush, était l’un des principaux financiers de Hitler, et a construit une partie de sa fortune sur le dos des travailleurs forcés des camps de concentration. Le propre père de George W. Bush, le Président Herbert Walker Bush, a lui-même lourdement armé Saddam Hussein lors de la guerre irako-iranienne, et aussi financé et armé Oussama Ben Laden lors de la guerre en Afghanistan contre les Russes ! Comme l’a dit lui-même l’auteur de cet article, dans un autre document : « Cette famille Bush a l’habitude d’armer ceux qui tuent les Américains ! » (rapporté en 2001 par The Wilderness Publications, www.copvcia.com ).

Les attentats du 11 Septembre, et la mort de plus de 2.800 Américains innocents, ont en outre permis :

  • Le vote de « lois antiterroristes » aux Etats-Unis qui donnent au Président Américain des pouvoirs absolument dictatoriaux, et la possibilité, quand il le décidera, au nom de « l’intérêt national, » de supprimer les libertés individuelles, de suspendre la Constitution, d’arrêter et d’emprisonner sans mandat ni jugement tout suspect, et de contrôler directement toute la vie politique, économique et sociale du pays. Il est ahurissant de voir avec quelle rapidité la majorité des Américains ont accepté ces lois, sous prétexte de garantir leur « sécurité. »
  • L’invasion de l’Irak, avec les conséquences actuelles que l’on sait : chaos, guerre civile, explosion du cours du pétrole… Sans oublier l’exploitation de l’Irak par les sociétés américaines qui s’enrichissent, sous prétexte de remettre l’Irak sur les rails. Ces sociétés sont aussi très liées à de nombreux dirigeants américains, qui s’enrichissent sans vergogne au passage.
  • Le contrôle du pétrole Moyen Oriental et Centre Asiatique par les Américains, et le lancement de la construction du grand pipe-line trans-Afghan.
  • Le développement et le contrôle de la production de l’opium Afghan, dont une bonne partie se retrouve ensuite sur le marché américain.
  • La montée de l’extrémisme islamiste dans le monde entier (Hamas, Syrie, Egypte, Iran, Pakistan), et la préparation d’autres interventions militaires américaines contre certains de ces pays, qui font partie de l’Axe du Mal défini par G. W. Bush, notamment l’Iran.

US and NATO prepare final assault on Qaddafi. He threatens terror

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 46

DEBKAfile Exclusive Report July 2, 2011, 10:45 PM (GMT+02:00)

Libyan Ruler Muammar Qaddafi may have been bluffing when he said « The Libyan people are capable one day of taking the battle to Europe and the Mediterranean [chiefly Italy and France] » if NATO continues its air strikes, and … »throwing ourselves on Europe like swarms of locusts or bees » to attack « your homes, your offices, your families [who] would become legitimate military targets because you have transformed our offices, headquarters, homes and children into military targets which you say are legitimate. »

But the threat he relayed by audio to a huge pro-government rally in Tripoli Friday, July 1,may not be just a scare tactic but his last warning for NATO to abandon its large-scale, all-out military bid to kill or oust him, which debkafile‘s military sources report is in its last stage of planning.
The coming coup de grace, expected in the next couple of weeks, is the hottest topic of discussion in the corridors of power and high-level military and intelligence get-togethers in London, Paris, Brussels, Moscow, Oslo, The Hague and Rome. It is expected to start in a couple of weeks with French and British troop landings on Libyan soil, to be followed in its last stages of by American forces.

Despite US President Barack Obama’s denials of direct military intervention in the Libya war – « American forces are playing only a limited support role in the NATO operation » – US sources made the following disclosure Thursday June 30: « The US Air Force and Navy aircraft are still flying hundreds of strike missions over Libya. »

Qaddafi views France’s supply of weapons to Libyan rebels as the opening shot of the final act in the scenario for removing him. He is convinced now that NATO will not be thrown off course by diplomacy or political concessions – even his recent offer of UN-supervised elections to decide whether the Libya voter wants him to stay or go.

If nothing else avails for his survival, debkafile‘s military and counter-terror sources report that Qaddafi has the options and resources for making good on his threat before or after being forced out of power.
He could retire to the Sahel Desert, the desolate belt running north of the Sahara and stretching from the Atlantic to the Red Sea, and mount terrorist operations against Europe from there. He would operate from a sanctuary with the Tuareg tribes, which have links with Al Qaeda in the Islamic Maghreb – AQIM and many of whom have been fighting for him as mercenaries.
Incidentally, Western anti-terror agencies have never revealed that the July 7, 2005 London transport attacks, in which 56 people died and more than 700 were injured, were backed logistically by – and received their explosive devices from – al Qaeda’s Tuareg followers.
In the 1970s and 1980s, Qaddafi was a notoriously proactive anti-West terror-master and facilitator who sanctioned such operations as the blowing up of the Pan Am Flight 103 over the Scottish village of Lockerbie in which 250 people died; and the La Belle discothèque explosion in Berlin which killed two US army sergeants.

Among the European and Asian extremists who were trained and supported by Libya were the radical left-wing Red Brigades’ Italian, German and Japanese offshoots and the Irish Republican Army, the IRA.

Libyan agents also took a hand in the East German external intelligence branch’s covert operations in Europe.
Some of the Libyan agents employed in this far-flung campaign of violence are still idle.

It is not known whether or not Qaddafi has decided to reactivate his terror machine which almost certainly retains sleeper cells in parts of Europe – either to pre-empt or to avenge the massive NATO end-game for his rule.

Saturday, July 2, in another bid to avert the offensive, the African Union announced Qaddafi had agreed to transitional negotiations between government and rebel representatives in Addis Ababa under the AU aegis. They would discuss « a consensual and inclusive transition » via an interim government and elections.

This initiative left the way open for Qaddafi to seek refuge on the continent but not to be removed by force.

But the Libyan ruler gave up on the NATO powers accepting any diplomatic solutions to the conflict after his own negotiations with rebel commanders in early June and the truce accord they reached (which was first revealed by DEBKA-Net-Weekly 493 on May 20) were roundly rejected by NATO which urged the rebels to fight on.

In Madrid Saturday, July 2, US Secretary of State Hillary Clinton saidthe United States and Spain won’t let Qaddafi’s threats of retaliatory attacks in Europe deter their mission to protect Libyan civilians and force him to leave power. « Instead of issuing threats, he should be putting the well-being and interests of his own people first, » she said. « He should step down from power. »

Qaddafi has often been called unpredictable. On June 12, Russian chess master Kirsan Ilyumzhinov, having just played a game against the embattled Libyan ruler, warned that he was capable of catching his opponents off-guard with surprise moves.
But in his war with NATO, he has just laid his pieces out on the table.

Ce qui se passe en Syrie

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 36

Dr. Nabil Antaki

Ce qui se passe en Syrie depuis maintenant trois mois n’a rien à voir avec une révolution et est loin d’aboutir à un « printemps ». Il s’agit d’un mouvement de sédition (selon le Larousse, la sédition est un soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie) préparé depuis longtemps avec une distribution des rôles et une logistique prêtes et qui attendait une occasion pour mettre à exécution le plan déjà établi. L’occasion s’est présentée à la mi-mars avec une très grosse bavure des forces de sécurité à Dara’a (petite ville du sud à la frontière avec la Jordanie).

1- Ce mouvement de sédition est armé. Il ne s’agit pas du tout, comme le disent les médias occidentaux, de manifestations pacifiques.

- Les manifestants tuent. Ils ont besoin qu’il y ait le maximum de tués des 2 bords pour aggraver la situation, créer un état de non-retour et émouvoir l’opinion publique locale et étrangère.

- Le nombre de membres des forces de l’ordre tués est impressionnant (et il ne s’agit pas de soldats tués par leurs supérieurs parce qu’ils n’ont pas tiré sur la foule comme le colportent les opposants et les médias…quelle blague !!! si c’était vrai, la plupart des soldats auraient su et déserté pour ne pas subir le même sort).

- Les manifestations commencent par des slogans appelant au renversement du régime et se terminent par des tirs sur les forces de l’ordre, le saccage et l’incendie des bâtiments publics (bureau de poste, Cie d’électricité…).

- Un exemple parmi d’autres : Jisr Al Shougour, la dernière ville citée par les médias. Un de mes malades qui vient de cette ville me raconte : « Heureusement, que l’armée est intervenue pour nous débarrasser de ces « protestataires ». Depuis un mois, des bandes armées circulaient à moto ou en voiture dans la ville et les environs et y semaient la terreur. Puis ils ont tué des policiers (Les TV ont montré 2 charniers découverts par l’armée après son entrée dans la ville), ont mis le feu aux bâtiments publics et ont détruit à l’explosif l’immeuble des forces de sécurité tuant 67 personnes ». Ce n’est que trois jours plus tard que l’armée est entrée dans la ville.

2- Ce mouvement de sédition est soutenu par des médias (qui manipulent l’information, truquent les vidéos, exagèrent les faits et tout simplement incitent à la rébellion et au soulèvement) qui pratiquent plus la désinformation que l’information ; des exemples :

Beaucoup de mensonges : Les titres de la une d’aujourd’hui samedi 18 juin : « Alep gagnée par la contestation, un tué… ». Ceci est complètement faux, il n y a pas eu de manifestations à Alep et une personne est décédée hier en sortant de la prière du vendredi succombant à une crise cardiaque (rapport du médecin légiste et témoignage du frère du défunt qui l’accompagnait)

Beaucoup d’exagération et d’incitation à la sédition : « l’horreur en Syrie » « on tire sans sommation sur les manifestants non armés » « comment peut-on se taire devant ces actes de barbarie » « comment l’OTAN n’est-il pas encore intervenu en Syrie ? » etc.

Beaucoup de parti pris : le 5 juin, anniversaire de la triste guerre des 6 jours, des manifestants pacifiques non armés ont décidé de traverser la ligne de démarcation entre la Syrie et le Golan occupé (que tous les pays, même les plus pro-israélien considèrent comme occupé et ne reconnaissent pas son annexion par Israël). L’armée Israélienne leur a tiré dessus et en a tué 15. Cette information a été presque occultée par les médias occidentaux et quand ils en ont parlé, c’est pour répéter avec conviction ce que le 1er ministre Netanyahou avait dit : qu’Israël avait le droit de se défendre !!!

Beaucoup de vidéos diffusées se sont avérées être des vidéos d’archives des guerres au Liban et en Irak.
Beaucoup d’information erronées : Il y a 10 jours, les TV satellitaires ont annoncé, avec vidéo à l’appui, que des hélicoptères ont tiré sur les manifestants à Marrât ; 2 jours plus tard, ils confirment l’histoire des hélicoptères mais en ajoutant qu’il n’y a pas eu de tirs sur les manifestants. Mais le mal était déjà fait avec les protestations et les menaces de sanctions.

La fameuse femme lesbienne syro-américaine qui avait diffusé plein de fausses informations sur le Web relayées par les médias, et qui aurait été enlevée par les services syriens s’est avérée une mystification d’un américain qui a volé l’identité d’une personne et la photo d’une autre sur Facebook.
L’Ambassadeur de France en Syrie, Mr Eric Chevallier, un homme remarquable, s’est vu tirer dessus à boulets rouges par les médias français pcq il a osé dire leur qu’ils mentaient. Ils l’ont accusé d’être l’Ambassadeur de Assad en France.

Les TV françaises annoncent sans prendre la peine de vérifier la démission de Mme l’Ambassadeur de Syrie en France qui se serait ralliée aux protestataires. Démenti le lendemain.

Les réfugiés de Jisr en Turquie : Dix mille au total, la plupart sont des familles des personnes armées qui avaient semé la terreur ou des personnes ayant fui les zones de combat par peur. Or, cette nouvelle fait la une de tous les journaux télévisés depuis 6 jours. Quand on pense que lors de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine et ses alliés en 2003, il y a eu UN MILLION ET DEMI de réfugiés irakiens en Syrie et cette information n’avait jamais eu la faveur des médias alors que dix milles, il faut en parler tous les jours … En encore, les réfugiés irakiens sont restés en Syrie des années alors que les réfugiés syriens de Jisr ont été invités à rentrer chez eux maintenant que leur ville a retrouvé son calme.

3- Ce mouvement de sédition est composé de quelques opposants historiques au régime. De quelques centaines de militants des droits de l’homme qui ont passé par les prisons syriennes et qui, idéalistes, continuent leur combat.
de beaucoup d’opportunistes composés d’ex-membres du régime qui en avaient beaucoup profité dans le passé. De personnes qui sont animées d’un désir de vengeance à cause de la perte de personnes chères tuées ou emprisonnées dans le passé. De gens payés pour manifester et semer le désordre. Et surtout d’islamistes et de frères musulmans (dont les fiefs depuis les années 1980 sont justement les villes citées beaucoup par les médias : Marrât Al Nooman, Hama, Idlib, Jisr Al Shougour…).

Et puis les médias, à chaque fois qu’ils citent Hama, parlent de la répression sanglante qui a touché les islamistes de Hama en 1982 avec la mort, dit-on, de vingt milles personnes. Il serait plus objectif de dire qu’avant que le régime n’attaque Hama, haut lieu des frères musulmans, çad de 1979 à 1982, les frères musulmans avaient tentés de renverser le régime par les armes, en assassinant des médecins, avocats et doyens de facultés universitaires, en terrorisant la population par des explosions dans les gares et lieux publics et pour couronner le tout en tuant de sang froid 200 cadets alaouites de l’école d’artillerie de l’armée.

4- Ce mouvement de sédition est parrainé, sinon commandité par des gouvernements arabes (Arabie Saoudite, Qatar et Hariri) et occidentaux (France, Grande Bretagne et USA en tête) dans le cadre d’un plan préétabli ou, disons le franchement, d’un complot : Des armes avaient été introduites en Syrie et cachées.
Des activistes avaient suivi, depuis 2 ans, en Jordanie, en Turquie et aux USA des séminaires sur les moyens de transmission et des appareils ultrasophistiqués avaient été introduits clandestinement (cf. le nouvel observateur du 19 mai).

Certains médias étaient préparés à propager les nouvelles vraies et surtout fausses dont la Arabia, BBC, France 24 et surtout Al Jazeera (connue pour la diffusion en exclusivité des déclarations de Ben Laden) qui appartient à l’Emir du Quatar. Celui ci avait renversé son père avec l’aide des américains qui avaient obtenu, en contrepartie, l’installation de la plus grande base navale de la région, le gaz et Al Jazeera (la CNN arabe !!!). Enfin les dirigeants occidentaux qui, dès le début, font des déclarations tonitruantes et émettent des menaces non justifiées dans le but de discréditer et de déstabiliser le régime.

Restait la Turquie qui, depuis des années, avait des relations privilégiées avec la Syrie et ses dirigeants. Il fallait qu’elle retourne sa veste et elle l’a fait !!! Pourquoi ? Il y a 3 semaines, sort comme d’un chapeau d’un magicien une proposition de loi à la Knesset israélienne visant à reconnaître le génocide arménien perpétué par les Ottomans en 1915 ; Sujet hautement sensible pour les Turcs (le bâton). Quelques jours après la volte-face de la Turquie, la France arrête 3 membres du PKK (la carotte) et bien sûr, la proposition de loi a subitement disparu comme elle avait apparu.

Le mot de la fin à ce sujet revient au ministre adjoint des Affaires étrangères américain qui a déclaré que les troubles finiront en Syrie si elle coupe ses liens avec l’Iran et arrête de soutenir le Hezbollah !!!

La majorité des 23 millions de syriens sont contre le mouvement de protestation et de sédition qui vise à renverser le régime (aucune personne : amis, parents, connaissances, collègues, clients et malades qui viennent me voir de toutes les régions de la Syrie, m’a dit approuver la sédition). Ils aspirent à la sécurité et à la stabilité qui caractérisaient la vie en Syrie et que nous enviaient la plupart des pays. Ils aspirent à cette relative prospérité qui existe depuis une décennie (croissance du PNB de 4-5%/an, depuis des années) et à la libéralisation lente mais progressive du régime. La vie continue normalement à Damas et à Alep avec les embouteillages habituels, les cafés-trottoir bondés et les très nombreux piétons qui vaguent à leurs occupations. Les examens officiels (brevet et Bac.) se déroulent normalement etc… Les amis étrangers qui sont déjà venus à Alep ou Damas ne verraient rien d’anormal s’ils revenaient maintenant. Il n y a ni police ni armée dans les rues et en ville. Avant le 15 mars, cette même majorité critiquait le régime pour avoir plus de liberté, plus de démocratie et moins de corruption ; Mais, d’une façon pacifique et sans mettre en péril le pays. La majorité des Syriens estiment que si le mouvement de sédition continue, la Syrie ne s’acheminera pas vers un scénario pacifique à la tunisienne ou à l’égyptienne (et encore… beaucoup d’égyptiens, qui avaient soutenu les manifestants, commencent se mordre les doigts par crainte d’un régime islamiste qui s’annonce et qu’ils ne veulent pas) mais aboutira à une des 3 hypothèses :

la moins mauvaise : Un régime islamiste alors que le régime actuel était laïque et traitait toutes les confessions à pied d’égalité.

la mauvaise : une guerre civile puisque l’armée, (contrairement à l’armée tunisienne ou égyptienne qui étaient neutres au début des événements et qui, en prenant le parti des insurgés, avaient donné la victoire aux « révolutionnaires ») en Syrie est loyale au régime.

la pire : un éclatement de la Syrie à l’irakienne avec un découpage confessionnel ou ethnique.
Ces scénarios, la majorité des syriens les refusent et ils sont révoltés par ce plan diabolique qui vise à détruire leur pays et à y mettre le chaos. La majorité du peuple n’est ni assez pauvre ni assez opprimée pour faire une révolution. Alors, messieurs les dirigeants des pays étrangers, cessez de vous immiscer dans les affaires de la Syrie et occupez vous plutôt des problèmes de vos pays qui sont au bord de la faillite et dont vous augmentez la dette en dépensant des milliards d’euro dans la guerre en Irak et par vos frappes en Libye ; et vous messieurs les journalistes des médias malhonnêtes, occupez vous plutôt des faits divers de vos pays avec le scandale Berlusconi, l’affaire DSK etc.…

Alep le 19/6/2011

Nabil Antaki, médecin

PS : En annexe, quelques réflexions sur la politique des pays occidentaux

1- Droit et devoir d’ingérence :

Cette comédie du« devoir d’ingérence humanitaire » a été inventée pour justifier l’ingérence de certains pays dans les affaires intérieures des autres, en d’autres termes, le devoir d’ingérence, c’est la loi du plus fort, c’est le colonialisme des temps modernes . Un exemple ? La France et ses alliés ont évoqué les raisons humanitaires pour intervenir en Libye et protéger les « civils désarmés attaqués par les forces de Kadhafi ». Quelle blague ? Ils ont pris le parti des insurgés contre le pouvoir en place et ont bombardé des villes dont Tripoli en tuant beaucoup de civils. Ils veulent traduire les dirigeants syriens et libyens en justice pour crime contre l’humanité ? C’est Sarkozy, Juppé et consorts qu’il faut accuser de crimes contre l’humanité. Le droit d’ingérence humanitaire les autorise t-il à renverser le pouvoir en place ? Au nom de quel droit, Sarkozy peut décider que ce président, fut-il un dictateur, devrait être renversé ? Que les pays occidentaux commencent à balayer devant leurs portes et qu’ils renversent les dictateurs qu’ils ont soutenus depuis des années. Qu’auriez vous fait si un président du tiers monde avait déclaré, lors des émeutes des banlieues en France ou des manifestations contre le nouveau régime des retraites, que la situation en France est intolérable et que le président français devrait quitter le pouvoir ?

2- Droits de l’Homme.

Une autre mascarade de la diplomatie occidentale. Elle l’utilise quand bon lui semble et toujours à sens unique. La diplomatie américaine répète depuis le début de la crise syrienne que les droits de l’Homme sont bafoués en Syrie par l’arrestation arbitraire des personnes et par leur détention sans jugement. Est-ce que Guantanamo vous dit quelque chose ? Les USA y ont détenus des centaines (et continuent) de personnes arbitrairement, sans jugement et sans le recours à des avocats et ce depuis DIX ANS. Alors, qu’on commence à traduire les dirigeants américains en justice…

3- Démocratie.

Les dirigeants occidentaux nous veulent beaucoup de bien. Ils sont tellement amoureux de la démocratie qu’ils veulent l’imposer chez les autres de force au risque de détruire la Libye ou la Syrie. Bien sûr, ces 2 pays ne sont pas très démocratiques mais il y a pire ; L’Arabie Saoudite est le pays où il y a le moins de démocratie et pourtant on n’entend aucun dirigeant occidental réclamer plus de démocratie à leur fidèle allié ou appeler au renversement du régime en place. Le pétrole remplace t-il la démocratie ?

4- Al Qu’aida.

Oui, c’est l’ennemi public No 1. Ce qu’il a fait le 11 septembre 2001 est horrible et inacceptable. Or, les 3 pays où Al Qu’aida n’existait pas et plus encore où il était combattu, c’était l’Irak, la Libye et la Syrie et pourtant, les occidentaux ont envahi l’un et sont entrain de détruire les 2 autres. Alors !!!

5- La politique du mensonge.

La politique des pays occidentaux est basée sur le mensonge depuis des siècles et pourtant ils tiennent des discours moralisateurs aux autres pays ; Quelle hypocrisie !

Voulez-vous des exemples ; En voici quelques uns (liste qui est loin d’être exhaustive) :

Lors de la 1ère guerre mondiale, la France et la Grande Bretagne avait promis au Chérif Hussein l’indépendance d’un grand royaume arabe si les arabes aidaient les alliés en se soulevant contre les Ottomans. Entretemps, les ministres français et anglais des affaires étrangères ont signé les accords Sykes-Picot pour se partager la région. Hypocrisie…

Après la 2ème guerre mondiale, les pays occidentaux ont fait circuler l’idée d’ « un pays sans peuple pour un peuple sans pays » pour justifier l’installation de millions de juifs européens en Palestine. Quel mensonge ! la Palestine était habitée… par les Palestiniens.

Vous-rappelez vous de Timisoara ? En 1989, les médias occidentaux, surtout français, et les dirigeants européens annoncent la découverte d’un charnier (avec vidéos et photos à l’appui), dans cette ville de Roumanie, qui contiendrait des milliers de cadavres d’opposants et de manifestants et appellent donc, devant cette horreur à la chute de Ceausescu. Deux mois plus tard, le monde, stupéfait, découvre qu’il n y avait pas de charnier et que les cadavres montrés avaient été déterrés des cimetières !!

En 2002, GW Bush invoque la présence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’invasion de l’Irak et le renversement de Saddam. Ce mensonge était le prétexte à l’invasion et tout le monde savait que ce n’était pas vrai. Mais de quel droit Bush et ses acolytes peuvent décider le renversement de Saddam, tout dictateur qu’il fut ? A voir le chaos qui existe en Irak maintenant, même les plus farouches opposants à Saddam regrettent son régime.

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Emmanuel Ratier : « Le Siècle » est la matrice de la pensée unique

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 33

Entretien avec l’auteur de « Au Cœur du pouvoir »

Il n’existe qu’une seule source grand public pour connaître Le Siècle, le club élitiste qui regroupe les personnalités les plus puissantes de France : le travail d’Emmanuel Ratier. Ce qu’il écrit est confirmé par les témoignages que nous avons recueillis et par les annuaires internes que nous avons consultés. Cependant, cet auteur a très mauvaise presse et si tous les politologues utilisent ses ouvrages, aucun n’ose les citer. Pour en savoir plus, rien ne vaut d’interroger l’homme qui a le plus étudié le sujet.

Réseau Voltaire | 18 juin 2011 Emmanuel Ratier : « Le Siècle » est la matrice de la pensée unique dans Politique/Societe ligne-rouge

C’est dans les prestigieux salons de l’Automobile Club de France, place de la Concorde, face à l’Assemblée nationale, que se réunissent sous haute protection les membres du Siècle.

Thierry Meyssan : Il n’existe à ce jour qu’un ouvrage sur Le Siècle, le vôtre : Au Cœur du pouvoir, enquête sur le club le plus puissant de France. Vous venez d’en publier une édition actualisée et considérablement augmentée. Selon vous, pourquoi êtes-vous le seul à publier sur un sujet aussi important ? Nos confrères considèrent-ils cette organisation sans importance ou, au contraire, craignent-ils en la dévoilant de fragiliser le système ?

Emmanuel Ratier : Tous les grands médias, qu’il s’agisse de la presse écrite, des radios ou des télévisions sont détenus ou contrôlés par des membres du Siècle (Dassault, Rothschild, Bolloré, Arnault, Lagardère, etc.) ou dirigés par des membres du Siècle. Les rares articles qui ont pu paraître sur le principal (et unique en fait) club d’influence français, Le Siècle, sont convenus et dépourvus de tout intérêt. Un seul exemple : l’année dernière, j’ai reçu à plusieurs reprises une journaliste économique renommée qui travaillait pour le magazine Capital de M6. Elle m’a dit vouloir consacrer un dossier de 25 minutes au club Le Siècle. Je lui a ouvert mes dossiers, lui ai donné tous les contacts, fourni des documents ultra confidentiels (annuaires, circulaire internes, fiches de recrutement, etc.). Je lui ai gentiment expliqué également que son reportage ne sortirait jamais et serait annulé parce que le PDG de M6, Nicolas de Tavernost était membre du Siècle. Elle m’a téléphoné, quasiment en pleurs, un mois après pour me dire que son travail avait été refusé. De même, Au Cœur du pouvoir a été envoyé à environ 130 journalistes de la grande presse, la presse que l’on peut dire « aux ordres ». Il n’y a eu aucun article dessus.

T. M. : Pouvez-vous nous décrire brièvement le mode d’adhésion au Siècle et ses activités ?

Emmanuel Ratier : La sélection est extrêmement stricte et complexe. On ne rentre pas au Siècle, on y est coopté. Il faut être parrainé par deux membres, dont au moins un membre du conseil d’administration (qui ne regroupe qu’une douzaine de personnes). Une enquête est conduite, un CV détaillé rempli. Le système de vote est tout sauf démocratique. Une voix ne vaut pas une autre voix. Il fonctionne comme dans les loges maçonniques. On vote avec des boules noires et blanches. Une boule noire vaut deux boules blanches. Si vous avez trois boules noires, vous êtes automatiquement refusé.

Ensuite, vous devenez « membre invité ». Vous êtes testé à chaque dîner et faites l’objet d’un rapport du président de table. Votre cas est réexaminé eu bout d’un an. Si vous « faites l’affaire », vous devenez « membre à part entière ». Nombre sont alors expulsés du cercle. Pour les autres, si le conseil d’administration considère qu’il n’est pas assez fiable mais intéressant, que sa carrière est saccadée, bref, que l’on n’est pas sûr de son avenir, on peut le garder comme « invité » pendant plusieurs années. Tel Nicolas Sarkozy, qui est « membre invité » depuis plus de dix ans ou François Bayrou qui l’a été également pendant au moins dix ans. Les statuts prévoient également, ce qui est véritablement l’expression parfaite du « racisme de classe » ou du « racisme de caste » que vous pouvez être exclu si vous perdez votre emploi (chômage) ou que vous changez de fonctions. Vous devez également quitter le cercle quand vous partez à la retraite, et en tout cas à 65 ans maximum. Mais vous avez des personnages comme Antoine Bernheim qui, à 90 ans, est toujours membre du Siècle car il peut toujours rendre des services (il a notamment été le patron de Generali).

T. M. : La caractéristique de ce club est d’assumer ne pas avoir d’idéologie sinon celle du pouvoir. Mais ce n’est aucunement une organisation exécutive, juste un tissu relationnel. Pensez-vous que ce soit uniquement un outil pour faciliter des carrières personnelles, ou estimez-vous que cette organisation vise à pérenniser la domination d’une caste sur la société française ?

Emmanuel Ratier : Il y a une idéologie, c’est celle du libéralisme mondialisé. Comme l’a expliqué Laurent Joffrin, directeur du Nouvel Observateur, qui a démissionné avec fracas du Siècle il y a environ un mois [1], Le Siècle est véritablement la section française de l’hyper-classe ou de la super-classe mondialisée. Il correspond à cette expression de Samuel Huntington : « la super-classe née de la mondialisation ». De même Jacques Julliard, ancien membre de la Commission trilatérale, écrit assez courageusement [2] : « Le Siècle, le club de cette superclasse dirigeante (…) Dans ce milieu fermé où les socialistes ont leur place à côté des gros bataillons de la droite française, fermente l’idéologie de la classe dominante : modernisme économique, bien-pensance sociale et culturelles, conformisme économique, respect absolu de la puissance de l’argent. » Hormis qu’il y a largement autant d’oligarques de gauche que de droite au Siècle, cette description est parfaitement exacte : il y a bien une idéologie… mais qui ne se revendique pas en tant que telle. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tous les membres du Siècle ne sont pas égaux et que le pouvoir est passé d’un groupe à un autre à mesure que le capital se restructurait en France, en Europe et dans le monde. On est donc passé, en 60 ans, du primat des politiques (IVe République) à celui des industriels (Pompidou), puis aux technocrates (Giscard d’Estaing et les débuts de François Mitterrand), puis aux banques (Bérégovoy) et enfin à la finance mondialisée (Chirac, Sarkozy). Aujourd’hui, ce sont les financiers qui contrôlent le Siècle et dictent leurs règles aux politiques. Comme le dit Julliard, « il existe, derrière les apparences successives des combinaisons ministérielles, un gouvernement de facto, un gouvernement invisible des élites financières et institutionnelles qui, à défaut de dicter sa loi, fournit la pensée et inspire l’action des élites dirigeantes françaises. »

Je ne veux pas être trop long, mais Le Siècle est un endroit, un laboratoire, où se décident beaucoup de choses. On en a des éléments dans les mémoires d’anciens membres, au détour d’articles, etc. Les conversations étant secrètes, il est toujours difficile d’apporter la preuve de ce pur affairisme mais plusieurs membres me l’ont confirmé tout comme diverses fuites, le système de recrutement, etc. La plupart des membres ne sont pas recrutés pour leurs qualités propres mais pour les fonctions qu’ils occupent. C’est le libéralisme antisocial pur et dur qui ne rêve que d’une chose : que les classes populaires françaises travaillent pour 2 euros par jour comme les Chinois aujourd’hui et que l’oligarchie, qui les exploite, engrange ses bénéfices colossaux dans des paradis fiscaux.

Elue présidente du Siècle en novembre 2010, Nicole Notat incarne la pensée unique. Proche d’Edmond Maire et de Jacques Delors, elle fut secrétaire générale de la CFDT de 1992 à 2002. Elle s’efforça de convaincre la classe ouvrière de soutenir le Traité de Maastricht, la création de l’euro, et la réforme Juppé de l’assurance sociale. Passée de l’autre côté de l’échiquier social, elle est aujourd’hui PDG de l’agence de notation Vigeo.

La rupture aujourd’hui ne se fait pas entre gauche et droite. Nicole Notat était secrétaire général de la CFDT quand elle est entrée au Siècle. Ce qui lui permettait de dîner chaque mois avec les grands patrons du CAC 40 et le gouvernement. Il en est de même aujourd’hui avec certains responsables de la CGT. La rupture se fait donc sur un axe assez proche de celui du Réseau Voltaire, entre mondialistes et anti-mondialistes, entre respect des droit des peuples et des nations et pure exploitation économique des individus considérés comme un marchandise.

T. M. : L’Humanité avait, au lendemain de la rupture de l’Union de la gauche, évoqué les rencontres entre des grands patrons et des ministres socialistes aux dîners du Siècle. Vous évoquez à l’instant le cas de Nicole Notat et vous révélez dans votre ouvrage que cette organisation permet aujourd’hui des contacts secrets entre ce même patronat et des leaders de centrales syndicales. Pensez-vous que ceci contribue à décrisper le dialogue social ou, au contraire, à le corrompre ?

Emmanuel Ratier : Il est absolument évident que cela s’apparente à de la corruption, même si elle n’est pas financière. Cela ressemble à ces avocats qui prétendent s’opposer dans les prétoires et se congratulent ensuite à la buvette du Palais. On voit très bien pour le Parti communiste et pour la CGT ce qui s’est produit. Les dirigeants qui ont été cooptés au Siècle ont fait changer du tout au tout l’idéologie du PCF et de la CGT. Malgré leurs rodomontades, ces deux organisations ont rallié l’Union européenne, le Traité de Maastricht, le fédéralisme, l’euro, le mondialisme, etc. Ils ont trahi tous les intérêts et les acquis sociaux des classes sociales qu’ils prétendaient défendre, en particulier la classe ouvrière et les employés. Ils sont les complices du « détricotage » des acquis obtenus par les luttes sociales des 150 dernières années. Ce qui fait que les syndicats ne pèsent pratiquement plus rien et sont essentiellement financés par des cotisations patronales ou par l’État.

T. M. : Votre ouvrage comprend une étude d’une centaine de pages suivie d’un dictionnaire biographique de plus de 500 pages en petits caractères. Vous ne vous contentez pas de rappeler la carrière de chaque membre du Siècle, vous décrivez ses engagements politiques, comme vous le faites dans votre lettre bimensuelle, Faits & Documents [3]. De facto, vous êtes devenu le meilleur connaisseur des élites françaises. Quelle image en avez-vous ?

Emmanuel Ratier : Vous allez faire grincer des dents. Mes travaux ne sont jamais cités mais pillés, aussi bien par les médias que par les universitaires. J’ai été refusé en DEA de sciences politiques à l’Institut d’études politiques. Je ne pourrai jamais trouver un jury de thèse. Les professeurs qui accepteraient d’y figurer grilleraient leur carrière. Quant aux élites françaises qui constituent les bataillons du Siècle, elles sont, mais c’est sans doute la cas ailleurs, d’une extrême médiocrité, en particulier dans la sphère politique. Ce qui les caractérise, c’est un manque total d’imagination, une pensée politiquement conformiste, une soumission à l’argent, une âpreté au pouvoir. Le Siècle, c’est d’abord, et avant tout, une soif de pouvoir pour des gens qui détiennent du pouvoir et en veulent encore plus. C’est une centrale d’énergie qui redistribue exclusivement l’énergie en direction de ses membres. Un vaste système de relations, de réseaux, de système de courte échelle, de marche pied, de mariages, de relations d’affaires, de jetons dans les conseils d’administration, etc. D’aucuns appelleraient cela « le système » ou « l’établissement » (« establishment »). Mais sa particularité d’aujourd’hui est d’être extrêmement peu nombreuse et très concentrée entre les mains de quelques uns. Qu’importe leurs méthodes : par exemple, Jean-Marie Messier, qui a ruiné l’un des fleurons français, Vivendi Universal, n’a jamais été exclu et trône toujours dans les dîners.

T. M. : Bien que vous soyez un journaliste très réputé, vous avez été exclu des grands médias français à la suite d’un oukaze de Charles Pasqua. Vous avez alors poursuivi votre travail en écrivant dans les revues du Front National, ce qui vous vaut aujourd’hui une image persistante d’extrémiste de droite. Pourtant, vous vous attaquez à une organisation qui est directement issue de la Collaboration et qui illustre parfaitement la capacité des élites françaises à survivre aux changements de régimes politiques. Quelle est donc votre démarche ?

Emmanuel Ratier : Le Siècle est effectivement issu d’un milieu très particulier. Nombre de ses fondateurs ont eu un parcours à la François Mitterrand, pour ne pas dire plus. C’est-à-dire un itinéraire sinon trouble du moins complexe, où se croisent la collaboration de gauche, la résistance, la synarchie, la technocratie, la franc-maçonnerie, etc. Tout cela dans l’atmosphère très particulière de l’après-guerre, avec le jeu américain anticommuniste, les combinaisons de partis des années 1950, etc. Ou aujourd’hui, les étranges menées de l’ambassade américaine en direction des banlieues françaises [4]. En l’occurrence, Au Cœur du pouvoir n’attaque personne en particulier ni en général. C’est une espèce de description sociologique de ce que l’on peut considérer comme un cas parfait d’oligarchie très efficace dans une supposée démocratie. Il n’y a aucune prise de position politique, c’est plutôt un précis de dissection.

Mes adversaires, qui ne font en cela que le jeu des gens puissants que je peux effectivement déranger (et deviennent dès lors leurs complices), m’affublent de toutes les étiquettes possibles, un peu comme vous Thierry Meyssan depuis que vous avez rompu le pacte du politiquement correct. Et ce, afin d’éviter d’examiner ce que j’écris et de tenter de démontrer ou de prouver que je me trompe ou suis dans l’erreur. Tout cela n’a rien à voir avec la réalité. Il suffit de m’avoir rencontré une fois pour le savoir. Je publie depuis 17 ans, tous les quinze jours, une lettre confidentielle, Faits & Documents, qui regorge de nouvelles confidentielles ou exclusives. Je n’ai pas eu un seul procès et seulement deux ou trois droits de réponse. Il en est de même de l’émission de trois heures que j’anime toutes les quatre semaines sur Radio Courtoisie. Pas un procès, pas un droit de réponse.

T. M. : … En fait, vous avez écrit beaucoup de choses erronées sur le Réseau Voltaire par le passé sans que nous ne nous manifestions. Vous ne les avez corrigées que beaucoup plus tard. L’absence de procès n’est pas un critère suffisant..

Emmanuel Ratier : Il est exact que j’ai été très vif sur le Réseau Voltaire et sur vous-même, Thierry Meyssan. De votre côté, vous ne m’avez pas épargné. Avec l’accélération de la mondialisation et des montages comme le 11 septembre, nous avons tous les deux largement évolué et avons découvert qu’au delà des apparence de nombreux points nous rapprochaient. La preuve, cet entretien aurait été impossible il y a une quinzaine d’années. De même, j’ai publié dans Faits & Documents un long dialogue entre Michel Lajoye, terroriste d’extrême droite, et Carlos, terroriste d’extrême gauche. Chacun à sa manière estimait l’autre et, surtout, acceptait de dialoguer. Un entretien impossible à envisager pour tout esprit conformiste avec des cases où chacun serait bien rangé, étiqueté.

T. M. : Revenons au portrait également erroné que l’on a dressé de vous et qui vient en partie de ce que, vous ayant diabolisé, on n’a pas compris votre maturation.

Emmanuel Ratier : Je pourrai publier un livre entier exclusivement à partir des fausses assertions qui m’ont été attribuées. Je ne donnerai qu’un exemple : un chapitre entier m’est consacré dans une biographie consacrée à Thierry Ardisson. J’y suis présenté comme son « maître à penser », son « gourou ». Or, je n’ai jamais rencontré cet animateur de télévision, je ne lui ai jamais parlé, jamais écrit. Tout le reste, et 90 % de ma notice sur Wikipedia, est du même acabit. La seule chose qui soit exacte, c’est que j’ai été, à partir de l’âge de 15 ans un militant nationaliste et je ne renie strictement rien de ce passé. J’ai évolué sur certains points, en particulier le clivage droite-gauche, la question-clé aujourd’hui étant celle du mondialisme (et de son opposé, le respect des identités).

T. M. : Le fondateur du Siècle, Georges Bérard-Quélin [5], avait misé sur les deux tableaux durant la Seconde Guerre mondiale, mais son passé chargé aurait pu jouer contre lui à la Libération. Il a semble-t-il été sauvé par ses amitiés radicales-socialistes et américanophiles. Selon vous, à qui était-il redevable ?

Emmanuel Ratier : Je n’ai pas eu accès à toutes les archives. Les fonds sont totalement fermés. La famille a évidemment refusé de coopérer. Les secrets sont très soigneusement gardés (ou détruits). Ils font partie des grands secrets de la République. Ils me sont totalement inaccessibles. Il suffit de voir le livre du capitaine Paul Barril, Les Archives secrètes de Mitterrand [6], où, dans une note, présentée comme émanant de la DGSE relative à Klaus Barbie [7], figure nommément le nom de Georges Bérard-Quélin. Ou dans la revue XXe siècle, revue universitaire considérée comme sérieuse, figure un incroyable article totalement flagorneur et dénué de réelle historicité, s’apparentant à la « légende dorée », sur le club Le Siècle. J’ajouterai que l’une des clés (mais pas le seule), c’est évidemment l’appartenance à la franc-maçonnerie de Georges Bérard-Quélin, appartenance que l’on pourra rattacher à celle d’un Jean-André Faucher [8]

T. M. : Le fondateur du Siècle est aussi celui d’un empire de presse inconnu du grand public : sa société est une sorte d’agence de presse qui édite des bulletins quotidiens ou hebdomadaires à l’attention des élites et des médias [9]. Vu le passé collaborationniste de cette personnalité, il vient tout de suite à l’esprit qu’il a continué légalement ce qu’il faisait durant le régime de l’État français : du renseignement. Selon vous, cet empire de presse est-il réellement privé ou connecté aux services d’un État ?

Emmanuel Ratier : Totalement méconnue, hormis des puissants, la Société générale de presse est la principale société de fichage (légal) des personnalités françaises. Leurs fiches sont beaucoup plus complètes que celles de feu les Renseignements généraux et beaucoup plus fiables. Sont passés par la SGP des centaines, voire plus d’un millier, de jeunes journalistes, qui ont ensuite essaimé et fait carrière un peu partout. Toute la presse est dépouillée, y compris l’intégralité du Journal officiel. La SGP a des archives, des fiches, sur des millions (je dis bien des millions) de journalistes, hommes politiques, syndicalistes, patrons, membres de cabinets ministériels, hommes d’Église, intellectuels, maires, etc. Ces archives courent sur plus de 50 ans. Il suffit de consulter les annuaires qu’elle publie très régulièrement depuis plusieurs dizaines d’années pour s’en rendre compte. La direction de la SGP est assurée par Étienne Lacour qui est en même temps le secrétaire général, pratiquement inamovible, du conseil d’administration du Siècle. Il a remplacé Georges Bérard-Quélin qui occupait exactement les mêmes fonctions. Je ne sais rien de son actionnariat ni des services qu’il peut fournir, moyennant paiement. Mais il est évident que celui qui détiendrait les clés de la SGP détiendrait dans le même temps les plus grosses archives sur le pouvoir en France. Des archives parfaitement tenues à jour alors que celles des RG et autres services de police ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont pu être, quand elles n’ont pas tout simplement été détruites.

Thierry Meyssan

Au Cœur du pouvoir, enquête sur le club le plus puissant de France, par Emmanuel Ratier, 735 pp., Facta éd. 2011.

Ce dictionnaire biographique est disponible par correspondance via la Librairie du Réseau Voltaire.

[1] « Comme en 1788…  », par Laurent Joffrin, Le Nouvel Observateur, 12 mai 2011.

[2] « DSK, la gauche et l’argent », par Jacques Julliard, Marianne, 4 juin 2011.

[3] Voir le site internet de Faits et Documents.

[4] Cf. Faits & Documents n° 308.

[5] Georges Bérard-Quélin (1917-1990) fonda durant la Seconde Guerre mondiale La Correspondance de la Presse, une agence de presse qui alimentait l’ensemble de la presse collaborationniste aussi bien en zone occupée qu’en zone administrée par l’État français de Philippe Pétain. Elle se partageait le marché avec la SPE (à laquelle elle reprendra ultérieurement Le Bulletin quotidien), et avec Inter-France. Simultanément, Bérard-Quélin participa au réseau de Résistance « Espoir de la France ». Bien que recherché à la Libération, il fut protégé et jamais jugé. Il créa Le Siècle alors que Paris n’était pas encore libérée et continua son activité d’agence de presse. Membre du Grand Orient de France et du Parti radical-socialiste, il soutint en 1981 son ami François Mitterrand.

[6] Les Archives secrètes de Mitterrand, par Paul Barril, Albin Michel éd., 2001.

[7] Klaus Barbie (1913-1991) était un officier SS qui dirigea la Gestapo de Lyon où il fut surnommé le « Boucher de Lyon ». Il fut notamment responsable de la rafle des enfants d’Izieu et de la mort sous la torture de Jean Moulin. Recyclé par les États-Unis, il fut exfiltré par la CIA en Amérique latine. Sous le pseudonyme de Klaus Altman, il participa à l’Opération Condor et organisa la répression en Bolivie, y compris l’exécution de Che Guevara. Arrêté après la chute de la dictature de Banzer, il fut extradé vers la France où il fut condamné à la réclusion à perpétuité pour « crime contre l’humanité ».

[8] Jean-André Faucher (1921-1999) était un lointain cousin de François Mitterrand. Il fut nommé par Philippe Pétain délégué à la propagande de l’État français, puis condamné à mort par contumace à la Libération pour « crime de trahison en temps de guerre ». Recyclé par le MI6, il rejoignit le Gladio —dont il commanda la cellule « Armée française loyale »— , participa au Plan Bleu et fut amnistié. Franc-maçon et membre du Parti radical-socialiste, il joua un rôle important dans la création de la Convention des institutions républicaines (CIR) et devint attaché de presse de François Mitterrand lors de la campagne présidentielle de 1965. Dans les années 1970, il fut Grand chancelier de la Grande Loge de France, avant de faire scission et de créer la Grande Loge d’Orient et d’Occident. En 1981, François Mitterrand le nomma au Conseil économique et social. Il poursuivit une carrière de journaliste, notamment au Figaro et à Valeurs actuelles, où il rédigea jusqu’à sa mort une chronique intitulée « La lettre de M. de Rastignac ».

[9] La Société générale de presse édite chaque jour quatre bulletins : Le Bulletin Quotidien (qui poursuit la publication homonyme de la SPE durant l’Occupation), La Correspondance économique, La Correspondance de la Presse (qui poursuit les publications de l’agence homonyme durant la Collaboration), et La Correspondance de la Publicité. Elle publie également toutes sortes d’annuaires biographiques.

Scandaleux : l’impôt des groupes privés du CAC 40 n’est que de 3,3% !

Classé dans : Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 2 : 30

Emmanuel Lévy – Marianne | Vendredi 8 Juillet 2011 à 16:01 | Lu 8538 fois


Un rapport parlementaire pointe une fois de plus la fiscalité très douce pour le CAC40 en regard de ce que payent les PME. Mais il est moins connu que 40% de cette maigre enveloppe de 3,5 milliards provient de seulement 4 entreprises (EDF, GDF, France Telecom, Renault) dont l’Etat est encore actionnaire. Les 36 autres ne payent que 3,3 %

Gilles Carrez le 6 décembre 2010 à la tribune de l'Assemblée Nationale (capture d'écran sur assemblee-nationale.tv)

Gilles Carrez le 6 décembre 2010 à la tribune de l’Assemblée Nationale (capture d’écran sur assemblee-nationale.tv)

Longtemps, caché, réfuté, c’est désormais un secret de polichinelle, depuis que Christophe de Margerie, le patron de Total l’a publiquement assumé : le plus riche, le plus rentable, le plus gros des groupes Français ne paye pas un centime d’impôts en France. Au delà du symbole, de nombreux rapports, à commencer par celui du Conseil des prélèvement obligatoire, rattaché à la Cour des comptes, ont largement décrit la lente dérive de l’impôt sur les sociétés (IS). Ses travaux avait montré que avec un taux moyen de 8%, le poids fiscal des sociétés du CAC 40 était 4 fois inférieur à celui de la PME du coin.

Le rapport réalisé par Gilles Carrez, députés maire du Perreux (94) et rapporteur général du budget va plus loin en détaillant ce qui se passe à l’intérieur de ce groupe qui prospèrent sous les cieux fiscaux français finalement très favorable. Et l’affaire  a fait mercredi 6 juillet la une des Echos. Ensemble ces géants « Les plus grandes entreprises, celles de plus de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, paient entre 15 et 20 % de l’IS, alors qu’elles réalisent entre 50 et 70 % du chiffre d’affaires », note le rapport. Résultat en  trois ans, elles affichaient collectivement 13,5 milliards d’euros d’IS brut dû sur la période d’étude (2007, 2008, 2009).

A ce stade, quatre groupes du CAC ne devaient pas un centime d’impôt. Pire si l’on regarde ce qu’elles payent réellement, c’est à dire l’IS (impôt sur les sociétés) net et pas l’IS brut. Après remboursement des crédits d’impôt de toutes sortes (mais hors crédit d’impôt recherche qui pèse, lui, 4,5 milliards par an pour toutes les entreprises) ce chiffre tombait à 10,5 milliards, soit 3,5 milliards par an. Mais, une fois le crédit d’impôt recherche liquidé, parmi les 120 bilans (40 sur trois ans), 52 affichent un impôts nul ou négatif. Bref ce ne sont plus 4 entreprise à 0 impôt, mais 17 en moyenne!!!!

Plus inquiétant, le député constate que deux groupes parmi les entreprises du CAC40, se distinguent. Les gros contributeurs, et les autres. Et devinez quoi, ce groupe de gros contributeurs composé de EDF, France Telecom et GDF disposent d’un singularité : l’Etat en est actionnaire. Ensemble ces 4 entreprises fournissent 40 % de l’IS. Le rapport indique que, pour les 36 groupes restant, « en enlevant, d’une part, les crédits d’impôt et, d’autre part, l’impôt payé par les 4 groupes dont l’État est actionnaire, l’IS annuel moyen des autres groupes est inférieur à 2 milliards d’euros. »  

Petit exemple pour l’exercice 2009 (un des pires, puisque en pleine crise). Cette année là, le CAC40 réalise 1151 milliards d’euros, pour 72 milliards de bénéfices avant impôts. Si l’on exclut à présent les quatre entreprises comprenant des représentants de l’état à leur conseil d’administration, cela donne respectivement 926 milliards et 60 milliards d’euros. Bref 2 milliards pour 60 milliards de bénéfices, soit un taux de 3,3%.

Elle est pas belle la vie?  Cependant, les patrons de Total et consort tiennent leur argument. Nous ne faisons pas ou peu de bénéfices en France, répètent-ils en choeur. Il faut les croire sur parole, puisque les rapports annuels se gardent bien de décrire la géographie des bénéfices. En revanche on connaît celle du chiffre d’affaires.

Malicieux, Gilles Carrez fait ce calcul : les 36 groupes (avant remboursement du crédit impôt recherche) ont acquitté en moyenne en impôt 0,4 % de leur 500 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en France !!! C’est peu. Et cela laisse entendre qu’en France on fait pas de profits puisque la rentabilité sous-jacente de cette comptabilité ferait de n’importe quel sandwicherie une véritable mine d’or. En effet, imposé théoriquement à 33,3% le résultat implicite de l’activité en France serait de 6 milliards d’euros, soit une marge de 1,2% sur les 500 milliards de chiffre d’affaires. Une misère.

Ainsi Total avec 36 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, n’a même pas de quoi se payer un carambar avec ses bénéfices. Au contraire, c’est l’Etat qui lui doit de l’argent ! L’exercice 2010 s’étant soldé par une perte de 60 millions d’euros, le pétrolier dispose d’une créance de 20 millions sur l’Etat. Avec une conséquence pour le moins paradoxale : non content d’enrichir les actionnaires du Christophe de Margerie à chacun de leur passage à la pompe, chaque contribuable Français lui doit de surcroit une gâterie supplémentaire, le prix d’un malabar. Allez chiche….


Les petites combines amaigrissantes

Le report illimité des pertes. Limité à cinq ans, le report sur l’exercice futur ne comporte désormais plus de limites. Les pertes réalisées une année peuvent être déduites des bénéfices imposables réalisés les années suivantes, sans limite dans le temps. Les multinationales sont gourmandes de ce dispositif : elles affichent ensemble 315 milliards de pertes stockées, soit l’équivalent d’une créance 53 milliards d’euros qui s’imputera comme bon leur semble sur leur futures impôts sur les sociétés. 

L’intégration fiscale.  Les  gains  et  pertes  des  filiales  françaises  sont  consolidés  au bilan de  la maison mère. Au sein d’un groupe sont donc agrégés les pertes et les bénéfices de toutes les filiales. Coût pour le Trésor: 19,5 milliards d’euros.  

La déductibilité des intérêts.  Considérés comme une charge, les intérêts d’emprunt pour investissement viennent réduire le résultat d’exploitation. Cela peut s’entendre comptablement : si j’achète une machine outil a crédits, la rentabilité de cette machine est affectée des remboursements. Mais cette disposition est à l’origine d’abus, désignés « sous-capitalisation ». Plutôt que de mettre du capital, des fonds propres, il est en effet loisible pour une holding de jouer la banque. Elle prête à une de ses filiales selon des intérêts artificiellement élevés. 


Le régime fille-mère. Une société peut déduire les dividendes versés par ses
filiales, y compris celles situées à l’étranger. Gain pour l’ensemble des entreprises: 35 milliards d’euros. 

La « niche Copé », ou « Copé-Sarkozy ».  Cette disposition fiscale exonère les cessions de participations à long terme, en fait supérieure à deux ans. La « niche Copé » représente 8 milliards d’euros par an. Un rêve pour les fonds dit LBO qui achètent et vendent les entreprises

Le crédit impôt-recherche.  Les investissement dédiés à la recherche ouvrent un droit à un crédit d’impôt (un crédit, donne droit à un chèque, si l’impôt est nul). Ils peuvent être interprétés de façon très large (les entreprises ont fait passé des dépenses de marketing, photocopieuses, voir chez certaines banques des modèles mathématiques automatisant la spéculation). Son coût: 4,2 milliards d’euros.

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