26 mars 2011

Le progrès technique, les délocalisations, la concurrence internationale… expliquent-ils le chômage ?

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Des sous et des hommes – sur ALIGRE FM 93.1 en région parisienne

mercredi 8 octobre 2003
par Pascale Fourier

Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier – avec Thomas Coutrot, Economiste à la DARES.mercredi, 8 octobre 2003 / Pascale Fourier

Pascale Fourier : Le chômage s’en va, le chômage revient. On ne sait plus trop bien. Pourquoi est-il là, pourquoi n’est-il plus là ? Mystère. Le commun des mortels a donné de multiples explications au chômage, ces dernières années. Le progrès technique, les délocalisations, la concurrence internationale, par exemple. Vrai ou faux ? Explication valable ou explication qui n’est pas valable du chômage. Je suis allée voir Thomas Coutrot pour le lui demander.

Thomas Coutrot : Prenons pour commencer, par exemple, le progrès technique, puisque, en effet, c’est une thèse que l’on entend assez souvent. On entend souvent les non-économistes dire : « Aujourd’hui, avec l’informatique et les nouvelles technologies, il y a des gains de productivité fantastiques, les guichets automatiques remplacent les employés de banque, les distributeurs automatiques remplacent les employés des boutiques vidéo, et maintenant, avec Internet, tout va se faire par le réseau et donc cela va supprimer des dizaines de milliers, des millions d’emplois. » On a parlé même de la fin du travail. C’était la thèse célèbre de Ripkin, dans les années 90-95. Ce qui est rigolo c’est que ça, c’est un discours de non-économiste. Mais tous les économistes, qu’ils soient de droite, de gauche, orthodoxes, libéraux, marxistes, etc., tous les économistes sont au moins d’accord sur une chose, c’est que ce n’est pas le progrès technique qui est à la source du chômage. Pour plusieurs raisons.

La première raison c’est, en fait, qu’il y a certainement du progrès technique en ce moment, mais il n’y a pas de productivité. C’est-à-dire que, contrairement à ce que l’on pense souvent, aujourd’hui, la productivité augmente beaucoup moins vite que par le passé.

Pascale Fourier : Productivité … ?

Thomas Coutrot : La productivité, c’est le volume de richesse produite par chaque personne, par chaque salarié par exemple. Dans les années 50-60, le volume de marchandise ou de service produit par chaque personne augmentait d’à peu près 5 % par an. Aujourd’hui, c’est seulement 2 %. C’est un ralentissement considérable de ce qu’on appelle les gains de productivité, qui coïncide d’ailleurs avec la fin des années 70 et la montée du chômage. Quand on regarde simplement les faits, au moment où le chômage augmente, la productivité ralentit et le progrès technique, donc, ralenti, apparemment. Déjà, c’est une première raison qui fait qu’on ne peut pas dire que c’est à cause de la productivité, à cause du progrès technique que le chômage a augmenté.

La deuxième raison, c’est, en fait, que la productivité, c’est-à-dire l’accroissement de l’efficacité du travail et de l’efficacité de l’utilisation des techniques, est au contraire un facteur de création d’emploi à long terme. Cela va stimuler la croissance, cela va stimuler les nouvelles créations d’entreprise, les nouvelles initiatives. Donc là, il y a vraiment un consensus, c’est assez curieux, c’est l’un des seuls sujets sur lequel les économistes sont d’accord : il n’y a pas de lien entre productivité et chômage. Et ça c’est une idée qui est très difficile à faire passer chez les non-économistes parce que c’est un fait, effectivement, qui semble évident. C’est le sens commun qu’une machine va remplacer un homme et que donc les machines vont mettre les hommes au chômage. Et bien c’est pas du tout comme ça que ça se passe au niveau macroéconomique, au niveau de l’économie dans son ensemble.

Evidemment, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des professions qui disparaissent à cause du progrès technique. Bien entendu, il y a des professions qui disparaissent. Aujourd’hui il n’y a plus de cocher, par exemple, pour conduire les charrettes ou les carrosses dans les rues de Paris, il n’y a plus de porteur d’eau, il n’y a plus les métiers qui évidemment fournissaient beaucoup d’emploi jusqu’au 19e siècle. Il y a des métiers qui disparaissent, mais il y en a d’autres qui apparaissent, c’est ça qui est le plus important. Aujourd’hui il y a des nouveaux métiers qui surgissent. Ça peut être des professions de très mauvaise qualité : livreur de pizza, employé de Mac Donalds. Ce sont des nouveaux métiers, mais des métiers pas très désirés, pas très souhaitables. Il y a aussi des nouveaux métiers qui sont intéressants, bien payés, qualifiés, que cela soit dans la nouvelle économie ou bien ailleurs… Alors c’est vraiment une explication qu’on peut écarter complètement, l’explication par le progrès technique.

Pascale Fourier : Et celle sur les délocalisations, par exemple. Je pensai que ça comptait pour le textile, la sidérurgie. Enfin, au début, c’est ce qu’on pense.

Thomas Coutrot : Tout à fait. L’explication par le problème des délocalisations est déjà un tout petit peu plus sérieuse que l’explication par le progrès technique – mais c’est pas encore vraiment ça le problème. Pourquoi c’est un peu plus sérieux ? Parce que c’est vrai que pour certains secteurs – on prend l’exemple le plus net : les secteurs du jouet, de la chaussure, de l’habillement – dans ces secteurs-là, beaucoup d’entreprises françaises ou européennes ont délocalisé leur production dans des pays d’Asie, d’Afrique du Nord où les coûts de production sont beaucoup moins chers. Donc, pour les ouvriers et les ouvrières de ces entreprises – puisque c’est surtout des ouvrières qui travaillaient dans ces entreprises -, la délocalisation s’est traduite par des licenciements et du chômage. C’est vrai à un niveau sectoriel.Ça n’est plus vrai du tout quand on regarde l’économie dans son ensemble. Quand on fait le bilan de l’augmentation du commerce international de la France. En terme de création d’emplois en France, ce bilan est favorable pour la France. L’augmentation du commerce international a été un facteur de création d’emplois pour la France. Pourquoi ? Parce que, évidemment, on va acheter des produits à la Chine, aux pays asiatiques, aux pays d’Afrique, mais eux-aussi vont nous acheter des produits. Donc ils vont faire travailler des salariés en France. Quand on fait le bilan entre les emplois qui sont créés par les exportations françaises -c’est-à-dire par ce que la France vend aux pays étrangers – et les emplois qui sont détruits par les importations – par les choses que les Français achètent à l’étranger -, globalement le bilan est très favorable pour la France. Mais il est défavorable dans certains secteurs, dans les secteurs, disons, les moins qualifiés : les secteurs du textile, de l’habillement, de la chaussure, du jouet. Et il est favorable dans les secteurs de l’aéronautique, des transports, de la mécanique, de la chimie, etc. Dans les secteurs de haute technologie, le bilan en terme d’emplois est très favorable pour la France et on ne peut pas dire du tout que les délocalisations soient un problème au niveau global.

Alors, bien entendu, cela pose des problèmes sérieux pour certains métiers et pour certaines régions qui sont particulièrement spécialisées. Le Nord était spécialisé dans le textile, la région de Cholet est spécialisée dans la chaussure… Donc c’est vrai que les entreprises quand elles sont spécialisées dans la chaussure, quand elles délocalisent ou quand elles ferment, cela crée des difficultés dramatiques au niveau local. Mais, si on raisonne d’un point de vue global – l’économie cela sert aussi à ça, à avoir un point de vue global -, alors les choses sont moins simples.

Pascale Fourier : Mais alors, c’est dû à quoi le chômage ?

Thomas Coutrot : Fondamentalement, le chômage a explosé dans les années 80 au moment où les entreprises ont estimé qu’elles n’étaient plus assez rentables, il fallait se restructurer. Donc des centaines de milliers d’emplois ont été supprimés au cours des années 80 parce que les entreprises étaient face à une situation où leurs coûts étaient trop élevés, leur marge de rentabilité trop faible, et la concurrence internationale, l’ouverture sur le marché mondial, la libéralisation du commerce, tout cela faisait que la pression de la concurrence était très forte et les entreprises ont du se restructurer. Elles l’ont fait de façon brutale, notamment en France, moins brutale peut-être que dans d’autres pays comme l’Angleterre. Donc au début des années 80, entre 81 et 86, il y a eu une véritable explosion du chômage qui était due surtout, du point de vue des investisseurs capitalistes, à cette insuffisance de rentabilité du capital investi.

Pascale Fourier : Ils ont cherché à faire quoi ? A amoindrir les salaires, le nombre de salaires ?

Thomas Coutrot : Ils ont cherché à diminuer la masse salariale et surtout à baisser le coût du travail et donc notamment à précariser, à flexibiliser le travail et à externaliser vers les sous-traitants. Chez les entreprises comme Renault, par exemple, l’emploi diminue de 5 à 6 % par an depuis vingt ans. Et ça ne vient pas seulement des gains de productivité, ça n’est pas uniquement parce que les travailleurs de chez Renault sont de plus en plus efficaces. C’est parce que Renault a décidé de faire de moins en moins de choses et de confier de plus en plus de ses fabrications à la sous-traitance. Et la plupart des entreprises industrielles font la même chose.

Donc on a un dégraissage des effectifs, une externalisation – c’est-à-dire qu’on va confier à la sous-traitance ce qu’on faisait avant, cela va permettre souvent de rationaliser, d’éliminer les choses qu’on faisait en double. Il y a toute une série de pratiques qui ont été menées de façon assez intense dans les années 80 et qui ont provoqué à la fois une baisse des salaires dans la richesse créée – dans les année 80, la part des salaire dans la richesse créée chaque année par le travail des Français s’est effondrée, elle a perdu 10 points. 10 % de la richesse créée dans les années 80 sont passés directement du travail vers le capital « grâce » à ces restructurations – « grâce », entre guillemets bien entendu. En même temps, le chômage a explosé. C’est d’ailleurs assez intéressant : au moment où le coût du travail baissait fortement, le chômage explosait. Ça c’est pour expliquer l’augmentation du chômage dans les années 80, c’est fondamentalement ces restructurations, liées aussi au fait que l’on entrait dans une nouvelle période de l’organisation de l’économie mondiale : avec moins de protection, moins de marchés réservés, pour les entreprises françaises par exemple, et la nécessité de se battre sur des marchés étrangers, de subir la concurrence d’autres pays sur ses propres marchés. Cela a obligé les entreprises qui voulaient rester suffisamment rentables à ajuster assez fortement leurs effectifs.

A la fin des années 80, on peut dire que cette raison de l’augmentation du chômage n’existait plus, c’est-à-dire que les entreprises françaises avaient retrouvé un niveau de rentabilité et de compétitivité qui était largement équivalent à ceux de leurs concurrents. Et pourtant le chômage a encore augmenté fortement entre 90 et 95. Mais ça, c’est principalement à cause de la politique économique qui a été menée à ce moment-là. On a eu une politique économique qui a été désastreuse, pour des raisons compliquées, mais la raison essentielle c’était la mise en place de la monnaie unique : l’idée qu’il fallait absolument réduire les déficits et les dépenses publiques de façon à satisfaire aux critères de convergence de Maastricht – pour arriver à rentrer, disons, dans le carcan imposé par les critères de Maastricht pour rentrer dans la monnaie unique. En plus il y a eu, au début des années 90, des problèmes importants sur la monnaie, des vagues de spéculations entre les monnaies européennes, contre le franc, contre la livre britannique. C’est-à-dire que les spéculateurs ont jugé que le franc était trop cher par rapport aux autres monnaies, notamment au mark allemand, et ont estimé qu’il fallait vendre du franc et acheter du mark parce que le franc allait forcément baisser. Et à ce moment-là, Bérégovoy, le ministre des Finances de l’époque, a décidé de défendre coûte que coûte le franc fort, de défendre la valeur du franc par rapport au mark. Ça a donné des politiques avec des taux d’intérêt extrêmement élevés, pour convaincre les spéculateurs que le franc allait rester une monnaie attractive. Donc la France a payé des taux d’intérêt très élevés sur des dépôts en franc et cela a achevé de ruiner la croissance. Dans la première moitié des années 90, on a eu une croissance extrêmement lente, et même négative – on a eu une récession très forte en 93. Et donc, c’est à cause de cette politique macroéconomique complètement restrictive et complètement suicidaire du point de vue du chômage…

Pascale Fourier : Mais elle a été dénoncée en son temps ?

Thomas Coutrot : Oui, bien sûr, il y a eu de fortes critiques contre cette politique. Elle a été très critiquée, pas par la majorité des économistes, malheureusement, mais par certains économistes. Je le répète, c’est une politique qui a été menée par Pierre Bérégovoy, ministre des Finances de gauche, et ensuite poursuivie par Balladur quand il est devenu Premier ministre.

Pascale Fourier : Mais peut-être que c’était une nécessité de défendre la monnaie, non ?

Thomas Coutrot : Certainement pas par cette méthode-là. Pourquoi le gouvernement de l’époque a choisi de défendre la valeur du franc par rapport au mark ? C’était pour affirmer politiquement le fait que la monnaie unique était quelque chose d’irréversible et que la valeur du franc par rapport au mark était quelque chose de gravé dans le marbre, qu’on ne pourrait plus jamais modifier. C’était donc une décision politique extrêmement forte mais extrêmement rigide. Par exemple, l’Espagne ou l’Italie ont dévalué leurs monnaies – c’est à ce moment-là -, ce qui leur a évité une augmentation importante du chômage ; et pourtant, aujourd’hui, elles sont dans la monnaie unique. Simplement, Mitterrand et Bérégovoy ont jugé que la France ne pouvait pas se permettre de dévaluer sa monnaie pour des questions, sans doute, d’honneur national, à mon avis mal placé.

On estime que rien que cette décision de ne pas dévaluer le franc en 92 a coûté 500 000 emplois à l’économie française, sans compter ensuite les politiques de taux d’intérêt élevés et les politiques de restriction budgétaire à cause des critères de Maastricht. On peut dire que, pour l’essentiel, l’augmentation du chômage au début des années 90 est due à ces choix de politique économique. Moi, j’appelle ça des erreurs, mais ce n’était pas des erreurs, en fait, c’était des choix. Les gens qui ont pris ces décisions savaient le coût que ça allait avoir sur la croissance et donc sur le chômage, mais ils avaient choisi politiquement d’affirmer la valeur du franc fort comme un objectif plus important que la lutte contre le chômage.

Rappel : Vous pouvez imprimer ce texte. Quel que soit l’usage que vous en ferez, il vous est demandé de citer votre source : Emission Des Sous…et des Hommes du 29 Janvier 2002 sur AligreFM. Merci d’avance.

Faut-il faire baisser les impôts ?

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Des sous et des hommes – Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 en région parisienne

dimanche 16 novembre 2003
par Pascale Fourier

EMISSION DU 20 NOVEMBRE 2001

Michel Prat est chercheur à l’université Paris I Sorbonne, Paris XI et professeur de finance publique.

Pascale Fourier : C’est étonnant : qu’ils soient de droite ou de gauche, tout le monde veut baisser les impôts ! Certes, c’est une question qu’il faut prendre en compte en regardant également son intérêt personnel. Mais n’est-elle pas lié à l’intérêt de l’ensemble de la société ? Est-ce si bon que cela de baisser les impôts ?

Michel Prat : Il est vrai que c’est un sujet d’actualité. Mais avant de parler de baisse, il faut peut-être rappeler ce qu’est l’impôt. La définition est d’ailleurs assez simple. C’est un prélèvement pécuniaire obligatoire qui est effectué à titre définitif sans contre-partie immédiate. C’est donc un prélèvement qui est fait à chaque citoyen et dont on ne peut pas indiquer personnellement ce que l’on doit en faire. La contre-partie, à plus long terme, se retrouvera par contre à travers les charges publiques et l’intérêt général.

Pascale Fourier : Lorsque l’on parle de baisse d’impôts, s’agit-il des impôts sur le revenu, d’impôts sur les sociétés ?

Michel Prat : Parlons du budget de l’état, en donnant quelques chiffres. Il représente environ 1700 milliards. L’impôt sur le revenu rapporte 350 à 400 milliards, celui sur les sociétés environ 200 milliards. Il reste ensuite bien d’autres types d’impôts, comme les taxes parafiscales ou la TVA par exemple, qui prélève sur la consommation 19.6% supplémentaire au commerçant, que celui-ci reverse ensuite à l’état.

Pascale Fourier : Mais à quoi vont bien pouvoir servir tous ces milliards ?

Michel Prat : On peut rappeler une date importante à ce sujet : 1789. C’est la première fois que l’on confie la tâche de décider comment subvenir aux besoins collectifs du pays à un parlement, c’est-à-dire aux élus du peuple. Ce sont donc les citoyens, à travers leurs représentants, qui vont décider d’abord de l’utilité des impôts, puis de leurs fonctions.

Pascale Fourier : Avant cela, il n’existait que la cassette du roi ?

Michel Prat : Effectivement, le roi s’adressait alors à ses représentants fermiers ou aux seigneurs, il leur indiquait les sommes à prélever en fonction de ses besoins et l’argent était collecté. Mais il y avait quand même beaucoup de problèmes financiers, notamment pour les armées. Alors, n’arrivant pas à rassembler suffisamment d’argent, des assemblées de ceux qui devaient contribuer ont été constituées. C’est ainsi que le parlementarisme est né en Grande Bretagne, en France, où ces rassemblements ont montré une plus grande efficacité à collecter. Le Parlement s’est alors posé des questions sur le but des impôts et les quantités à prélever.

Pascale Fourier : Qu’a-t-il été décidé alors ?

Michel Prat : Actuellement, les impôts couvrent les charges publiques générales. C’est-à-dire l’éducation, la justice, la police, les infirmières également, dont on a parlé ces derniers temps parce qu’il en manquait. Voilà beaucoup de tâches générales qui sont payées par l’impôt, auquel chacun contribue. Et cela nous amène inévitablement à se pencher sur la question de la justice fiscale à laquelle les impôts répondent. Cette question avait déjà été évoquée un peu avant la Révolution, au siècle des Lumières. Les inégalités étaient alors très importantes. La mise en place d’une contribution de chacun en fonction de ses revenus permit alors d’assurer un minimum de services à l’ensemble de la population de façon égale pour tous.

Pascale Fourier : Les routes, l’école, l’hôpital pour tous. C’est donc cela qu’il y a derrière les impôts ?

Michel Prat : L’accès aux écoles maternelles, primaires ou autres sont normalement gratuites. Cela constitue l’une des valeurs fondamentales de notre société qui est le principe d’égalité. On comprend mieux dés lors sur quelle base se justifie l’aspect obligatoire du prélèvement des impôts. Tout le monde voit ainsi ses besoins satisfait, en particulier ceux qui ont très peu de revenus.

Pascale Fourier : Les impôts servent à des aspects essentiels de notre société comme l’école, les hôpitaux, la justice. Tout cela est extrêmement important et malgré cela, il y a de nombreux problèmes de fonctionnement dus au manque de moyens, entraînant souvent des mouvements de protestation dans ces domaines. Plus grave encore, les partis politiques, et notamment de gauche, annoncent qu’il faut baisser les impôts. Pourquoi une telle contradiction ?

Michel Prat : Il est effectivement tentant individuellement et à priori de vouloir une baisse d’impôts. Mais d’autres peuvent également faire le souhait d’en payer plus car cela serait synonyme de revenus plus importants. On remarque que ce sont surtout les hauts revenus qui demande cette baisse et c’est cela qui a été réalisé par les différents partis politiques qui se sont succédés au pouvoir. Il faut expliquer également que l’impôt sur le revenu est progressif. En effet, les tranches basses de l’impôt, c’est-à-dire les revenus de nécessités courantes, payent des taux faibles, de l’ordre de 10 à 20%, alors que seule la part la plus élevée des revenus peut être taxée jusqu’à 50%. C’est une idée qui date de l’époque des Lumières et de Rousseau. L’impôt devait être faible sur les revenus servant à satisfaire nos besoins immédiats comme se vêtir, se loger, se nourrir. Les revenus moins directement nécessaires pouvaient alors être taxés de façon plus importante.

Pascale Fourier : Cela veut dire que même les personnes riches payent un taux d’imposition aussi faible que les autres sur la première partie de leurs revenus ?

Michel Prat : Oui. Il y a donc une certaine égalité. D’ailleurs, une étude récente faisait le bilan d’un siècle ou deux de paiement d’impôts sur le revenu et donnait des chiffres ou les prélèvements étaient bien plus importants qu’aujourd’hui, notamment au début du siècle. Qui se souvient de la fiscalité des années 80, où la part supérieure était taxée à plus de 60 % et même plus de 70 % quelques temps auparavant. Il n’y a pas eu de drame pour autant de la part des personnes qui gagnent énormément.

Pascale Fourier : Des arguments récurrents sont avancés contre la hausse des impôts, assurant que cela les découragerait de travailler, que les hauts revenus partiraient vers l’étranger.

Michel Prat : C’est vrai que certains tentent de partir vers l’étranger. Mais on s’est rendu compte qu’ils étaient peu nombreux et que c’était surtout ceux qui avaient oublié de payer leurs impôts. Mais ils ne sont que quelques dizaines ou centaines de personnes sur plusieurs millions d’habitants. De plus, la France a quand même une politique de l’impôt plutôt intelligente qu’il faut préserver. Car, à force de baisser les impôts, il y aura moins de rentrées dans les caisses de l’état. Cela réduira alors les services proposés. C’est le cas des Etats-Unis qui, dans les années 60 et 70, affirmaient que les impôts étaient du vol. Il y a eu alors un fort mouvement de baisse des impôts. Le résultat de cette politique a été une baisse des services publics. Et, après quelques années de négligence sur l’entretien du réseau électrique en Californie, il y a eu des coupures électriques comme dans les pays en voix de développement quand il y a de graves difficultés. On s’aperçoit que cela n’est pas si simple et que la réflexion sur l’impôt demande un débat. On doit se demander de combien les baisser, comment les répartir et surtout comment les utiliser. Car souvent, ceux qui demandent des baisses trouvent qu’ils en payent trop mais ont-ils bien compris ce qu’ils reçoivent en échange ?

Pascale Fourier : Peut-être pensent-ils pouvoir se payer eux-mêmes des services qu’ils trouveraient à l’extérieur ?

Michel Prat : Seules les 5 à 10 % les plus riches peuvent sûrement se passer de sécurité sociale, de tarifs attractifs pour les transports en commun ou de l’école gratuite. Mais si l’on se souvient des principes de base de notre société  » Liberté, Egalité, Fraternité « , l’idée était alors d’augmenter le niveau de vie général de l’ensemble de la population. De plus, la nouvelle économie pouvant permettre aujourd’hui un enrichissement très rapide, les écarts se creusent entre les différences de revenus. Ce sont alors les couches salariales les plus basses qui en pâtissent les premiers. Si les problèmes économiques touchent d’abord les ménages les plus pauvres, il est nécessaire de continuer l’éducation gratuite des enfants, des aides pour les soins médicaux. Il faut qu’il y ait une répartition des richesses pour compenser les inégalités toujours croissantes de ces dernières années.

Pascale Fourier : L’un des arguments des libéraux affirme que les personnes fortement taxées sont, à cause des impôts, découragés de travailler. Qu’en pensez-vous ?

Michel Prat : Il faut d’abord indiquer que le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu, actuellement de 50%, a déjà été diminué. Puis il est nécessaire de savoir si l’on travaille uniquement pour la rentabilité économique et financière. Il n’y aurait alors plus beaucoup d’activités dans le pays. Si l’on pense aux enseignants ou aux personnels hospitaliers, ils sont dévoués à leur métier malgré un salaire plutôt bas. Il n’y a pas que le gain financier qui est attractif. Que serait la société si ce n’était que cela ! On vit pour un certain nombre de valeurs autres que la valeur financière. Surtout lorsque les dépenses de premières nécessités et bien au-delà sont satisfaites. Quand on parle de taux de 50%, cela touche des revenus de 600 mille à 1 million de francs et plus. Il leur reste encore de quoi faire face.

Pascale Fourier : Un autre argument libéral dénonce les impôts trop élevés sur les sociétés, le risque étant de brider la compétitivité française. Quelles propositions alternatives répondent à cette idée souvent répandue ?

Michel Prat : Le premier point est de comparer ce taux d’imposition sur les entreprises. Nous serons bientôt à un niveau proche des 30%, ce qui nous rapprochera beaucoup des autres pays. Il n’y a donc pas de difficultés majeures en terme de compétitivité. L’autre aspect concerne les services communs dont bénéficient les entreprises qui s’implantent dans une zone industrielle. Elles trouvent à leur porte le téléphone, l’eau, l’électricité. Ce sont bien nos impôts qui ont permis cela. D’ailleurs, les entreprises ne viennent que lorsque l’ensemble de ces services est implanté. En allant encore un peu plus loin dans le raisonnement, on peut remarquer que les personnes allant travailler dans ces entreprises ont été formées, elles ont fait des études et ce ne sont pas les entreprises qui les ont formées. Qui plus est, il est reconnu que la France assure un bon niveau de formation, dont la compétitivité des entreprises a besoin. Et cela est dû, bien sûr, à l’ensemble des impôts versé par les individus et par les entreprises. Quelle serait alors la situation financière des entreprises si elles devaient subvenir elles-mêmes au besoin de formations comme auparavant ? Le problème n’est pas si simple.

Pascale Fourier : Je ne comprends toujours pas pourquoi des hommes politiques et notamment de gauche demandent sans arrêt de faire baisser les impôts ? C’est éloquent lorsque l’on entend Fabius.

Michel Prat : C’est sans doute qu’il parait plus simple, pour recueillir l’assentiment du plus grand nombre, de proposer des baisses d’impôts. Mais n’oublions pas toutes les activités d’intérêt général qu’il nous faut fournir. Les responsables politiques, en particulier de gauche, disent par ailleurs qu’il ne faut pas baisser les impôts pour tout le monde, que la répartition va (doit ?) se faire différemment. Le discours est quand même souvent compliqué dans ce domaine. C’est pour cela qu’on peut avoir du mal à s’y retrouver. Pour preuve, une réforme sur la fiscalité était prévue dans les années 70, elle a finalement été reportée aux années 90. Mais elle n’a toujours pas eût lieu. Il y a eu des baisses d’impôts, mais il y a eu des augmentations également. C’est paradoxal car cela s’est passé sous des gouvernements différents. Ils ont à tour de rôle augmenté puis baissé les impôts. On voit bien que la base de leurs discours et de leurs références ne sont pas toujours aussi solides que cela en à l’air. Il y a eu également des demandes très fortes de baisses d’impôts de la part des petits artisans et des petits commerçants, régulièrement reprises. Mais ils ont souvent oublié les mesures de facilités fiscales . Et puis, la compréhension de la répartition des impôts n’est pas facilitée par la multitude d’impôts. Ils sont nombreux et ne sont souvent appliqués qu’au bout de deux ou trois ans d’activités. Mais on rentre là dans la technique même, alors que sur le principe, il faut bien une contribution de tout un chacun. Au final, on peut se dire que si l’on paye beaucoup d’impôts, c’est que l’on a beaucoup de revenus. Il n’existe pas encore à ma connaissance d’impôt qui soit collecté sur un revenu qui n’a pas été gagné.

Pascale Fourier : Il faut alors souhaiter payer beaucoup d’impôts ?

Michel Prat : Oui. Cela sera toujours synonyme de hauts revenus. On peut à nouveau se poser la question de la justice fiscale. Le citoyen a en effet envie qu’on lui rende compte de la nécessité de payer des impôts. C’est là quelque chose de fondamental. Que l’on parle d’impôt sur le plan économique ou même sur le plan technique ou juridique, on oublie que l’impôt est un acte politique. C’est la vie de la société. Il faut donc forcément se reposer la question des grands choix du Parlement. Le citoyen aimerait être sollicité plus souvent au niveau des dépenses parce que l’on peut effectivement considérer qu’il y a des dépenses importantes et d’autres non. On disait bien, au début, dans la définition de l’impôt, qu’il était obligatoire mais que l’on ne décidait pas de son affectation. Ce sont les élus, représentants des citoyens, qui décident là où l’effort doit être porté. Dans ce cas là, la motivation pour payer les impôts serait plus grande, y compris chez ceux qui demandent de les baisser.

Pascale Fourier : Est-ce l’orientation qui est prise avec les discussions actuelles sur le budget de l’état ?

Michel Prat : Le souhait récent du ministère de l’intérieur est d’augmenter les moyens de l’état afin d’assurer la sécurité dans les quartiers et autres. C’est vrai que c’est au niveau du budget de l’état que la répartition des impôts se décide. Mais ces choix ont tendance à être noyés dans des choix difficiles. Lorsque l’on regarde le vote du parlement, on voit que 96% des choix sont identique à l’année précédente, satisfaisant ainsi les mêmes besoins. On s’aperçoit que la marge de manœuvre est faible. C’est peut être dans cette direction qu’il faudrait retravailler, se reposer un certain nombre de questions. Mais cela demande une intervention des citoyens dans la vie publique. On a pu voir, sur le plan local, des listes allant en ce sens aux dernières élections municipales.

Pascale Fourier : Existe-t-il des moyens pour les citoyens de mettre le nez dans le budget de l’état ?

Michel Prat : L’Etat parait effectivement loin. Cela est d’abord possible par le vote de nos représentants, mais également en s’y intéressant, en s’informant ou même lorsque nous sommes sollicités dans notre vie quotidienne. Ne faudrait-il pas, par exemple, mettre un peu plus d’argent au niveau des transports en commun dans les grandes agglomérations ? Et la fiscalité concernant l’environnement ? On s’aperçoit bien qu’il est très difficile de prendre des décisions. On a tendance à vivre sur ce qui existait auparavant et c’est peut être là où les citoyens doivent intervenir dans leurs collectivités et auprès de leurs représentants, en exigeant des comptes rendus. C’est intéressant de savoir les raisons qui ont poussé un député à voter un budget qui peut s’orienter vers la défense nationale, l’éducation ou l’environnement. On peut se demander, par exemple, pourquoi ils ont abandonné la taxe sur les produits polluants. On peut agir ainsi directement sur les choix politiques effectués.

Rappel : Vous pouvez imprimer ce texte. Quel que soit l’usage que vous en ferez, il vous est demandé de citer votre source : Emission Des Sous…et des Hommes du 20 Novembre 2001 sur AligreFM. Merci d’avance.

¤ « Empty, hollow, thud » : l’expérience de Rosenhan

Classé dans : Outils/Bon à savoir,Politique/Societe — uriniglirimirnaglu @ 12 : 05

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Expérience de Rosenthal.

En psychologie, l’expérience de Rosenhan est une expérience renommée sur la validité du diagnostic psychiatrique, menée par le psychologue David Rosenhan en 1973[1]. Son étude a été publiée dans le Science magazine sous le titre « On Being Sane in Insane Places » (« Un individu sain dans des lieux qui ne le sont pas »)[2]. Elle est considérée comme une critique importante et influente des diagnostics psychiatriques.

L’étude de Rosenhan est composée de deux parties. La première partie implique la participation d’associés en bonne santé mentale, les « pseudo patients », qui ont simulé des hallucinations auditives brèves dans le but d’être admis dans douze hôpitaux psychiatriques des États-Unis, répartis dans cinq États différents du pays. Ils ont tous été admis et reconnus souffrants de désordres psychiatriques. Après leur admission, ils ont agi normalement, et déclaré au personnel soignant qu’ils se sentaient bien, et n’avaient plus d’hallucination du tout. Le personnel de l’hôpital a échoué dans chaque cas à détecter la supercherie, et est au contraire resté persuadé que tous les pseudo patients montraient les symptômes d’une maladie mentale. Plusieurs sont restés internés des mois. Ils ont tous été obligés d’admettre avoir une maladie mentale et accepter de prendre des antipsychotiques pour être libérés.

La seconde partie consistait à demander au personnel d’un hôpital psychiatrique d’identifier de faux patients dans un groupe qui n’en comportait pas. Le personnel soignant a faussement détecté comme imposteurs un grand nombre de vrais malades.

La conclusion de l’étude est que les humains ne peuvent pas distinguer les personnes saines des personnes atteintes d’aliénation mentale dans les hôpitaux psychiatriques. Elle a également illustré les dangers de la dépersonnalisation et de l’étiquetage dans les établissements psychiatriques. (more…)

¤ Locus de contrôle

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¤ Locus de contrôle dans Outils/Bon à savoir julian_rotter Le locus de contrôle (ou « lieu de contrôle ») est un concept de psychologie proposé par Julian Rotter en 1954[1] qui décrit le fait que les individus diffèrent dans leurs appréciations et leurs croyances sur ce qui détermine leur réussite dans une activité particulière, ce qui leur arrive dans un contexte donné ou, plus généralement, ce qui influence le cours de leur vie. Les personnes croyant que leur performance ou leur sort dépendent surtout d’eux-mêmes ont un locus de contrôle dit « interne » ; celles persuadées du contraire (c’est-à-dire que l’issue est avant tout déterminée par des facteurs extérieurs, hors de leur influence) ont un locus de contrôle dit « externe ». Par exemple, un candidat échouant à un examen (comme le permis de conduire) attribuera son échec à une cause externe (examen difficile, manque de chance ou examinateur sévère) s’il a un locus contrôle plutôt externe, mais à ses propres erreurs, son manque de travail, de concentration, etc. s’il a un locus de contrôle plutôt interne.

Il est aujourd’hui admis que le locus de contrôle est une dimension importante de la personnalité, relativement stable dans le temps[2]. Cela en fait un élément important dans la psychologie de la santé et du soin auprès des malades ou dans la psychologie de l’éducation. Néanmoins, le locus de contrôle peut être affecté par différents facteurs dont la valence affective de la situation : d’une manière générale, les échecs personnels sont perçus comme davantage dus aux circonstances extérieures tandis qu’on a tendance à adopter un locus de contrôle plus interne vis-à-vis de ses propres succès.

Sommaire

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Locus externe[modifier]

Un individu « externe » aura tendance à attribuer une causalité externe aux événements qu’il subira. Par exemple, un sujet externe ayant eu une mauvaise note à un examen attribuera très facilement une cause externe à son échec; ce sera par exemple « la malchance ». Nous parlerons alors d’un sujet ayant un « locus de contrôle externe ».

On distingue divers types de locus de contrôle externe selon que le contrôle des événements est attribué :

  1. au hasard
  2. à la chance
  3. à la fatalité
  4. à un autre tout-puissant

Les individus externes sont plus confiants lorsqu’ils sont confrontés à des problèmes graves comme la maladie. En effet, ceux-ci peuvent y attribuer une raison (externe) et accepter l’événement qu’ils subissent. Un individu interne cherchera probablement une cause (interne) qui sera inexistante, ce qui pourrait entraîner un état de stress et d’anxiété.

Locus interne[modifier]

Un individu interne aura tendance à attribuer une causalité interne aux événements qu’il subira. Dans ce cas de figure-là, le sujet croit qu’il existe un lien de causalité entre son activité et sa performance. Par exemple, un sujet interne ayant eu une bonne note à un examen attribuera très facilement une cause interne à sa réussite. Ainsi, il justifiera sa réussite par ses multiples efforts. Nous parlerons alors d’un sujet ayant un « locus de contrôle interne ». Le sujet croit alors simplement à l’existence d’un lien entre son activité et sa performance.

Les sujets internes sont plus enclins à se remettre en cause en cas de crise interpersonnelle (ou organisationnelle). De plus, ils éprouvent plus de satisfaction personnelle que les individus externes. En effet, les sujets internes ont une image d’eux-mêmes plus positive.

Toutefois, Averill a montré en 1973 qu’un fort contrôle de la situation peut être néfaste pour le sujet ; par exemple dans le cas de la maladie (voir locus externe).

Facteurs influençant le locus de contrôle[modifier]

Les études de psychologie différentielle montrent que le locus de contrôle varie fortement d’un sujet à l’autre, mais est relativement stable chez une même personne au cours du temps. Toutefois, il existe différents facteurs qui peuvent modifier plus ou moins durablement le score d’internalité (ou d’externalité) d’un individu.

Norme d’internalité[modifier]

Beauvois (1984) fait remarquer qu’il existerait une « norme d’internalité » qui consisterait à mettre en avant des explications internes au détriment des explications externes lors d’explications causales (renforcements et comportements). En effet, de manière générale, la culture occidentale a tendance à valoriser les individus internes, plutôt que les individus externes. C’est pourquoi, les individus voulant se montrer sous un angle favorable à autrui auront plutôt tendance à mettre en avant des explications internes (qu’il s’agisse de comportements ou renforcements, négatifs comme positifs).

Cette norme est transmise par les institutions socio-culturelles (écoles, formations professionnelles etc.).

Biais de la Catégorie socio-professionnelle (CSP)[modifier]

Beauvois et Le Poultier (1986) précisent que les membres des groupes sociaux favorisés sont plus internes que les membres de groupes sociaux défavorisés. Ainsi, la catégorie socio-professionnelle influence fortement les résultats des sujets.

Pansu (1994) a analysé le score moyen d’internalité des cadres hiérarchiques et des exécutants lors de scénarios pré-construits décrivant le comportement d’un individu. Les résultats ont montré que les cadres hiérarchiques avaient un score moyen d’internalité supérieur à celui des exécutants.

Gangloff (1998) a comparé le score moyen d’internalité des cadres et des ouvriers du secteur public et du secteur privé. Il a alors remarqué que la différence du score moyen d’internalité entre les cadres et les ouvriers était bien moins significative dans le secteur public que dans le secteur privé.

Biais de la représentation[modifier]

Bien que la norme d’internalité soit assez stable dans le temps, il ne faut pas oublier qu’elle reste toutefois subjective. En effet, certaines prises de positions pourront nous paraitre externes/internes alors qu’elles seront bien différentes.

La « chance » reste une donnée très relative. En effet, un sujet peut avoir de la chance de manière exceptionnelle sans être externe. Ainsi, si un sujet achète les deux dernières places de son concert préféré, il a eu de la chance (attribution externe) sans être pour autant un sujet externe.

Matériel[modifier]

Il existe très peu d’instruments valides de mesure du Loc. Toutefois, le locus de contrôle est souvent défini à l’aide de questionnaires ou de tests psychologiques.

L’échelle établie par Rotter sur la base d’un questionnaire à choix forcé de trente items reste la plus largement utilisée[2].

L’IPC de Levenson, qui mesure en plus de l’internalité l’influence d’un autrui tout-puissance et le facteur chance (hasard), a des qualités psychométriques satisfaisantes dans sa version française.[3]

L’échelle de Lumpkins, qui se compose d’une dizaine d’items, n’est pas validée en langue française.

Notes et références[modifier]

  1. Certains auteurs ont évoqué l’influence de concepts comme celui d’attribution causale (développé par Fritz Heider) sur la conceptualisation du locus de contrôle mais Rotter reste considéré comme l’inventeur du concept dans le cadre de sa théorie de l’apprentissage social, voir (en) Uichol Kim, Guoshu Yang, Kwang-kuo Hwang, Indigenous and Cultural Psychology: Understanding People in Context, Springer, 2006, p. 43.
  2. a et b (en) John Maltby, Liz Day, Ann Macaskill, Personality, Individual Differences and Intelligence, Pearson Education, 2007, p. 91-92.
  3. Rossier, J., Rigozzi, C. & Berthoud, S. (2002). Validation de la version française de l’échelle de contrôle de Levenson (IPC), influence de variables démographiques et de la personnalitéValidation of the French translation of the Levenson’s locus of control scale (IPC). Annales Médico-psychologiques, 160 (2), 138-148.

Articles connexes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Cerclé, A., Somat, A., Psychologie Sociale, Paris, Dunod, 2005. (ISBN 2-10049-027-3)
  • Lieury, A., Psychologie Cognitive, Paris, Dunod, 1990. (ISBN 2-10048-374-9)
  • Louche, C., Psychologie sociale des organisations, Paris, Armand Colin, 2005. (ISBN 2-20034-561-5)
  • Paquet, Y., Relation entre locus de contrôle, désir de contrôle et anxiété, Paris, Masson, 2006.

¤ Sociocratie

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Types de gouvernements

La sociocratie fait référence à un mode de prise de décision et de gouvernance qui permet à une organisation quelle que soit sa taille — d’une famille à un pays — de se comporter comme un organisme vivant, de s’auto-organiser. Son fondement moderne est issu des théories systémiques. L’objectif premier est de développer la co-responsabilisation des acteurs et de mettre le pouvoir de l’intelligence collective au service du succès de l’organisation.

Sommaire

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Histoire[modifier]

Gerard Endenburg[modifier]

Gerard Endenburg (1933-) est un ingénieur hollandais en électrotechnique. En 1968, il prend la direction de l’entreprise familiale Endenburg Elektrotechniek en remplacement de son père. En 1970, atterré par les conflits permanents au sein du comité d’entreprise, il décide de stopper le développement économique de l’entreprise pour se consacrer à améliorer son organisation. Il invente alors la méthode sociocratique fondée sur le concept plus aucune objection argumentée d’aucune personne.

Sources[modifier]

La création de la sociocratie par Gerard Endenburg est la confluence de quatre éléments :

  1. Ses propres connaissances en cybernétique (théories des systèmes de contrôle/commande) ;
  2. Sa méthode de travail par analogie consistant à trouver la solution d’un problème dans un domaine en transposant celle trouvée à un problème équivalent dans à un autre domaine — ici de la cybernétique à la société ;
  3. Les travaux de Kees Boeke (1884-1966), un pacifiste et éducateur hollandais qui a créé en 1940 une école où aucune action ne pouvait être entreprise s’il n’y avait pas des solutions acceptables par tous aux problèmes existants : Gerard Endenburg a été élève de Kees Boeke de 1943 à 1948 ;
  4. Le fonctionnement de la Société religieuse des Amis, plus connue sous le nom de quakers, et dont Kees Boeke et les parents d’Endenburg étaient membres : les quakers défendent le droit à la spiritualité individuelle, décident par consensus, sont non-violents, etc.

Origine du mot[modifier]

Le mot sociocratie a été inventé par Auguste Comte (1798-1857)[réf. nécessaire]. Ses racines viennent du latin societas (société) et du grec krátos (autorité) : la gouvernance du socios, c’est-à-dire des personnes liées par des relations significatives, différent du dêmos (démocratie), masse d’individus ne partageant que quelques valeurs communes.

Le mot a été aussi employé par le sociologue américain Lester Frank Ward[réf. nécessaire] (1841-1913) qui l’a probablement repris d’Auguste Comte.

Aux États-Unis, le mot sociocratie évoque irrésistiblement aux Américains le mot socialisme avec toutes les connotations négatives que ce terme a pour beaucoup d’entre eux. Aussi, la sociocratie y est parfois appelée gouvernance dynamique (Dynamic Governance).

Diffusion[modifier]

Du fait de son origine, la sociocratie s’est particulièrement développée en Hollande aussi bien dans les milieux économiques traditionnels que dans les milieux éducatifs. La sociocratie y est d’ailleurs une forme de structure légale pour les entreprises.

De nombreuses organisations utilisent la sociocratie en France et dans le reste de l’Europe, en Amérique latine, en Inde, aux États-Unis et au Canada.

Gerard Endenburg a créé en Hollande un centre de diffusion de la sociocratie[1]. D’autres tentatives de regroupement des praticiens de la sociocratie sont en cours, notamment aux États-Unis[2].

Les quatre règles de fonctionnement[modifier]

La méthode d’organisation sociocratique repose sur quatre règles simples.

La prise de décision par consentement[modifier]

La sociocratie distingue les décisions politiques (qui affectent le fonctionnement de l’unité ou l’organisation du travail) et les décisions opérationnelles (le travail au quotidien). Pour des raisons d’efficacité, seules les premières sont prises par consentement. Il y a consentement quand personne n’a d’objection importante et raisonnable. Quand une objection est émise dans un groupe sociocratique, la personne qui a émis l’objection et les autres membres du groupe travaillent ensemble à la lever. S’ils y arrivent la décision est prise ; sinon un processus d’escalade dans la structure de l’organisation évite le blocage.

Le consentement est la composante cardinale de la sociocratie. Il peut être fait à peu près n’importe quoi du moment qu’il y a consentement. Notamment une organisation sociocratique peut choisir pour une durée limitée un autre type de gouvernance, s’il y a consentement à ce propos, par exemple en cas de crise grave.

Le cercle[modifier]

La sociocratie maintient la structure opérationnelle existante d’une organisation. À chaque élément de cette structure, elle rajoute en parallèle un cercle chargé de la prise des décisions politiques. Toute personne appartenant à la structure opérationnelle est membre de droit du cercle correspondant. Des cercles ad hoc peuvent être créés pour résoudre des problèmes spécifiques.

Chaque cercle établit ses propres règles de fonctionnement sur le principe du consentement de ses membres. Un cercle a pour mandat de réaliser la mission de l’unité de travail, d’améliorer constamment la qualité de sa production et d’assurer sa pérennité par l’éducation permanente de ses membres.

Un cercle est maître du pilotage, de l’exécution et de la mesure de ses processus au sens de la norme ISO 9001. L’exécution de ses trois fonctions par le cercle est une des conditions majeures du succès de la sociocratie dans une organisation.

Chaque cercle choisit un facilitateur qui anime les réunions selon les méthodes sociocratiques, et un secrétaire qui rédige les comptes rendus et maintient l’historique du cercle.

Un cercle est une organisation semi-autonome car il est inscrit dans une hiérarchie : chacun doit tenir compte des besoins des cercles supérieurs et des cercles inférieurs. Le cercle de plus haut niveau, correspond au conseil d’administration ; il doit représenter l’environnement économique, social et culturel de l’organisation.

Le double lien[modifier]

Dans une organisation gérée de manière traditionnelle, le responsable d’une unité assure à la fois la communication descendante (les directives venant des niveaux supérieurs de l’organisation) et la communication ascendante (le retour des informations de la base vers les niveaux supérieurs). Assurer simultanément ces deux rôles est difficile et source de confusion.

La sociocratie établit un double lien entre chaque cercle et son cercle de niveau supérieur. Le responsable de l’unité opérationnelle est choisi par le cercle de niveau supérieur. Une deuxième personne, obligatoirement distincte de la précédente, est choisie par le cercle pour participer au cercle de niveau supérieur et donner ou non son consentement aux décisions qui y sont prises. Ces deux personnes sont membres à part entière des deux cercles.

L’élection sans candidat[modifier]

Le choix et l’affectation des personnes dans une fonction ou la délégation d’une tâche à un membre du cercle s’effectue par un processus de vote sans candidat déclaré. Chaque membre du cercle propose la personne qu’il estime la plus adaptée à la fonction, puis justifie son choix. Le facilitateur du cercle propose alors un candidat qui est accepté ou non par consentement.

Socios versus dêmos[modifier]

Pour que la sociocratie fonctionne, il faut que les membres de l’organisation soient unis par un lien fort qui donne cohérence et direction. Pour cela, non seulement l’organisation dans son ensemble, mais chaque cercle définit :

  • Sa vision : l’impact positif qu’il veut avoir sur le monde extérieur à l’organisation ;
  • Sa mission : ce qu’il fait globalement pour contribuer à la concrétisation de sa vision ;
  • Ses objectifs : les mesures concrètes qu’il prend pour mettre en œuvre sa mission.

Rémunération du capital et du travail[modifier]

Partant de l’idée qu’une organisation a besoin pour exister à la fois de capital et de travail, Gerard Endenburg a aussi proposé un mode de rémunération équitable de l’un et de l’autre.

Dans une organisation traditionnelle, les apporteurs de travail ont une rémunération fixe (le salaire) et les apporteurs de capital une rémunération variable (les dividendes). Cela veut dire que les apporteurs de travail ne bénéficient pas de l’efficacité éventuelle de l’organisation et que les apporteurs de capital n’ont pas la garantie de revenu que leur apporteraient d’autres placements de leur argent.

Gerard Endenburg a donc proposé un système permettant de donner à chacun une rémunération fixe garantie et une rémunération variable proportionnelle aux résultats de l’organisation.

Ce système de rémunération ne fait pas partie des règles de base de la sociocratie et n’est donc pas appliqué par de nombreuses organisations sociocratiques. Quand il est appliqué, ses modalités sont bien évidemment définies par consentement au sein de l’organisation.

Mise en œuvre de la sociocratie[modifier]

Même si elle est élaborée en tenant compte de concepts complexes issus de la cybernétique et des théories de la communication, la sociocratie est extrêmement simple : elle a pu être utilisée par des enfants dans des écoles ou par des parlements de village en Inde. Cette simplicité permet de l’installer dans une organisation avec un minimum de formation.

Toutefois, une planification rigoureuse et un suivi méticuleux du démarrage sont nécessaires pour assurer le respect de la méthode et donc sa viabilité. De plus certaines personnes peuvent être déstabilisées émotionnellement par ce changement de structure et avoir besoin d’un accompagnement.

Globalement et sans qu’il y ait de mesure objective et quantifiée de ces phénomènes, les organisations ayant démarré la sociocratie constatent un réel gain d’efficacité notamment parce que la règle du consentement assure qu’une décision prise est mise en œuvre sans délai et sans résistance. Elles font aussi état d’une meilleure flexibilité, d’une amélioration de la créativité et d’une baisse de l’absentéisme. Les membres de l’organisation déclarent un plus grand sentiment d’appartenance, une meilleure image de soi et une amélioration des relations.

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Gerard Endenburg, Sociocracy as social design, Eburon, 1988 (ISBN 978-9051666045)
  • Gerard Endenburg, Sociocracy : The Organization of Decision Making, Eburon, 1998 (ISBN 978-9051666052)
  • John Buck and Sharon Villines, We the people, Consenting to a Deeper Democracy, Sociocracy.info (ISBN 978-0-9792827-0-6)
  • Gilles Charest, La Démocratie se meurt, vive la sociocratie, Centro Esserci, 2007 (ISBN 978-88-87178-72-2)

Références[modifier]

  1. Global Sociocratic Centers Website [archive]
  2. Socionet [archive]

Liens externes[modifier]

25 mars 2011

¤ Circuit du crime organisé / La délinquance en col blanc coûte plus cher que celle à capuche (casquette)

Classé dans : Outils/Bon à savoir — uriniglirimirnaglu @ 14 : 52

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Posté par Edouard le 05.05.10 à 13:41 | tags : revue de presse, economie | 2

Selon l’économiste Jacques Bichot, le coût de la fraude fiscale s’élèverait à 27 milliards d’euros, contre 5,6 au vandalisme et 14 aux violences aux personnes. Une étude qui remet en perspective l’importance de la « petite » délinquance ».

Opposez la délinquance en col blanc à celle commise par les « racailles » chères à Nicolas Sarkozy vaut généralement d’être accusé d’angélisme de gauche par les obsédés du sécuritaire. Ces infractions qui font la Une des journaux ne sont pourtant pas celles qui coûtent le plus cher à l’Etat, si l’on en croit le chiffrage effectué par Jacques Bichot, économiste et professeur à Lyon 3.

D’après Bichot, l’ensemble des types de délinquance représente un montant de 115 milliards d’euros, soit 5,6% du PIB, répartis comme suit : 14 milliards d’euros pour la gendarmerie et la justice, 27 milliards d’euros pour les fraudes fiscales, 5,6 milliards d’euros pour le vandalisme et 14 milliards d’euros pour les violences aux personnes.

Dans le détail, l’économiste nous apprend également que les fraudes aux aides sociales ne représentent « que » 800 millions d’euros sur les 27 milliards d’euros de fraude fiscale. Les patrons coûteraient donc plus cher à l’Etat que les musulmans supposés polygames. L’arnaque a la TVA s’élève ainsi à 5 milliards d’euros…

On attend maintenant de voir à la télé des reportages anxiogènes sur cette délinquance en col blanc qui met à mal le budget de la France…

12 janvier 2011

¤ L’anonymat sur Internet grâce à la technique du routage en oignon

Classé dans : Outils/Bon à savoir — uriniglirimirnaglu @ 9 : 29

source : http://technofil.over-blog.com/article-26654252.html 

Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 12:54  

¤ L’anonymat sur Internet grâce à la technique du routage en oignon dans Outils/Bon à savoir arton2466

Tor (The Onion Router), est un réseau décentralisé qui permet, grâce à une technique de routage en oignon, d’anonymiser les connexions sur le Net.

Divers usages à l’anonymat

Pour des raisons évidentes, des journalistes, des ONG, des blogueurs ou des groupes comme Rebellyon (au hasard, hein !) ont souvent besoin de communiquer de manière anonyme.

Dans le cadre de communications personnelles sensibles (services médicaux, sites d’aide aux victimes d’agressions), ou pour protéger leur liberté d’expression (pouvoir dénoncer les pratiques condamnables de son entreprise sans craindre pour son emploi), les particuliers peuvent aussi avoir besoin de confidentialité.

 

http://rebellyon.info/article2466.html

9 octobre 2010

¤ « Réformer », disent-ils…

Classé dans : Outils/Bon à savoir — uriniglirimirnaglu @ 2 : 13

Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 en région parisienne

EMISSION DU 14 MAI 2004

« Réformer », disent-ils…. 1/2

Avec Serge Halimi, Journaliste au Monde Diplomatique, auteur de « Le grand bond en arrière », éditions Fayard.

 

Pascale Fourier : Ces derniers temps, quand j’écoute les informations, je suis vraiment rassurée, parce que Raffarin ne laisse vraiment pas pourrir la situation… Après la réforme de la retraite, il va réformer la Sécurité Sociale : je me sens entre de bonnes mains puisque ça veut dire nécessairement progrès et nouvelles perspectives… Donc on ne peut être que tous d’accord…

Serge Halimi : Bien sûr… On ne peut être que tous d’accord, surtout quand on a intérêt aux résultats escomptés de ces réformes, et ça, on sait à peu près depuis une vingtaine d’années qui y a plutôt intérêt…

Pascale Fourier : Oui, c’est-à-dire ? …Soyons naïfs jusqu’au bout : qui ?

Serge Halimi : C’est-à-dire ceux qui en général lancent les réformes, les présentent comme inévitables, et ceux qui en profitent, qui sont essentiellement les détenteurs d’actifs financiers, en quelque sorte le capital plutôt que le travail.

Pascale Fourier : Mais normalement le mot « réforme », avant, était plutôt porté par des partis de gauche, c’était quelque chose de positif. Et là, le petit peuple, dont je fais partie, a l’impression qu’on donne ce mot-là dans un sens qui n’est sans doute pas en notre faveur…

Serge Halimi : Vous avez raison. Avant, le grand débat qui partageait la gauche, pas seulement européenne, mais aussi dans les autres pays, était le débat entre réforme et révolution ; et la question qui se posait était de savoir si on devait transformer le système capitaliste de manière brutale, le casser, casser l’appareil d’Etat, ou essayer d’intégrer dans ce système capitaliste un certain nombre de transformations qui le rendraient de moins en moins performant et ouvrirait graduellement, en quelque sorte, la place à un autre système qui ne serait pas régi par les lois du marché. Et puis à partir des années – l’histoire remonte évidemment à plus loin – mais pour celle que j’évoque dans ce livre à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, on a eu le sentiment que l’ordre établi, le conservatisme, c’était la politique keynésienne, une politique centriste, social-démocrate, qui s’est installée, qui a occupé le pouvoir, que pratiquaient des partis de droite en même temps que des partis de gauche. Et dans ce contexte-là, la perspective de transformation ou de réforme a été de plus en plus reprise à son compte par des intellectuels ultra-libéraux qui se sont présentés comme ceux qui luttaient contre l’ordre établi, contre la domination, contre l’establishment, pour transformer la société. Et leur désir de transformer la société allait évidemment de pair avec un retour à l’ordre libéral qui existait au XIXème siècle, avant que les mécanismes d’intervention keynésiens ne se mettent en place.¤

(more…)

7 octobre 2010

¤ Les dix stratégies de manipulation de masses

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Extrait du site : http://www.pressenza.com/npermalink/les-dix-strategies-de-manipulation-de-masses?ref=nf

Noam Chomsky

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.

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Image by: thelast minute

PressenzaBoston, 9/21/10PRESSENZA Boston, 21/09/10

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. (more…)

1 janvier 1994

¤ NASA’S PROJECT BLUE BEAM – by : Serge Monast – 1994

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extrait de : http://forum.davidicke.com/showthread.php?t=29038

by: Serge Monast – 1994

This is the International Free Press in Canada (address given, no longer valid – International Free Press Network, P.O. Box 177, Magog, Quebec, Canada J1X3W8). The International Free Press Network is not a religious group, neither a political organization, but and independent worldwide investigation press agency, in the field of politics, economic, medical and military. 

We specialize ourselves in investigating and publishing special reports and audio tapes to expose the under world of the United Nations’ conspiracy to implement a New World Order. 

Our task is to make the people realize that the coming of the New World Order is not a dream, neither a paranoid thought. It is a real Satanic under going project.

For what? 

To abolish all Christian traditional religions in order to replace them by a one-world religion based on the ‘cult of man’. 

To abolish all national identity and national pride in order to establish a world identity and world pride.

To abolish the family as known today in order to replace it by individuals all working for the glory of one-world government

To destroy all individual artistic and scientific creating works to implement a world government’s one mind sight?? 

And that kind of declaration of war from the United Nations is for:

the implementation of a universal and obligatory membership to the United Nations, as transcending of the United Nations by multi-military and multi-police force;

a world wide Justice Department through the United Nations with an International Criminal Court;

a world wide new Trade Agreement for all nations;

the end of cold war — of local war like it is today, and the obligation for co-existence for « peace »;

and also, a New World Religion and a New World Culture for all men. 

If we really wish to understand the Blue Beam Project — NASA’s Blue Beam Project — where is that from?. . . we have to go back to the dawning of the Age of Aquarius. Remember that song? That song said:

When the moon is in the seventh house, and Jupiter aligns with mars, and peace will guide our planet, and love will steer the stars. 

This related with the year 1982, to be at that time the opening of the conspiracy for the Age of Aquarius. Just before the implementation of the New World Order, supposed to start at that time in 1983… and I have to say that the Blue Beam Project was set up for the year 1983.  (more…)

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