8 novembre 2025

¤ Etre actionnaire : habiter au dessus d’un supervolcan ?

Classé dans : Actions,Economie,Finance,Outils/Bon à savoir,Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 10 : 12

vidma_recorder_08112025_191909Derrière la promesse tranquille de l’épargne boursière se cache une instabilité que peu perçoivent. L’actionnaire moderne croit encore posséder une part de l’entreprise, mais il habite en réalité sur une structure fragile, interconnectée, où les titres, les flux et les droits circulent plus vite qu’ils ne se comprennent.

Sous nos pieds, un volcan financier que plus personne ne regarde

Entre puissance des marchés et dilution des responsabilités, se dessine le paradoxe d’un système devenu à la fois plus fluide et plus vulnérable — un supervolcan dont la lave couve sous les écrans.

Derrière nos placements, un système devenu trop complexe pour être compris

Depuis les années 1990 (USA) et 2000 (UE), la propriété des titres est passée d’un modèle direct (chaque actionnaire identifié) à un modèle indirect (chaîne d’intermédiaires).

En France, la dématérialisation (1984) et le CSDR (2014) ont achevé la mutation.

Le résultat ? En trente ans, l’actionnaire s’est éloigné de son titre sans même s’en apercevoir

Ce système est efficace mais opaque, concentrant la détention dans quelques dépositaires systémiques (Euroclear, DTCC, Clearstream).

Quand la finance devient infrastructure : un choix politique passé sous les radars

1. Perte de transparence actionnariale : les entreprises connaissent mal leurs actionnaires réels.

2. Affaiblissement du lien société-actionnaire : délégation des droits de vote, communication indirecte.

3. Risque systémique accru : concentration et interconnexion des infrastructures ; dépendance des investisseurs à la solvabilité des intermédiaires.

4. Enjeu social croissant : la financiarisation des retraites (épargne retraite investie en actions via fonds) amplifie les effets potentiels d’une défaillance.

Recommandations politiques et techniques

1. Favoriser les régimes de détention directe (nominatif pur / DRS) pour les particuliers, en simplifiant leur gestion.

2. Renforcer les obligations de transparence des intermédiaires sur la ségrégation et la réutilisation des titres.

3. Encadrer le prêt de titres et la réhypothécation dans les portefeuilles d’épargne retraite.

4. Accroître la supervision macroprudentielle des infrastructures systémiques (CSD, custodian global).

5. Développer l’éducation financière sur la nature juridique réelle de la détention de titres.

6. Créer un “fonds de garantie titres” européen, analogue au FGDR pour les dépôts bancaires, couvrant les investisseurs particuliers en cas de faillite d’intermédiaire.

7. Adapter les systèmes de retraite capitalisés pour garantir la portabilité et la traçabilité des actifs sous-jacents.

Message clé

Le passage à la dématérialisation et à la détention indirecte a rendu les marchés plus rapides mais a affaibli le lien entre le citoyen-investisseur et la propriété réelle de ses actifs.
La transparence et la traçabilité doivent redevenir des priorités de politique publique, avant que la prochaine vague de financiarisation (notamment des retraites) ne rende ces failles systémiques.

Pour aller plus loin : « De la propriété au compte : quarante ans de déconnexion silencieuse entre l’actionnaire et son titre »

En un demi-siècle, la propriété des actions a basculé dans un univers de comptes et d’intermédiaires. Cette mutation, discrète mais décisive, a transformé le lien entre l’actionnaire et son titre — et déplacé le risque, parfois à son insu.

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